2013-03-29

STABAT MATER

Debout, la Mère des douleurs,
au pied de la croix, tout en pleurs,
regardait Jésus mourir

Et sa tristesse et son malheur
plongent un glaive dans son cœur;
 sa grande âme va souffrir.

Combien triste et combien cruel
fut, pour son cœur si maternel,
le calvaire de Jésus!

Quel tourment , quel supplice affreux
de voir les coups si douloureux
que son Fils avait reçus!

Quel homme, sans verser des pleurs,
verrait  la Mère des douleurs
dans un si cruel tourment?

Quel cœur ne pourrait s'attendrir
de la voir si  bien compatir
aux douleurs de son enfant

Pour les pécheurs il s'est livré:
son corps mourant tout déchiré
devant  elle souffre encore.

 Elle voit son enfant chéri,
dans la détresse d'un grand cri,
s'abandonner à la mort.

Fais-nous sentir à notre tour
Mère au grand cœur, source d'amour,
la vertu de ta douleur.

Et fais surtout que notre cœur
enfin se donne avec ardeur
à l'amour du Rédempteur.

Ô sainte Mère, dans nos cœurs,
fixe l'empreinte des douleurs
dont souffrait le Christ en croix.

Il nous aima jusqu'à mourir.
Fais-nous la grâce de souffrir
comme il souffrit autrefois.

Fais-nous pleurer près de ton cœur
et compatir à sa douleur
Mère, jusqu'à notre mort.

Pécheurs debout près de la croix,
à tes pleurs nous mêlons nos voix,
dans l'amour et le remords.
 




Laisse-nous, Vierge de bonté,                                    
Vierge de grâce et de clarté,                                       
nous repentir près de toi.

Fais-nous porter le souvenir
de tout ce qu'il voulut souffrir
et de sa mort sur la croix.

Que notre coeur compatissant                                     
s'échauffe encore par le sang         
que nous donna son amour!                                           

Toi qui pour nous as tant souffert
viens me défendre de l'enfer,
Sainte Vierge, au dernier jour.

Ô Christ, lorsqu'il faudra mourir,                                   
par elle daigne m'accueillir                                              
dans la gloire de ton ciel.                                                  

Ô Mère, quand mon corps mourra,
par toi, mon âme s'en ira
dans le bonheur éternel. Amen



 

2013-03-19

Madame Gamelin, les Dames de Charité et les bazars ...

Voici  un  exemple de la contagion du bien et de l'émulation chrétienne. Tiré du livre:"Vie de Mère Gamelin " 1900
  
"Madame Gamelin elle-même avait renoncé, à cette époque(1841), à tout ce qui pouvait sentir la vanité ou la mondanité dans sa mise et dans sa tenue, aux ornements de tête, aux bijoux, aux parfums, toutes choses auxquelles elle attachait naguère un certain prix.
Les travaux et les occupations nouvelles que lui créait cette multiplication d'activités charitables ne l'empêchait pas de donner à ses vieilles le même temps et les mêmes soins affectueux et assidus qu'auparavant.....Elle continuait de les servir à tables, de présider à leurs exercices de piété, de leur prodiguer ses attentions délicates et tendres.
Puis elle créa une Société de neuf dames patronnesses, connu par la suite sous le nom de Dames de Charité. Madame Gamelin trouvait consolation à voir son zèle et son initiative multiplier au loin les fruits de charité que suscitait son exemple et celui de ses associées. Les paroisses de la campagne et de petites villes environnantes, ne tardèrent pas, à l'exemple de Montréal, à organiser à leur tour des associations de Dame de Charité... Les femmes les plus distinguées de ces différentes localités tinrent à honneur d'en accepter la présidence, telle la baronne de Longueuil, Mme Masson,... : touchant exemple de la contagion du bien et de l'émulation chrétienne.
Les enfants eux-mêmes étaient gagnés par cette ardeur de zèle. On se plaît à rappeler le fait d'un futur archevêque de Montréal, le jeune Édouard-Charles Fabre, alors âgé de douze ans; sa mère déployait beaucoup d'activité pour les bazars de l'asile et l'enfant lui apportait avec empressement les services et le dévouement de son âge.

Et que dire de ce joli trait de quatre fillettes de Montréal, qui organisèrent à elles seules un bazar en faveur de l'asile? .... L'aînée d'entre elles avait neuf ans. ... Elles se mirent à confectionner des vêtements de poupées, et au bout de trois semaines elles demandaient à Mme Bourret, mère de l'une d'entre elles, dont le mari était maire de Montréal, de vouloir bien mettre son salon à leur disposition, pour y tenir leur petit bazar sous son patronage. Ce fut l'affaire d'une soirée. Inutile de dire que les gentilles vendeuses eurent grand succès et que tous leurs objets furent enlevés. le lendemain, ces bons petits cœurs, présentés à leur évêque par madame la mairesse, remettaient entre ses mains une dizaine de louis, en lui adressant ces paroles d'une naïveté touchante: "Monseigneur, nous avons fait un grand bazar. Nous vous en apportons le produit, que vous donnerez, s'il vous plaît, à l'asile de la Providence, que vous faites bâtir pour les pauvres de madame Gamelin".

2013-03-12

Émilie Gamelin et sa confiance en la Providence...


En 1900, dans une "Vie de Mère Gamelin", on écrit: "On pourrait citer  cent autres traits de sa charité. La mémoire de nombre de braves gens du peuple en a conservé le souvenir, qui revient encore souvent dans leurs conversations, avec un touchant accent de gratitude et d'émotion.

Madame Gamelin poursuivait depuis quatre ans, à l'asile de la rue Saint-Philippe, sa généreuse entreprise. Sa famille de pauvres s'était accrue; le logement était devenu beaucoup trop petit, et le loyer absorbait une partie de ses minces revenus. Pleine de confiance en la divine Providence, elle priait et faisait prier ses vieilles, pour obtenir qu'une personne charitable voulût bien lui donner une maison qui répondît mieux aux besoins de son œuvre.

Sa foi et sa confiance étaient trop grandes pour n'être pas exaucées, et ce fut Dieu sans doute qui lui inspira l'heureuse pensée de s'adresser à M. Olivier Berthelet, dont la charité a immortalisé le nom dans les communautés de cette ville et notamment dans celle de la Providence, dont il a été l'un des insignes bienfaiteurs.

Madame Gamelin invita M. Berthelet à venir visiter ses vieilles. Il se rendit à sa demande, et l'une d'entre elles implora son assistance dans un naïf et touchant langage qui trouva le chemin de son cœur. Sans tarder, il fit don à madame Gamelin d'une maison plus spacieuse, située sur la rue Sainte-Catherine.
 
À considérer les choses d'un point de vue purement humain, on pourrait s'étonner que madame Gamelin ait pu songer à agrandir sa maison et accroître le nombre de ses pauvres, dans un moment où elle disposait de si minces ressources. Mais sa foi en la Providence était d'autant plus grande que les moyens humains lui manquaient davantage; elle se tenait toujours assurée que Dieu lui enverrait du secours à l'heure propice.


2013-02-22

ÉMILIE EST DE LA FÊTE AU CHILI

Fin 2012, la communauté religieuse et éducative du Colegio Sagrados Corazones de la Serena, au Chili, était heureuse d'accueillir deux nouvelles Associées Providence lors de l'Eucharistie par laquelle le Colegio fait culminer la SEMAINE DE LA FAMILLE.   Au  cours de cette semaine, notre institution éducative a participé à diverses activités qui donnaient priorité aux parents, aux élèves et aux enseignants.  Une kermesse familiale, des conférences de formation, un pèlerinage au Sanctuaire de la Vierge du Rosaire d'Andacollo ainsi que l'Eucharistie familiale, à laquelle étaient invités tous les membres de la famille Providence de Sagrados Corazones. 

Les célébrations de la SEMAINE DE LA FAMILLE soulignaient également l'anniversaire de la béatification de notre fondatrice, Mère Émilie Gamelin.  C'est dans ce contexte que nous avons fait nôtre la joie des Associés Providence en accueillant très chaleureusement l'engagement de deux nouvelles Associées.

Nous rendons grâce à Dieu pour la vie nouvelle que ces deux Associées apportent à leurs compagnes et compagnons, aux Soeurs de la Providence et aux personnes qui découvent le visage de Dieu Providence à travers leur présence.

(Gloria Garcia, s.p.)

2013-02-21

20e anniversaire de la Place Émilie-Gamelin




Clocher de l'Asile de la Providence (arrière)
+ un spectacle de cirque Caserne
Le 16 novembre dernier fut un jour mémorable pour le début de la revitalisation de la mémoire collective montréalaise concernant Émilie Tavernier-Gamelin, mais aussi en ce qui a trait à la congrégation qu’elle a fondée, les Sœurs de la Providence. En effet, cette date a marqué le début d’une semaine d’activités, au cœur même de Montréal, à la Place Émilie-Gamelin, qui fêtait fièrement ainsi son 20e anniversaire.
 
C’est par l’intermédiaire de FIN NOVEMBRE, un événement annuel d’art et de solidarité sociale tenu la dernière semaine de novembre sur la Place Émilie-Gamelin à Montréal, que l’idée de cette commémoration a vu le jour. Ils ont pu compter sur l’appui de ATSA*, et de plusieurs autres organismes qui œuvrent  auprès des plus démunis de la société montréalaise.
Exposition de photos historiques
La thématique de cette année porte sur le 20e anniversaire de la Place et souligne l’œuvre d’Émilie Tavernier-Gamelin, « ainsi que la capacité de notre action à soulager temporairement les conditions de vie des plus démunis et à sensibiliser et impliquer le grand public envers la détresse sociale », explique Annie Roy, cofondatrice de l’ATSA. Pour ce faire, la Fondation Émilie-Tavernier-Gamelin a apporté sa contribution pour reconstruire les structures architecturales  évoquant les bâtiments fondés par Émilie (clocher de l’Asile de la Providence et Maison jaune) et elle se rend responsable de coordonner les dons en vêtements d’hiver et en repas chauds aux plus démunis, dans la lignée de l’Œuvre de la Soupe d’Émilie Gamelin.
 





Sœurs Annette Noël et Annette Coutu.
En arrière, l'œuvre de la soupe des années 30.
Soeur Annette Noël, supérieure de la province Émilie-Gamelin, est intervenue lors de cet événement, accompagnée des députés Daniel Breton et Hélène Laverdière, ainsi que de Pierre Gaudreault, coordonnateur général du RAPSIM (Réseau d’Aide aux Personnes Seules et Itinérantes de Montréal). Ensemble, ils ont donné le coup d’envoi aux activités, incluant
incluant spectacles de cirque, contes,visites guidées historiques, exposition d’oeuvres et de photos à caractère historique, etc., pour redécouvrir et revaloriser la Place Émilie-Gamelin, si chère à la famille Providence. Plusieurs Soeurs de la Providence, parmi une foule nombreuse, y étaient présentes. Nous avons pu observer également la présence de plusieurs médias de la Métropole. Lors de son allocution inaugurale, Soeur Annette a rappelé que « durant plus d’un siècle, l’Asile de la Providence fut l’endroit où s’est exercée l’Œuvre de la Soupe. Cette idée germa chez les Dames de Charité à l’occasion des durs hivers de 1827-1828.
 
En 1844, cette œuvre déménagea à l’Asile de la Providence et fut l’une des principales œuvres de l’Asile. Elle fut l’une des rares organisations à fonctionner sans carte d’identification et sans vraie comptabilité, sans discrimination de race et de religion. On donna à manger à tous, à toute heure... cela signifiait d’abord la soupe grassement vitaminée, mais aussi des sandwiches, servis à la centaine, à des ventres creux anonymes. La Soupe couvrait aussi une distribution de linge ou de chaussures aux pauvres, et même des emplois pour chômeurs de bonne volonté. La Soupe signifiait surtout sympathie, réconfort, confidence pour les personnes rejetées ou bannies de la société.

Soeur Concombre (actrice )sert de la soupe à soeur Solange Bélair
  


L’Œuvre de la Soupe a cessé le 14 août 1963, car la construction du Métro Berri-UQAM nécessitait la disparition de l’Asile de la Providence.
 
Cette " terre qui était d’abord un verger avant la construction de l’Asile", a servi de stationnement pendant plus de 30 ans après que l’Asile fut démoli », nous explique l’historien Bernard Vallée, et ce n’est qu’après que l’idée de construire une place portant le nom d’Émilie Tavernier-Gamelin a surgi. (Plus de details sur: www.providenceintl.org, après le 15 janvier 2013).
 Monic Beaulieu, s.p.  Missive Providence déc.2012
           
L’ATSA (*Action Terroriste Socialement Acceptable) est un organisme à but non lucratif fondé en 1998 par les artistes Pierre Allard et Annie Roy. Sur un ton ludique et percutant, ils créent, produisent et diffusent des œuvres et événements transdisciplinaires afin d’interpeller la population envers différentes causes.
 
 
 

2013-02-18

19 FÉVRIER : ANNIVERSAIRE DE NAISSANCE D’ÉMILIE

Le 19 février 1800, un 15e enfant naît au foyer d’Antoine Tavernier et de son épouse M.-Josephte Maurice. Le lendemain, le père attelle le cheval et emprunte le chemin Saint-Laurent pour se rendre à l’église Notre-Dame, Montréal, avec son fils aîné qui sera parrain. La petite sera baptisée Marie Émilie Eugène, et sa cousine Marie-Claire Perrault sera sa marraine.

Cette enfant vivra-t-elle? L’angoisse de cette question se lit dans le regard de la mère alors qu’elle lange la petite, car 9 de ses enfants sont déjà morts et la menace des épidémies est toujours là. De plus, la disette fait qu’il est ordinaire de voir des personnes qui passent 3 ou 4 jours sans manger. Le père Tavernier louera la terre Providence pour s’assurer que, dans sa maison, il y aura toujours du pain sur la table.

Dans les quelques années qui suivront, la petite Émilie est à l’abri des problèmes. L’affection et la sécurité du foyer lui servent de rempart contre la dure réalité sociale de l’époque. À 3 ans, elle se révèle déjà une enfant précoce et déterminée. Elle manifeste une vivacité d’intelligence remarquable et une très grande sensibilité de cœur. La mère profite du passage des mendiants pour transmettre à sa fille son amour des pauvres et lui apprendre à partager. Le cœur et l’intelligence de la petite s’ouvrent à la compassion.

Prière : Providence de Dieu, toi qui as fait don à Émilie d’une charité toute compatissante pour tous ceux qui souffrent, illumine de ta clarté la route de ceux qui t’implorent par son intercession, réponds à leurs prières et glorifie au plus tôt ta fidèle servante, la Bienheureuse Émilie Gamelin. AMEN.


2013-02-14

NOS PATRIOTES

Aujourd'hui, en ce 15 février 2013, nous faisons rappel de l'exécution, à l'échafaud, de 12 des patriotes canadiens-français,  dans la cour de la prison Au Pied Du Courant, à Montréal, pour avoir lutté en faveur de leur langue française, de leur foi et de leurs droits. Aujourd'hui même, est le 175e anniversaire!

Le court texte qui suit est un extrait d'article paru sur ce blog, le
15 novembre 2012 et intitulé: ''Un témoin de la compassion d'Émilie pour les patriotes'' (Voir aux archives, à droite de l'écran.)

«Cent douze patriotes subirent leur procès devant la Cour martiale, du 28 novembre 1838 au 1er mai 1839; quatre-vingt-dix-huit furent condamnés à mort; douze furent exécutés; douze, mis hors de cause ou acquittés; trente, libérés sous caution, et cinquante-huit, exilés.»


2013-02-02

VISITES ÉTONNANTES

Nous constatons avec joie, qu'Émilie Gamelin est de plus en plus connue de par le monde:
Durant le mois de janvier,
65 personnes sont venues des États-Unis, visiter le blog d'Émilie
16, de la France
13, de Pologne
6, d'Israël
4, d'Allemagne
3, de Taïwan
2, de Ukraine
1, d'Algérie
1, d'Espagne
et 56 du Québec et des autres provinces du Canada

Les motifs de visites sont divers: une prière à Émilie Gamelin, à Notre-Dame des Sept Douleurs qu'Émilie a beaucoup contemplée, un pèlerinage virtuel 'Sur les pas d'Émilie Gamelin', l'Héritage d'Émilie, prières pour obtenir des faveurs, désir de connaître la Providence, etc..

Une personne de Belgique, désireuse d'organiser une bibliothèque de BD religieuses, demande un exemplaire de la vie d'Émilie Gamelin en Bandes Dessinées.  Nous lui ferons parvenir bientôt.
Le site de la Communauté virtuelle a été visité 627 fois au cours du mois.

Nous rendons grâce au Seigneur pour Émilie, pour toutes ces personnes qui continuent d'approfondir la vie et l'Héritage d'Émilie. 

Th.


Impressionnant cet amour du pauvre!....


 Court extrait tiré du livre :"Vie de Mère Gamelin" écrit par une Religieuse de sa communauté, en l'année 1900.

«Un fait touchant nous montre les attentions délicates que ces dames (Dames de Charité, 1930) savaient témoigner à leurs humbles protégées, et la part de joie qu'elles aimaient à leur assurer dans leurs fêtes de famille.

Mme Julien Tavernier, belle-sœur de madame Gamelin, célébrait les noces de sa fille unique. Après les réunions intimes de la famille et des amis, voulait donner un caractère de charité religieuse au souvenir  de ces jours de bonheur, elle offrit un banquet aux pauvres de l'asile en l'honneur des jeunes époux. Toute la famille y fut conviée, et les nouveaux mariés se firent un bonheur de servir de leurs mains les hôtes de la charité . Saintes agapes, qui rappelaient les pieux repas des premiers chrétiens, où l'indigent et le riche mangeaient à la même table le pain de la charité fraternelle! Pieuse pensée, qui associait la reconnaissance et la prière des membres souffrants de Jésus-Christ aux espérances et aux promesses d'un nouveau foyer chrétien! »

Qui de Mme Gamelin qui insuffla cet amour du pauvre à ces Dames de Charité, association fondée par elle, ou de sa famille qui lui a communiqué cette flamme de charité, on ne le sait. Ce qui importe,  c'est que des faits semblables se retrouvent à profusion dans toute sa vie.

2013-01-19

La PIETA, le célèbre chef d'oeuvre de Michel-Ange

Émilie Gamelin a beaucoup contemplé cette représentation de Marie suite à ses nombreux deuils : père, mère, époux et ses trois fils. Elle y a trouvé la force de continuer à vivre. 

           

 Avec l’auteur de cet article, laissons-nous émouvoir.


Dans cette magistrale sculpture de Michel-Ange, nous sommes éblouis par la tendresse de cette mère Marie qui tient dans ses bras son Jésus crucifié. Son visage penché sur ce corps inerte et affaissé démontre une dignité éblouissante et une très grande fierté.  Par l’attitude sereine de son visage, la Vierge imprègne à cette sculpture une noblesse hors du commun.

Quand on contemple une telle œuvre d’art, on ressent toute la beauté et l’énergie qui peuvent, sous les saccades d’un marteau et d’un ciseau, émaner d’un bloc de marbre.  Peu à peu le génie de l’artiste donne vie à ses personnages : un à un leurs membres surgissent de la pierre.  Grâce à la magie de l’artiste, un bloc de marbre devient l’un de nous et nous questionne sur notre beauté.  Devant de tels chefs-d’œuvre, nous ressentons des sentiments profonds d’éternité et de transcendance.  La Pieta de Michel-Ange nous transporte au-delà du Calvaire.

Quand j’ai pu admirer cette sculpture dans l’entrée de la Basilique Saint-Pierre de Rome, mon cœur s’est emballé et mes genoux ont fléchi.  Pendant quelques minutes, j’ai ressenti une plénitude indescriptible.  Les arts ont cette capacité de nous faire vivre des fascinations intenses qui déposent en nous des parcelles d’éternité.

La Pieta est ineffable ! Quand nous nous retrouvons à quelques mètres de cette sculpture, nous avons l’impression de pénétrer dans un autre monde , une autre dimension !

Richard B.
(N.D. du Cap)





2013-01-11

Vous trouverez la reproduction de cette brochure sur:

http://www.ecrits-libres.fr/lireunlivre-2-2996-Mere-Gamelin-femme-de-compassion.html

Publiée en 1984 par le Centre Émilie Gamelin, elle trace d'une façon simple, claire et nette le vécu de cette grande dame qui a évoluée dans un Montréal où les misères de différentes formes ne manquaient pas.

2012-12-09

LETTRE À ÉMILIE



Bonsoir Émilie,

Chère Émilie, on ne peut pas dire que les échanges d'avant la période des fêtes ont été très volumineux n'est ce pas? Famille, travail, obligations de toutes sortes ont minés nos conversations écrites. Mais l'amitié a le don de toujours rester présente et de frapper à la porte au moment opportun. Me revoilà donc.

Le temps des fêtes est à nos portes et je sais que certains parmi nous n'ont pas reçu toute la douceur tant demandée tant espérée. Pour eux je te dis que tu devrais cette année mettre les bouchées doubles et beaucoup de temps, d'énergie sur leur bien être. Je connais leur attente et tu peux grandement les soulager. Use un peu de ta force afin de les transporter dans un monde de santé et qu'ainsi ils puissent renaître transformés. Je suis convaincu que la source de vie que tu leur donneras sera reflétée dans un demain incomparable. Debout après un long combat on ne peut se permettre de garder secret nos miracles, et on va sur le chemin qui nous est ouvert pour aider l'autre qui en a besoin.

C'est un peu le prix à payer pour nos succès. Alors Émilie pour les étrennes de cette année il est je crois essentielle de te les renommées; santé, force de reconnaître l'autre dans son besoin, présence constante et chaleureuse, et plus encore. Le bas de Noël est très grand cette année tu sais. Quelqu'un l'a tricoté ainsi pour une bonne raison j'imagine. Mais inutile d'y mettre de gros objets, une pomme d'amour, un brocoli de santé, une poire d'espoir. On oubli les raisins de la colère, car tout cela peut faire l'affaire. Tu peux y glisser un brin de tire pour le rire et le sourire, un peu de cannelle pour l'éternel.

Et n'oublie pas de suspendre ton bas car je cherche encore le cadeau qui te conviendra. J'ai quand même une bonne idée de ce que tu aimerais.

Une prière pour toi en ces jours ou tous et chacun vont leur chemin tête baissée dans la tempête, col relevé pour se protéger, mais confiant de trouver pour l'enfant le plus beau des cadeaux!

Je suis toujours là Émilie et je garde toujours les doigts agiles sur le clavier pour t'envoyer encore et encore mon souvenir et mes pensées.
Avec amitiés et espoir
C...
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2012-12-08

Nouveau témoin de la compassion d'Émilie: J.J.Girouard, notaire


Lettre du Notaire Jean-Joseph Girouard à son épouse. Montréal, novembre 1841. Orig.: AFLG. P4-B24.
M. Jean-Joseph Girouard, ex-prisonnier des troubles de 1837, rend témoignage à la Servante de Dieu en racontant lui-même ce qu'il a vu et entendu à la Maison de la Providence. Nous donnons ici la copie du texte à partir de l'original.

«La charité, l'amour explique tout, est capable de tout».

Je vais te faire part des souvenirs qui me restent d'une visite que j'ai dernièrement faite dans la Maison de providence établie par Mmc Gamelin. II y avait longtemps que je désirais aller voir madame Gamelin. La reconnaissance m'en faisait un devoir; car je vous ai souvent entretenu de toutes les peines que cette bonne dame s'était données pour secourir les pauvres prisonniers, et cela, dans un temps où un pouvoir farouche faisait, pour ainsi dire, un crime de l'humanité & de la bienfaisance. Dans ces temps malheureux. les femmes seules se montrèrent au-dessus des circonstances et soutinrent un courage que le sombre despotisme voulait entièrement abattre.
L'excellente femme dont je viens de parler ne trouvait plus dans les donjons de l'inquisition politique de malheureux compatriotes à secourir, à consoler, mais ses entrailles de chrétienne lui ont bientôt fait découvrir d'autres objets non moins dignes de sa sollicitude. ... venez avec moi chez madame Gamelin.
J'avais vu la charité chrétienne prendre sous sa protection l'infortune dès son entrée dans le monde; j'avais vu le pauvre petit innocent enfant de la foiblesse, de l'amour, du crime ou de l'extrême misère recueilli dès sa naissance, par les mains de la Religion et sauvé d'une fin prématurée. Il me restait à voir l'humanité trouver les mêmes secours au bout de sa course. Mais ici ce ne sont plus des soins à donner à d'innocentes petites créatures, soins souvent payés par le doux sourire de l'enfance; c'est l'humanité dans sa décrépitude, dans son état le plus déplorable, dans ses formes les plus repoussantes, j'oserais dire les plus hideuses. Bon Dieu! pourquoi ne pas mourir dans l'âge de la santé et de la force? Faut-il attendre que nous soyions cruellement abandonné par les sens qui nous mettent en rapport avec tout ce qui nous entoure, et surtout avec nos semblables? Pourquoi donc attendre que nous soyons assailli par toutes les infirmités & les douleurs qu'amène la vétusté de la machine corporelle, et lorsqu'il ne nous reste plus qu'une espèce de vie végétative, et que le sentiment de la souffrance. Eh bien, c'est lorsque, pour comble d'infortune, ces maux sont joints à la misère & au dénûment, que la vertu d'une femme est venue au secours de tous ces malheurs. Sans richesses, sans pouvoirs, sans moyens apparens, elle est venue à bout de mettre son plan charitable à exécution. Encore un peu de temps, et elle aura bâti, avec l'aide de quelques dames charitables de Montréal, et sur un ter­rain qu'elle a acheté auprès de l'Évêché, un hospice spacieux et bien approprié à son objet. Le pouvoir civil a reconnu et sanctionné son existence, et l'évêque de ce diocèse vient de lui donner un mandement d'ins­titution. Ce mandement dont j'ai pris communication, respire la tendre sollicitude et la douce piété qui caractérisent ce vertueux prélat. Pour le présent, Madme Gamelin se trouve resserrée dans un bien petit local.Cependant, entrez-y & vous serez étonnée de l'ordre et de la propreté qui y régnent.
Une trentaine de vieilles femmes, qui seraient peut-être mortes de misère ou faute de soins, ont trouvé là un refuge contre la pauvreté, un asile de paix et de consolation, où elles reçoivent continuellement tous les secours qu'exigent la caducité jointe à la cécité, à la surdité, à la paralysie et à toutes les autres infirmités de la vieillesse. Ce sont presque toutes des sexagénaires ou octogénaires; on y trouve même des centenaires. Leurs âges réunis forment un total de 1841 ans.

Quel âge aviez-vous, ma bonne mère, quand les Anglais ont pris le pays? J'avais quinze ans, monsieur — Vous rappelez-vous bien tout ce qui s'est passé dans ce temps? Ô monsieur! tout comme si c'était aujourd'hui. — Et vous, en m'adressant à sa voisine, étiez-vous mariée au siège de Québec? Non, pas encore, monsieur, mais j'étais grandette, et je me souviens bien que... Bonjour, bonnes mères, (en m'adressant à toute la salle), je reviendrai vous voir, je veux converser avec vous & m'instruire de l'histoire traditionnelle de mon pays. Aimez bien votre excellente bienfaitrice, respectez-la, et payez-la des soins qu'elle vous donne par votre obéissance et votre affection. — Et toutes celles qui pouvaient m'entendre, de faire, chacune à sa manière, son cri de reconnaissance.
Celles de ces pauvres femmes qui ne sont pas entièrement impotentes s'occupent à divers ouvrages. Les unes filent, les autres échiffent des morceaux d'étoffe avec les seuls doigts qui leur restent, les autres coupent et lient des lanières pour fabriquer des catalognes; celles-ci tricottent, celles-là font des poches et autres ouvrages appropriés à leur capacité. Celles qui ne peuvent travailler, prient, et j'en vis trois en adoration dans la petite chapelle où un prêtre vient tous les jours dire la messe. Au reste, elles sont toutes mises proprement & presque entièrement avec des étoffes fabriquées dans la maison.
Mme Gamelin est seule à la tête de cette maison, sans autre aide qu'une bonne fille qui s'est vouée comme elle aux soins de la vieillesse infirme et pauvre. Elles n'ont guères d'assistance parmi leurs commensales, si ce n'est une jeune fille aveugle qui peut laver la vaisselle et ballayer.
J'avais oublié de te dire, ma chère amie, que la dame que j'accompa­gnais dans cette visite qui m'a inspiré tout ce que je viens de t'écrire, passant près du lit d'une pauvre vieille pour lui donner quelques bonbons qu'elle lui avait apportés, me donna une scène bien attendrissante. Cette vieille, octogénaire, que la dame avait recueillie et placée elle-même dans cette maison, ne l'eut pas plutôt aperçue qu'elle lui tendit les bras et la tint em(brassée] en fondant en larmes. C'étaient les larmes de la reconnaissance: je ne pus retenir les miennes.
J'avoue que je n'ai pu laisser cet asile sans un sentiment d'admiration pour le zèle de l'excellente Mme Gamelin, et pour la source où elle a pu puiser la pensée et la force d'âme nécessaires pour accomplir une si bonne œuvre. Quelle est donc cette religion qui inspire d'aussi beaux, d'aussi touchans dévoûments?... Laisser les jouissances du monde, toutes les douceurs et les aisances de la vie, pour se consacrer exclusivement au soulagement de la misère! Et quelle misère, bon Dieu! Celle de la décrépitude la plus dégoû­tante... À peine trouve-t-on chez un parent, chez un ami assez d'attachement et de courage pour surmonter toutes ces répugnances. J'abandonne tous les traités de morale: ils n'en ont jamais donné à ceux qui n'en avaient pas. Je brûle tous les livres de controverses: ils ont fait de la religion une affaire d'esprit, de raisonnement, d'érudition, de calcul, & ils n'ont opéré que je sache aucune conversion à cette religion qui parle bien plus au cœur qu'à l'esprit. Oui, c'est dans ces institutions de la plus pure charité qu'il faut l'étudier, pou la connaître, la comprendre, la chérir et l'admirer. La foi c'est l'amour. Je ne veux plus entrer dans de vaines disputes avec certains beaux esprits que je rencontre assez souvent: je les enverrai où j'ai retrouvé tout ce qu'il fallait pour renouveler chez moi de consolantes convictions, et ces sentimens qui font le bonheur de l'homme dans l'adversité, et qui ont tant allégé les souffrances de ton ami.
J.J. Girouard    (Jean-Joseph)

P.S.  «Je crois que la dame qui vous accompagnait était Madame [Louis-Hippolyte] Lafontaine», une grande bienfaitrice de l'œuvre de la Servante de Dieu et l'épouse du Procureur général .

2012-12-06

DES STATISTIQUES du blog d'Émilie

Au cours du mois de novembre 2012 :

203 personnes sont venues sur le blog venant du Québec ou de l'ensemble du Canada
27 des États-Unis
20 de l'Europe
6 de l'Afrique
8 des Iles (Madagascar, Guadeloupe, Martinique ou autres)

Elles sont venues pour prier Émilie Gamelin et la connaître davantage, ou pour prier la Providence et Notre-Dame des Douleurs, ou pour demander des faveurs.

452 pages ont été lues au cours du mois.

Au total, 15945 pages ont été lues.

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2012-11-15

Un témoin de la compassion d'Émilie pour les patriotes...


Voici un document à l'appui du fait de la compassion de la Servante de Dieu envers les prisonniers et leurs familles.


Un premier témoin est Sophie Longtin (1825-1914). Fille du prisonnier Jacques Longtin, elle deviendra plus tard Sœur Jean-Baptiste, s.p., et elle racontera comment elle a visité son père en prison, grâce à Madame Gamelin, le 8 novembre 1838. Nous donnons ci-après ce récit puisqu'il tient lieu d'original. Maintes fois cet épisode fut raconté par des contemporaines de Sœur Jean-Baptiste dont quelques-unes vivent encore aujourd'hui (1888).124 la témoin: Extr.: Vie de Mère Gamelin... (1900) op. cit., pp. 44-46.



«Le 8 novembre 1838, elle [Sophie Longtin] vint à Montréal avec sa mère pour tenter de pénétrer auprès du captif. La permission leur en fut refusée, et leur douleur fut d'autant plus grande que la loi martiale avait été proclamée la veille même, et que des rumeurs sinistres circulaient sur le sort réservé aux infortunés détenus. Dans son affliction, la pauvre femme se rendit chez madame Gamelin pour lui demander conseil et assistance.


«Celle-ci, raconte sœur Jean-Baptiste (Sophie Longtin), ne pouvant amener ma mère à la prison, à cause du refus qu'elle venait d'essuyer, eut la délicatesse de me prendre avec elle pour sa visite quotidienne. Je partis donc avec madame Gamelin, l'aidant à porter ses provisions, dont une part était destinée à mon pauvre père. J'avais le cœur bien gros, et des larmes brûlantes coulaient le long de mes joues, en songeant que j'allais voir mon père bien aimé, prisonnier dans cet affreux donjon, lui si bon et que nous aimions tant!
«Nous traversâmes la cour de la prison entre deux rangées de soldats armés. Le guichetier ouvrit une immense porte en fer et la referma sur nous. Je tremblais de tous mes membres, mais madame Gamelin me rassura avec une bonté toute maternelle.

«Bientôt nous fûmes dans la salle des détenus. En l'apercevant, les prisonniers allèrent au-devant d'elle comme au-devant d'une mère. Elle les salua en leur disant: "Je viens voir comment se portent mes enfants aujour­d'hui!" Pendant qu'elle leur distribuait les messages de leurs familles et ses provisions, parmi lesquelles il y avait du tabac et des friandises, je pus voir mon bon père. Je ne sais ce que je lui dis, mes sanglots m'étouffaient; mais cette entrevue est restée pour toujours gravée dans mon esprit.

«Durant cette longue visite, madame Gamelin fit à ses chers prisonniers une courte lecture de piété, comme elle le faisait toujours; elle récita le chapelet avec eux et, sur le point de partir, leur dit en souriant: «Si vous voulez bien, avant que je me retire, nous allons faire ensemble notre prière du soir.» Et tous ces braves gens, s'agenouillant sur les dalles, mêlèrent une dernière fois dans la prière leur voix à celle de leur ange consolateur.


«Cent douze patriotes subirent leur procès devant la Cour martiale, du 28 novembre 1838 au 1er mai 1839; quatre-vingt-dix-huit furent condamnés à mort; douze furent exécutés; douze, mis hors de cause ou acquittés; trente, libérés sous caution, et cinquante-huit, exilés.»

2012-11-11

UNE PRÉSENCE DANS LES RUES DE MONTRÉAL

Parmi les nombreux organismes à Montréal qui viennent en aide aux itinérants ou à des personnes qui risquent de le devenir, il y a "PRÉSENCE COMPASSION" auquel participe Soeur Annette Coutu, Soeur de la Providence.  Malgré ses efforts, cette métropole, comme d'autres villes dans le monde, doit composer avec le phénomène des gens de la rue:  itinérants de tous âges, ex-détenus(es) et détenus(es) en voie de libération, prostituées, personnes souffrant de problèmes de santé mentale ou de polytoxicomanie, vendeurs de stupéfiants, gens qui ont tout perdu à cause de la boisson, de la drogue, des jeux de hasard ou suite à une détérioration accrue de leurs condition sociale ou financière.

ÉMILIE ET LES SOEURS DE LA PROVIDENCE ET CHEMIN D'ESPÉRANCE

De son temps, Émilie a vu cette même souffrance.  Femme croyante et active, elle a démontré, de façon concrète, comment agir face à l'urgence des besoins humains, mais d'une manière discrète, pratique et efficace.  Sa confiance en la providence et en la Vierge des Douleurs l'ont inspirée et soutenue.  À cette époque, il n'existait pas de programmes gouvernementaux;  la compassion était l'élément clé et la seule solution pour soulager la misère...les gens aidaient les gens.  Émilie, "La Grande dame de Montréal"  allait, sans hésitation, à la rencontre des plus démunis qui vivaient un profond espoir, de ceux qui manquaient de l'essentiel pour vivre  et même pour survivre.  Émilie, et plus tard ses filles, les Soeurs de la Providence, ont su procurer un toit aux itinérants, aux enfants, aux orphelins, aux malades;  elles ont été pour ceux qui criaient à l'aide, un abri, un chemin d'espérance.  Son charisme a inspiré tant de femmes qui, à leur tour et de toutes leurs forces, ont servi les démunis, dans chacun de leurs rôles à travers le temps et jusqu'à nos jours.

(extrait d'un texte de Lorena Otero)

2012-10-25

Réflexion sur la spiritualité d'Émilie Gamelin

Lorsque Madame Gamelin devint Sœur Gamelin, les traits de sa physionomie spirituelle étaient tout formés. Sa vie antérieure, toute de charité, avait jailli d’une nature broyée tôt par la souffrance; son âme s’était nourrie de la contemplation de Marie au pied de la croix. De le Mère de Compassion, elle avait appris à communier toujours plus au mystère du Christ souffrant dans ses membres. Le cœur de Madame Gamelin uni au cœur de la Vierge compatissante s’ouvre à toutes les souffrances et à toutes les nécessités : destitués de la fortune, déficients mentaux, vieillards, orphelins, prisonniers et bien d’autres… Femme de volonté et de caractère, elle avait mis et développé au service de ses frères, les pauvres, toutes les richesses d’une nature forte, guidée par un zèle ardent allié à la confiance en la Providence et à une force d’action sûre et constante. Par sa consécration à la vie religieuse, Mère Gamelin entre dans la dernière étape de sa vie : elle n’a plus que huit ans à vivre..

Partout on admire cette femme généreuse qui sait embrigader la bonne volonté de tous en faveur de ses privilégiés et la collaboration à ses activités de bienfaisance. De plus, pour satisfaire aux exigences de son amour compatissant à l’égard de ses protégés, Madame Gamelin a vécu un détachement complet de ses biens, de sa personne et même de l’œuvre pour laquelle elle a tout sacrifié. Elle sacrifie même le bien-être de sa vie privée et sociale pour aller vivre avec ses pauvres.

Inspiré des "Notes de retraite de MÈre Émilie Gamelin" Collection Providence

2012-10-03

ÉMILIE...HIER, CELLE QUI EST CHARITABLE POUR LES ORPHELINES


"La femme au coeur attentif " qu'était Mère Émilie Gamelin ne pouvait rester insensible à la détresse des enfants soudainement privés de la présence, de l'affection et des soins de leurs parents.  Le premier orphelinat est fondé en 1844.  Des centaines d'autres sont créés par la suite, à mesure que le congrégation se développe.  Considérées commes les enfants de la communauté, les Soeurs témoignent tendresse et compassion aux orphelines.  La Fondatrice est soucieuse de leur procurer un milieu de vie plus normal que celui du pensionnat.  Elle propose d'organiser leur placement dans des foyers d'accueil.  Elle continuera de veiller à leur bien-être, se réservant la possibilité de les reprendre au pensionnat.

Suite à deux violents incendies qui ont détruit trois faubourgs de Québec, un autre groupe d'orphelines dirigé par les Dames de Charité de cette ville sont amenées à Montréal.  Les Soeurs de la Providence versent une aumône de huit livres pour les sinistrés de ces faubourgs. Le 24 juillet 1846, seize fillettes débarquent au port de Montréal avec des couvertures, couvre-pieds et paillasses, jacquettes et bonnets à coucher, draps, jupes, robes, tabliers, bas, collerettes, chemises, bottines et souliers.  On installe les jeunes filles tant bien que mal à l'Asile, en attendant la fin des travaux de la nouvelle aile. Mère Gamelin qui trouve toujours de la place pour une nouvelle venue, surtout si elle est infirme, reçoit Caroline Baulne, une orpheline de 16 ans souffrant d'épilepsie depuis sa naissance.  Elle sera guérie en 1852, après avoir prié Mère Gamelin et vivra jusqu'à l'âge de 70 ans.

Des retards dans la construction à Québec obligent la secrétaire des Dames de Charité de Québec à demander encore une fois à Mère Gamelin de bien vouloir garder les orphelines jusqu'au mois de mai 1847.
Parmi les orphelines de Québec se trouve une jeune noire souffrant de maladie mentale dont Mère Gamelin va s'occuper avec une particulière affection jusqu'à ce qu'elle soit hospitalisée.  Une autre a été profondément touchée par le dévouement de Mère Gamelin durant son séjour à Montréal, qu'elle voudra comme elle, consacrer sa vie aux pauvres en se faisant Soeur de la Providence.  Quand Mère Gamelin reçoit la lettre de remerciement des Dames de Charité de Québec, pour avoir hébergé les orphelines de cette ville pendant deux ans, l'épidémie du typhus fait ses premières victimes à Montréal et mobilisera bientôt les forces vives de la commuanuté.

ÉMILIE....AUJOURD'HUI.   -    LES ORPHELINES D'AUJOURD'HUI

                       On peut se demander s'il y a encore des orphelines aujourd'hui.
                       La réponse est évidemment "oui " et les Soeurs de la Providence
                       s'en occupent encore.

Au Chili, par exemple, les Soeurs de la Providence ont encore deux orphelinats où elles en accueillent dans un cadre institutionnel.
En Afrique, au Cameroun, les Soeurs de la Providence en côtoient régulièrement et accordent de l'aide à la famille élargie qui les recueille selon la coutume du pays.
En Amérique du Nord  (Canada et États-Unis)  l'assistance apportée à ces enfants revêt des formes plus nouvelles et diversifiées.  Ainsi de l'aide psycho-sociale est plutôt apportée à un parent ou l'autre pour qu'il continue à s'occuper de ses enfants.
L'adoption d'enfants complètement isolés se réalise aussi par l'intermédiaire des agences de service social publiques ou privées au sein desquelles oeuvrent des Soeurs de la Providence.

Mais une nouvelle catégorie d'orphelins est apparue dans nos sociétés occidentales surtout.  Il s'agit des enfants des nombreuses familles éclatées qui ont de la difficulté à garder un contact significatif ave l'un ou l'autre de ses parents après un divorce ou une séparation.  Alors, là où des Soeurs de la Providence travaillent auprès de ces familles ou de ces enfants dans des centres de crise, dans des maisons où l'on accueille des mères avec leurs enfants victimes de violence conjugale, de harcèlement, d'abus de toutes sortes, nous pouvons considérer qu'à la suite de Mère Gamelin, elles d'occupent de nos orphelins modernes.

Puissent ces considérations amener chaque lecteur et lectrice à développer de la compassion pour les enfants de familles désorganisées et éclatées que Mère Gamelin n'aurait pas laissés sans aide.

(Extraits du volume:  Émilie Tavernier-Gamelin, par Denise Robillard)

2012-10-02

Émilie... dans l'Ouest américain

Providence Plaza
 
Le 29 avril 2011, l'Université de Great Falls, Monta­na, a procédé à l'inauguration de Providence Plaza, au milieu du quadrilatère de l'Université. Cette Plaza, qui se veut un lieu de rencontre et une "déclaration de mission en évolution", rend hommage à la charité et au courage des cinq Sœurs de la Providence qui ont voyagé par mer, de Montréal à Vancouver, Washington, en 1856, et à toutes celles qui ont suivi leurs pas.

La Plaza comprend les éléments suivants :

·         Une représentation des cinq chutes d'eau symbolisant les cinq premières Sœurs de la   Providence venues dans l'Ouest (dont Mère Joseph du Sacré-Cœur).

·         Une pièce maîtresse en terrazzo encadrée de la devise, "La charité du Christ nous presse," et représentant les quatre sœurs qui, huit ans plus tard, ont quitté Vancouver, Washington pour prendre la route de l'est vers St. Ignatius, Montana.

·         Une sculpture montrant une Sœur de la Providence entourée d'enfants et intitulée "Apprendre avec amour," symbole de l'implication des Sœurs dans l'éducation. Elle est l'œuvre du regretté Joe Halko, diplômé de l'Université de Great Falls, étudiant et ami de Sœur Mary Trinitas Morin, s.p., professeure d'art.

·         La prière "Providence de Dieu, je crois en toi," qui célèbre la Providence en tant que présence aimante de Dieu, vigilante envers sa création, attentive aux besoins de tous et agissante en nous et par nous."

·         Un vitrail provenant de la chapelle de l'ancien Providence Hospital d'Oakland, Californie, cadeau de la province Mother Joseph, et représentant Saint Vincent de Paul, un important patron de la Congrégation.
Mary Kaye Nealen, s.p.  (Missive Providence décembre 2011)
N.B. Fidèle à son héritage, l'Université de Great Falls a nommé ses résidences étudiantes Vancouver, Montréal, Santiago et St. Ignatius. Avec ses 1074 étudiants, enseignants et personnel auxiliaire, l'Université construit une culture Providence axée sur la justice sociale et le service.

2012-09-25

MESSAGE LUMIÈRE

C'est la fête de la Bienheureuse Émilie Gamelin, une Canadienne qui fonda la communauté des Sœurs de la Providence.


En passant près de son monument, regardez-la avec son panier, prête à tout donner ce qui lui fut donné de la part de notre Dieu-Père-Providence.

L'Évangile, en ce jour de sa fête, est celui du jugement dernier :

« J'avais faim, et tu M'as donné à manger... j'étais en prison et tu es venu Me visiter... »

 Famille Myriam

2012-09-23

EN CE JOUR DE FÊTE

Pour souligner la fête d'Émilie Gamelin, voici un texte reçu d'un ami. Belle réflexion! Un hommage à cette grande dame qu'était Émilie et qui l'est encore de nos jours car son message et son héritage sont toujours d'actualité....!

Année B : lundi 25e semaine ordinaire (litbo25l.12)
Mt 25, 31-40; Mère Gamelin : une sortie de table remarquée

L'incarnation, c'est Dieu qui se courbe très bas pour nous étreindre de son amour. Cet abaissement décrit l'humilité de Dieu. Notre foi clame qu'un Dieu s'est identifié aux affamés, aux assoiffés, aux étrangers, aux prisonniers, aux mal-aimés. Qu'il se laisse voir en eux. Le Dieu Jésus se réjouissait d'être avec les gens simples et ceux qui sont rejetés par leur entourage et la société. Il montrait ainsi sa nature profonde, sa divinité dans un visage de miséricorde, de douceur, de tendresse, de bonté débordante.

Ce qu'a compris Mère Gamelin dans sa contemplation de Jésus, c'est que le Dieu de sa foi lui demandait non pas tant de parler de Lui mais de sortir à la manière d'Abraham, de tout quitter afin que les autres puissent Le trouver en sentant combien il vivait en elle et qu'elle vivait en lui. Sa foi «sorteuse» s'exprimait dans l'imitation de la manière de vivre de Jésus qui n'avait aucun lieu où reposer sa tête. Certains sont baptisés mais ne sont pas chrétiens. D'autres sont baptisés mais demeure en eux le vieil homme étranger à une manière de vivre en relation avec les autres. En Mère Gamelin, l'action se mariait avec la jouissance de Dieu, chacune ne gênant pas l'autre (Tauler).

Le style, c'est l'homme lui-même, écrivait Buffon le jour de son intronisation à l'académie française au XVIIe. La manière de vivre de Mère Gamelin disait ce qu'elle était. Son style de vie était une joyeuse nouvelle rendant visible ce qui débordait de son être même. Elle a donné aux démunis sans pasteur de véritables raisons pour continuer à espérer. Son style de vie a fait que les démunis, les indignés, ont rencontré ce Dieu qu'ils cherchaient et qui les cherchaient. Elle a ennobli leur vie. Elle était un «petit verbe», un paradis recherché, une «église» nourrissante. Elle a été multiplicatrice de pains et aujourd'hui nous récoltons des paniers de ce qui en reste (Mc 8, 1-11). Ce qu'elle a été ne passera jamais.

Si nous ne nous laissons pas surprendre par sa manière de vivre, nous n'écouterons que d'une oreille distraite son combat pour les droits humains qui visait les détresses les plus élémentaires et les plus profondes : la faim, la marginalisation, la vulnérabilité de qui est sans vêtements, les itinérants, les déficients intellectuels. Les pauvres ne lui ont pas pris sa vie, elle leur a donné. Aujourd'hui, et je paraphrase la première lecture, si la connaissance même partielle de Dieu nous intéresse, cela nous oblige à prendre son chemin - sors de ton pays - et oser nous faire proche de tous ces «indignés» qui sont les «représentants» désignés et privilégiés de Jésus pour se faire reconnaître. Pour elle la chair des hommes [était] la chair de Dieu (Jean Sulivan, Les hommes du souterrain, Ddb, p. 217).

Allons plus loin. Ce chapitre 25 de Matthieu indique que la rue, peut-être plus que nos églises, est le lieu de la rencontre de Jésus. Voulons-nous être avec le Christ ? Il y a la prière certes, mais avant tout, il y a l'implication sociale que le père Joseph Moingt appelle l'humanisme évangélique. Le père Guy Paiement, très engagé socialement, répétait souvent que le chrétien a l'obligation de sortir de table. Mère Gamelin a fait goûter et voir comme est bon le Seigneur (Ps 22) en adoptant le comportement de l'homme nouveau (Ep 4,24). En sortant de table.

Pour Mère Gamelin, s'il était nécessaire de mettre tout en commun (Ac 2, 44), il était plus urgent de se dépenser elle-même tout entière, dirait Paul (2 Co 12, 15) parce que ce qui demeure, c'est la charité (1 Co 13, 13) en acte. Elle nous enseigne qu'il n'est pas question d'attendre la mort ou même la fin du monde pour rencontrer Dieu. Elle nous fait goûter que la vie éternelle est déjà commencée en nous. J'étais malade, j'avais faim, j'étais un indigné. Elle fut une «briseuse» de solitude et désirait empêcher que le monde se défasse, pour citer Guy Aurenche, qui a lutté plus de quarante ans pour une terre solidaire.

Elle fut dans notre histoire une petite miette de pain qui a nourri avec presque rien, une petite graine de sénevé devenue ce grand arbre indéracinable malgré les tempêtes de notre histoire récente, que sont les «saintetés» de la Providence. Le Royaume de Dieu ne se manifestera jamais par des éclats de puissance. Il se trouve là où des gestes de justice, de paix et de joie dans l'Esprit saint (Rm 14, 17) sont quotidiennement enfouies dans les cœurs.

Il y a pour nous aujourd'hui, un devoir de mémoire (Jean-Paul II) à nous remémorer tout ce que cette femme d'ici a fait en sortant dehors et que les événements du parc portant non nom nous rappelle. Sors de ton pays et va vers le pays que je t'ai montré. À l'heure où s'ouvre un synode sur l'évangélisation, il s'agit moins de parler haut et fort de Jésus mais de sortir dehors pour semer à tout vent un grand projet, celui d'un humanisme évangélique. AMEN.

Gérald Chaput, un ami d'Émilie



2012-09-12

MÈRE GAMELIN CHEZ LES ARABES


En 1961, un prêtre catholique de rite melkite demande aux Soeurs de la Providence une aide technique pour l'éducation des sourds-muets à Alep, ville située au nord de la Syrie. Après un long temps d'échanges et d'informations de part et d'autre, en 1963 le projet est enfin accepté. Deux Soeurs: Louis-Gérard et Stanislas-Joseph quittent Montréal le 9 décembre vers Beyrouth.  Ces Soeurs se familiarisent avec les habitudes du pays et l'étude de la langue, difficile à apprendre.

Elles se rendent à Alep où elles sont accueillies par le vicaire général et différentes communautés religieuses féminines.  Après une longue préparation, elles commencent l'enseignement à l'archevêché pendant que le Père Giamal est à la recherche d'une école.  Le prêtre catholique avait déjà fait traduire en arabe la prière à Mère Gamelin et agrandir son image.  Quelle joie pour les deux enseignantes!

À cause de difficultés allarmantes de guerre entre Israël et la Syrie, les Soeurs doivent quitter avec tristesse en 1965.  Heureusement Mère Gamelin a permis que leur méthode d'enseignement continue après leur départ.  LA PROVIDENCE ÉTAIT LÀ.
(tiré du volume:  Les aventurières de l'ombre)


2012-08-06

PATIENCE, LA SOUPE S'EN VIENT...

Souvenir d’un heureux jour: 7 octobre 2001

Nous étions à quelques heures de la Béatification d’une grande dame de chez nous : Émilie Gamelin; ce midi-là, j’empruntai la sortie du métro Berri-Ste-Catherine et je trouvai ma ville endimanchée par la joie du jour. J'eus le bonheur de contempler une initiative d'une rare élégance.

Chacun sait qu'à cet endroit, dans ce cubicule de verre, inondé de lumière, trône une femme admirable, toute en bontés diverses et en vertus consommées, celle que l'on appelle tout bonnement Mère Gamelin, de son nom original : Emilie Tavernier, veuve Gamelin, fondatrice de la congrégation des Sœurs de la Providence.

Elle fut, chacun le sait aussi, «La providence des pauvres», qu'elle sut servir avec tant de générosité et d'amour. Car cette Montréalaise portait en elle la bonté comme un talisman. Donc en sortant de la station de métro, j'aperçus la «bienheureuse» béatifiée à Rome quelques heures plus tôt. Quelqu'un avait déposé une rose jaune dans sa main droite. C'était d'une rare poésie! Comme si le bronze, signé Raoul Hunter, était devenu vivant. Il suffisait d'un peu d'imaginaire pour deviner qu'il y avait du pain chaud, dans son panier. En femme devancière et avisée, elle s'était présentée là et elle prenait plaisir à consoler les pauvres et les quêteux du quartier en leur disant : «Patience, la soupe s'en vient...»

Par la magie du moment, j'ai senti une odeur savoureuse dans l'air ambiant. Il y avait là, près d'elle, un groupe de jeunes gens, subjugués, eux aussi, par la rose qu'une main diligente avait déposée, et qui, comme dans la chanson, reprenait silencieusement le refrain : «L'important, c'est la rose, je crois.»

Je m'empressai de serrer la main ouverte de Mère Gamelin et de lui dire tout haut «Chère Mère, les épreuves de toutes sortes firent votre grandeur. Continuez donc de nous enseigner la formule indéclassable de conjuguer le verbe «aimer» au présent de nos jours et de nos petites misères. Et ne cessez jamais d'être ce que vous serez toujours, dans la mémoire des montréalais reconnaissants».
Gilbert Lévesque
(Échos d’Émilie, Archives)