Émilie Gamelin est une Montréalaise qui a vécu dans les années 1800 et suivantes. Elle se maria et eut trois enfants. Devenue veuve et ayant perdu tous ses enfants, elle voua sa vie aux pauvres et fonda une communauté, les Soeurs de la Providence, pour l'aider dans sa tâche. Elle nous a laissé des valeurs toujours actuelles que nous connaîtrons dans les pages suivantes.
Aucun message portant le libellé compassion d'Émilie Gamelin. Afficher tous les messages
Aucun message portant le libellé compassion d'Émilie Gamelin. Afficher tous les messages
2017-11-03
2016-06-14
Mère Émilie Gamelin (La Metropole.com, juillet 12)
Mère Gamelin laissera un précieux héritage et, à
l’image de sa fondatrice, la congrégation demeura très active. Plus de cent ans
après sa fondation, elle sera présente non seulement à Montréal et au Québec,
mais aussi aux États-Unis et en Amérique latine. Les bonnes sœurs s’emploieront
à aider les pauvres et les malades, mais aussi les infirmes, les vieillards et
les malades mentaux. Par exemple, nous leur devons l’érection de l’hôpital
Saint-Jean-de-Dieu, aujourd’hui Louis-Hyppolite-La Fontaine et de l’école des
sourdes-muettes sur la rue Saint-Denis. Depuis quelques années, les Sœurs de la
Providence occupent une nouvelle maison-mère dans le nord de Montréal. Dans ce
splendide édifice, on peut se recueillir sur la tombe de Mère Gamelin et
visiter un musée dédié à sa mémoire.
Le parc Émilie-Gamelin fut ainsi nommé en l’honneur de
cette grande dame et aussi en l’honneur de l’Asile de la Providence qui fut
construit à cet endroit en 1843. Mère Gamelin, aidée des autres sœurs, y
accueillit les malades, les vieux et les infirmes, de même que la fameuse
« œuvre de la soupe ». Comme quoi, la présence d’itinérants à cet
endroit n’est pas un phénomène récent! Modernité oblige, l’asile fut démoli
pour la construction de la station de métro Berri-de-Montigny, aujourd’hui
Berri-UQAM. Par la suite, ce terrain devint un monstrueux stationnement. Il
fallut attendre le 350e anniversaire de Montréal pour que la ville propose
l’érection d’un espace public et on le dédia à la mémoire de cette femme
exceptionnelle que fut Mère Gamelin. Elle illustre parfaitement cette force
tranquille et cette modestie si caractéristique des Canadiens français.
Quand vous entrerez dans l’édicule élancé et vitré de
la station de métro Berri-UQAM, ou quand vous ressortirez des entrailles de la
ville, vous verrez une belle statue de bronze. Elle sera penchée vers vous et
vous tendra une main généreuse. Après avoir vu sa cornette, sa longue robe
noire et son crucifix, après avoir constaté qu’elle transporte un panier de
victuailles destiné à une famille dans le besoin, vous la reconnaîtrez :
vous serez en face de Mère Gamelin. Prenez cette main qu’elle vous tend. Elle
vous aidera et vous encouragera, comme elle l’a si souvent fait tout au long de
sa vie. En notre époque affligeante, Mère Gamelin pourra être une source
inépuisable d’inspiration. Jamais les infortunes et les tourments de la vie
n’ont pu endiguer ni sa force ni sa foi. Non seulement, son œuvre est digne des
grands bâtisseurs, mais Mère Gamelin a su démontrer que le dévouement face aux
malheurs d’autrui, le courage devant nos propres malheurs et l’humilité devant
le créateur ne sont pas des vertus d’un obscur ancien temps. Elles traversent
tous les âges et toutes les époques, jusqu’à aujourd’hui.
2016-03-25
Émilie Gamelin et Notre-Dame des Douleurs
En ce Vendredi-Saint où la Vierge des Douleurs a suivi son fils portant sa croix, où elle a assisté debout au pied de la croix, à son crucifiement et où elle le reçu dans ses bras à sa descente de la croix, nous comprenons mieux ses douleurs atroces de mère. Une femme après elle et à son exemple , Émilie Tavernier Gamelin, s'est tenue debout au moment du décès de son époux et de ses trois enfants. Lisons un extrait d'un opuscule parut 25 ans après son décès où elle parle de sa dévotion à Notre-Dame des Douleurs:
"Elle"(Émilie Gamelin) trouve un charme particulier à parler de cette dévotion et elle aime à rappeler que son directeur spirituel (M. Saint-Pierre) lui a donné Notre-Dame des Sept-Douleurs comme seule consolation dans ses épreuves. Elle dit qu'elle a toujours regardé la Mère de la Compassion comme sa patronne et sa protectrice. Aussi, malgré les obstacles de tous genres, elle parvint, pour la première fois, à faire imprimer, dans notre ville, l'effigie du scapulaire de Notre-Dame des Sept-Douleurs. Sa dévotion à la Compassion de Marie est si bien connue, que le chanoine Hyacinthe Hudon, vicaire général, voyant en France un groupe représentant Notre-Dame des Sept-Douleurs, se rappelle aussitôt la dévotion de notre vénérée Mère. Il fait l'acquisition de cette pieuse représentation, l'expédie en Canada, afin qu'elle soit déposée dans l'Eglise de la Providence. Comment après ces exemples de cette pieuse Fondatrice ne pas aimer Notre-Dame des Sept-Douleurs, comment ne pas se confier en sa bonté maternelle?... Elle a trop protégé la mère pour ne pas protéger (ceux et celles) qui veulent marcher sur ses traces."
2015-07-30
Comme Émilie: compassion pour tous
·
Faire preuve de compassion : accompagner une personne dans
l'écoute, le non-jugement, l'acception de ce que la personne vit. Lui donner
espoir, lui aider à ce qu'elle trouve la sérénité. Prier pour elle et, si elle
le désire, prier avec elle.
· «Ne pas tomber dans la pitié : on limite
alors la personne:« Elle fait donc pitié, elle ne
s'en sortira jamais... »Comme
si la personne n'avait pas intérieurement ce qu'il faut pour s'en sortir ou
pour passer à travers l'épreuve qu'elle vit.
·
Croire à l'amour inconditionnel du Père
Providence envers chacun de ses enfants : dans
leurs limites de toutes sortes, dans
leurs faiblesses,
particulièrement lorsqu'il y a une dépendance à l'alcool, au jeu, etc.
·
Se rappeler également l'amour qu'Émilie et son
mari ont eu pour Dodais: les personnes avec
de lourds handicaps, un handicap mental, de graves dépressions,
la démence, les pertes cognitives... aux yeux de Dieu, il n'y a aucune
différence et s'il y en a une, c'est qu'il aime peut-être un peu plus ces
personnes tout comme il aime également les brebis perdues.
·
Une personne qui
a compris que l'amour du plus petit passe par notre présence est certainement Jean Vanier.
2015-06-27
UNE PLACE PUBLIQUE nommée Place Émilie Gamelin
Un terrain situé à l'intersection des rues Berri et Ste-Catherine, à Montréal, aura changé de fonction à trois reprises : d'abord un édifice, appelé Asile de la Providence, fut construit en 1841 pour venir en aide aux malades, aux vieillards et aux sans-abri. C'est en ce lieu que fut fondée l'Oeuvre de la soupe, une œuvre charitable qui distribua, pendant près de 120 ans, pas moins de 500 bols de soupe par jour aux nécessiteux.
En 1963, la Ville de Montréal achète ce terrain afin de permettre la construction du métro. Au cours de la démolition un incendie ravage ce qui reste de l'Asile.Par la suite, l'endroit est occupé par un terrain de stationnement durant près de 30 ans, puis on choisit d'en faire une place publique, aménagée en 1992, puis appelée définitivement Place Émilie-Gamelin, en 1995, en l'honneur d'Émilie Gamelin qui a arpenté les rues du quartier, rencontré des démunis, visité des prisonniers, soigné des malades et y a laissé sa vie, à l'âge de 51 ans.
Le site est aujourd'hui occupé occasionnellement par des festivités et, de façon plus régulière, par des sans-abri, les amis d'Émilie.
Cet été 2015, on y a aménagé LES JARDINS GAMELIN, avec tables et parasols, resto-bar-café, culture de fleurs, légumes et petits fruits vendus au kiosque. Du 2 au 12 juillet, des activités de cirque seront présentées selon le programme :
‘‘Montréal complètement cirque’’
Rejoignons les artistes, les professionnels et le public pour prolonger le plaisir. Émilie Gamelin s’en réjouira sûrement.
En 1963, la Ville de Montréal achète ce terrain afin de permettre la construction du métro. Au cours de la démolition un incendie ravage ce qui reste de l'Asile.Par la suite, l'endroit est occupé par un terrain de stationnement durant près de 30 ans, puis on choisit d'en faire une place publique, aménagée en 1992, puis appelée définitivement Place Émilie-Gamelin, en 1995, en l'honneur d'Émilie Gamelin qui a arpenté les rues du quartier, rencontré des démunis, visité des prisonniers, soigné des malades et y a laissé sa vie, à l'âge de 51 ans.
Le site est aujourd'hui occupé occasionnellement par des festivités et, de façon plus régulière, par des sans-abri, les amis d'Émilie.
Cet été 2015, on y a aménagé LES JARDINS GAMELIN, avec tables et parasols, resto-bar-café, culture de fleurs, légumes et petits fruits vendus au kiosque. Du 2 au 12 juillet, des activités de cirque seront présentées selon le programme :
‘‘Montréal complètement cirque’’
Rejoignons les artistes, les professionnels et le public pour prolonger le plaisir. Émilie Gamelin s’en réjouira sûrement.
2014-09-30
Et la Providence veillait!
Extrait de « Vie de Mère
Gamelin » (chap. 1V, p.33)
Son refuge, (Asile de la Providence) où aller
tendre la main, le cœur gros d’inquiétude, voyant ses pauvres sur le point
de manquer de nourriture, elle s’était demandé si elle n’avait pas trop présumé
de ses forces et tenté la divine Providence, en s’aventurant dans une œuvre
dont le lendemain demeurait incertain. Mais Dieu, qui nourrit les
oiseaux du ciel et pare le lys des champs, ne l’avait jamais laissée sans
secours.
qui compta bientôt
trente internes, constituait déjà, pour ses ressources, une œuvre considérable.
Elle (Mme Gamelin) avait à pourvoir à toutes les dépenses du loyer, du
chauffage, de la nourriture et du vêtement. Que de fois, ne sachant
Un jour d’ hiver, entre
autres, où elle venait d’acheter quelques cordons de bois, il ne lui restait
pas un sou pour se procurer le dîner de sa maisonnée, qui avait mangé le matin
même son dernier morceau de pain. En proie à la plus vive inquiétude, elle
entra dans l’église Notre-Dame et, se prosternant au pied du tabernacle, elle
versa des larmes abondantes : « Seigneur, disait-elle, ne savez-vous
pas que vos pauvres n’ont plus rien à manger? » puis elle se releva pleine
de courage, sûre que le Dieu de l’Eucharistie avait entendu sa plainte.
Essuyant ses larmes, elle allait se rendre au marché pour y tendre la main, quand
un vieillard vénérable s’approcha d’elle et lui dit : « N’êtes-vous
pas cette dame Gamelin qui s’occupe des pauvres? Et sur sa réponse affirmative, il lui remit un
billet de vingt-cinq louis. Elle n’eut pas le temps de le remercier, il s’était
déjà éloigné.
2014-07-24
Mère Gamelin et le Service Social
En venant vous
entretenir de « Mère Gamelin et le Service Social », je n'ai pas l'intention de
présenter
une conférence savante, fortement charpentée, à base de documents et
étayée de nombreuses références,
ce que, d'ailleurs,
je n'aurais pu faire. Je veux, tout simplement, souligner un aspect de
l'activité charitable de
notre vénérée Mère Fondatrice et lui offrir, en même
temps, un filial hommage d'admiration et de gratitude.
Ce ne sera une surprise
pour personne, nous semble-t-il, que d'entendre une Sœur de la Providence
parler de
la fondatrice de son Institut et
du sceau qu'elle a imprimé à la charité dans le Montréal de la dernière moitié
du XIXe
siècle.
Ce XIXe siècle venait à peine
de naître que Marie-Émilie-Eugène Tavernier ouvrait les yeux à la lumière. Il
est une
ironie des noms comme il en est une des choses : la famille dans
laquelle l'enfant vient prendre place porte le nom de
« Tavernier dit Sanspitié
». Son grand-père, Julien Tavernier, venu de Picardie à Montréal, était sergent
dans la
Compagnie du chevalier de Lacorne. Il tombait glorieusement au champ
d'honneur en juillet 1756, dans les environs
du lac Champlain, laissant une
veuve et quatre enfants dont le plus jeune, Antoine, fut le père de notre Fondatrice.
Dès ses plus jeunes
années, la petite semble vouloir faire mentir le nom de « Sanspitié » accolé à
celui de « Tavernier ».
La précocité de sa compassion envers les pauvres fait
l'étonnement de son entourage. Sa maman, heureuse de constater les belles
dispositions de sa fillette, se plaît à faire passer par ses mains enfantines,
l'aumône destinée au mendiant
qui la sollicite pour l'amour du bon Dieu. Or, un
matin, Émilie voit venir dans le chemin montant qui conduit à la maison paternelle, un vieillard qui
s'avance péniblement, appuyé sur son bâton. Elle se hâte à sa rencontre avec
son petit panier plein de provisions qu'elle jette dans la grande besace que le
mendiant ouvre devant elle. En voyant sa
légère offrande s'abîmer dans le fond du sac, elle se met à pleurer et revient
vers sa maman : « Maman, maman, le sac n'est pas plein ! » Celle-ci essaie de
lui faire comprendre, pour la consoler, que le pauvre commence sa tournée
quotidienne et que, à son retour, le soir, il aura suffisamment ramassé pour
subvenir aux besoins de sa famille. Mais, pour son cœur compatissant, la besace
du pauvre lui paraît déjà, et lui paraîtra toujours, trop grande, jusqu'à ce
qu'elle lui ait donné ses biens, sa santé, sa vie, tous les trésors de son
esprit et de son cœur.
2014-07-15
La compassion à la manière d'Émilie Gamelin
Faire preuve de compassion : accompagner une personne dans l'écoute, le non-jugement, l'acception de ce que la personne vit. Lui donner espoir, lui aider à ce qu'elle trouve de sérénité. Prier pour elle et, si elle le désire, prier avec elle.
«Ne pas tomber dans la pitié :
on limite alors la personne:
« Elle fait donc pitié, elle ne s'en sortira jamais... »
Comme si la personne n'avait pas intérieurement ce qu'il faut pour s'en sortir ou pour passer à travers l'épreuve qu'elle vit.
Croire à l'amour inconditionnel du Père envers chacun de ses enfants :
dans leurs limites de toutes sortes, dans leurs faiblesses, particulièrement lorsqu'il y a une dépendance à l'alcool, au jeu, etc.
Se rappeler également l'amour qu'Émilie et son mari ont eu pour Dodais:
les personnes avec de lourds handicaps, un handicap mental, de graves dépressions, la démence, les pertes cognitives..aux yeux de Dieu, il n'y aucune différence et s'il y en a une, c'est qu'il aime peut-être un peu plus ces personnes tout comme il aime également les brebis perdues.
Une personne qui a compris que l'amour du plus petit:passe par notre présence est certainement plus compatissante Jean Vanier
2013-12-31
FRUITS DE VIGNE: Émilie Gamelin et sa Mission Prophétique
Bien avant nous, une femme Mme Émilie Gamelin) a jeté un long regard sur les souffrances de ses compatriotes et, telle une vigne qui étend ses sarments, elle a multiplié sa présence, son appui, son action, pour leur permettre de croître et de devenir pleinement, par leur vie, une hymne au Dieu qui fit l'univers,
"Elle a considéré un champ et l'a acheté; du fruit de ses mains elle a planté une vigne" (Prov., 31, 16).
Une population indigente gémit en certains quartiers; des hommes, des femmes, des enfants même n'ont d'autres chances de survie que ce qu'on veut bien leur donner.
Cette femme s'est engagée d'un pas alerte sur la route des sans-pain, des sans-logis, des sans-voix. Émilie Tavernier-Gamelin a entendu leur appel, elle a voulu vivre pour eux et avec eux le reste de ses jours. Elle est née tout près d'eux, et elle les a vus bien des fois frapper à la porte de sa demeure. Elle a grandi en apprenant à accueillir ceux et celles qui ont faim, qui connaissent la solitude et le manque d'amour. Épouse et mère, elle a connu des heures de joie, mais aussi des heures bien sombres puisque son époux et ses trois enfants sont morts en moins de cinq ans. Marie, Mère de compassion, s'est alors révélée à elle et, en femme courageuse, elle s'est engagée à sa suite, et comme laïque et comme religieuse, sur les voies d'une compassion agissante.
2013-10-18
LA PROVIDENCE VEILLE....
A l'instar des dames de la cour de Louis X111 , qui se dépouillèrent spontanément de leurs joyaux pour secourir les enfants abandonnés dont St-Vincent-de-Paul venait de leur révéler éloquemment la détresse, madame Gamelin elle-même avait renoncé à tout ce qui pouvait sentir la vanité ou la mondanité.
Les travaux et les occupations nouvelles que lui créait cette multiplication d'activité charitable ne l'empêchaient pas de donner à ses vieilles le même temps et les mêmes soins affectueux et assidus qu'auparavant. Ses chères vieilles allaient être confiées aux Sœurs de Charité que l'évêque Mgr Bourget feraient venir de France. Elle se consolait en se disant que ses sœurs seraient pour elles de vraies mères comme elle voulait l'être elle-même. En attendant, elle continuait de les servir à table, de présider à leurs exercices de piété, de leur prodiguer ses attentions délicates et tendres.
Son âme généreuse trouvait une autre consolation à voir son zèle et son initiative multiplier au loin les fruits de charité que suscitait son exemple et celui de ses associées. Les paroisses de la campagne et des petites villes environnantes ne tardèrent pas, à l'exemple de Montréal, à organiser à leur tour des associations de dames de charité. Touchant exemple de la contagion du bien et de l'émulation chrétienne!
Un contretemps providentiel survint qui sembla devoir un instant renverser toute espérance et compromettre à jamais les fruits de tant d'efforts et de travail: les filles de Saint-Vincent de Paul ne pouvaient venir prendre la relève telle que le clergé le désirait. Ceci permit à Émilie Gamelin de conserver l'Asile de la Providence qui ainsi, fut l'origine de la Communauté des Sœurs de la Charité de la Providence. Elles seront appelées à subvenir à de nouvelles nécessités, à soulager d'autres souffrances et à compléter ainsi l'organisation de la vie religieuse dans notre cité, à la suite de Jeanne Mance, Marguerite Bourgeois et Marguerite d'Youville.
Source ?
Les travaux et les occupations nouvelles que lui créait cette multiplication d'activité charitable ne l'empêchaient pas de donner à ses vieilles le même temps et les mêmes soins affectueux et assidus qu'auparavant. Ses chères vieilles allaient être confiées aux Sœurs de Charité que l'évêque Mgr Bourget feraient venir de France. Elle se consolait en se disant que ses sœurs seraient pour elles de vraies mères comme elle voulait l'être elle-même. En attendant, elle continuait de les servir à table, de présider à leurs exercices de piété, de leur prodiguer ses attentions délicates et tendres.
Son âme généreuse trouvait une autre consolation à voir son zèle et son initiative multiplier au loin les fruits de charité que suscitait son exemple et celui de ses associées. Les paroisses de la campagne et des petites villes environnantes ne tardèrent pas, à l'exemple de Montréal, à organiser à leur tour des associations de dames de charité. Touchant exemple de la contagion du bien et de l'émulation chrétienne!
Un contretemps providentiel survint qui sembla devoir un instant renverser toute espérance et compromettre à jamais les fruits de tant d'efforts et de travail: les filles de Saint-Vincent de Paul ne pouvaient venir prendre la relève telle que le clergé le désirait. Ceci permit à Émilie Gamelin de conserver l'Asile de la Providence qui ainsi, fut l'origine de la Communauté des Sœurs de la Charité de la Providence. Elles seront appelées à subvenir à de nouvelles nécessités, à soulager d'autres souffrances et à compléter ainsi l'organisation de la vie religieuse dans notre cité, à la suite de Jeanne Mance, Marguerite Bourgeois et Marguerite d'Youville.
Source ?
2013-02-02
Impressionnant cet amour du pauvre!....
«Un fait touchant nous montre les
attentions délicates que ces dames (Dames de Charité, 1930) savaient témoigner
à leurs humbles protégées, et la part de joie qu'elles aimaient à leur assurer
dans leurs fêtes de famille.
Mme Julien Tavernier, belle-sœur
de madame Gamelin, célébrait les noces de sa fille unique. Après les réunions
intimes de la famille et des amis, voulait donner un caractère de charité
religieuse au souvenir de ces jours de
bonheur, elle offrit un banquet aux pauvres de l'asile en l'honneur des jeunes
époux. Toute la famille y fut conviée, et les nouveaux mariés se firent un
bonheur de servir de leurs mains les hôtes de la charité . Saintes agapes, qui rappelaient
les pieux repas des premiers chrétiens, où l'indigent et le riche mangeaient à
la même table le pain de la charité fraternelle! Pieuse pensée, qui associait
la reconnaissance et la prière des membres souffrants de Jésus-Christ aux espérances
et aux promesses d'un nouveau foyer chrétien! »
Qui de Mme Gamelin qui insuffla
cet amour du pauvre à ces Dames de Charité, association fondée par elle, ou de
sa famille qui lui a communiqué cette flamme de charité, on ne le sait. Ce qui
importe, c'est que des faits semblables
se retrouvent à profusion dans toute sa vie.
2012-12-08
Nouveau témoin de la compassion d'Émilie: J.J.Girouard, notaire
Lettre du Notaire
Jean-Joseph Girouard à son épouse. Montréal, novembre 1841.
Orig.: AFLG. P4-B24.
M.
Jean-Joseph Girouard, ex-prisonnier des troubles de 1837, rend témoignage à la
Servante de Dieu en racontant lui-même ce qu'il a vu et entendu à la Maison de
la Providence. Nous donnons ici la copie du texte à partir de l'original.«La charité, l'amour explique tout, est capable de tout».
Je vais te faire
part des souvenirs qui me restent d'une visite que j'ai dernièrement faite dans
la Maison de providence établie par Mmc Gamelin. II y avait longtemps
que je désirais aller voir madame Gamelin. La reconnaissance m'en faisait un
devoir; car je vous ai souvent entretenu de toutes les peines que cette bonne
dame s'était données pour secourir les pauvres prisonniers, et cela, dans un
temps où un pouvoir farouche faisait, pour ainsi dire, un crime de l'humanité
& de la bienfaisance. Dans ces temps malheureux. les femmes seules se
montrèrent au-dessus des circonstances et soutinrent un courage que le sombre
despotisme voulait entièrement abattre.
L'excellente femme dont je viens de parler ne trouvait
plus dans les donjons de l'inquisition politique de malheureux compatriotes à
secourir, à consoler, mais ses entrailles de chrétienne lui ont bientôt fait
découvrir d'autres objets non moins dignes de sa sollicitude. ... venez avec
moi chez madame Gamelin.
J'avais vu la charité chrétienne prendre sous sa
protection l'infortune dès son entrée dans le monde; j'avais vu le pauvre petit
innocent enfant de la foiblesse, de l'amour, du crime ou de l'extrême misère
recueilli dès sa naissance, par les mains de la Religion et sauvé d'une fin
prématurée. Il me restait à voir l'humanité trouver les mêmes secours au bout
de sa course. Mais ici ce ne sont plus des soins à donner à d'innocentes
petites créatures, soins souvent payés par le doux sourire de l'enfance; c'est
l'humanité dans sa décrépitude, dans son état le plus déplorable, dans ses
formes les plus repoussantes, j'oserais dire les plus hideuses. Bon Dieu!
pourquoi ne pas mourir dans l'âge de la santé et de la force? Faut-il attendre
que nous soyions cruellement abandonné par les sens qui nous mettent en rapport
avec tout ce qui nous entoure, et surtout avec nos semblables? Pourquoi donc
attendre que nous soyons assailli par toutes les infirmités & les douleurs
qu'amène la vétusté de la machine corporelle, et lorsqu'il ne nous reste plus
qu'une espèce de vie végétative, et que le sentiment de la souffrance. Eh bien,
c'est lorsque, pour comble d'infortune, ces maux sont joints à la misère &
au dénûment, que la vertu d'une femme est venue au secours de tous ces
malheurs. Sans richesses, sans pouvoirs, sans moyens apparens, elle est venue à
bout de mettre son plan charitable à exécution. Encore un peu de temps, et elle
aura bâti, avec l'aide de quelques dames charitables de Montréal, et sur un terrain
qu'elle a acheté auprès de l'Évêché, un hospice spacieux et bien approprié à
son objet. Le pouvoir civil a reconnu et sanctionné son existence, et l'évêque
de ce diocèse vient de lui donner un mandement d'institution. Ce mandement
dont j'ai pris communication, respire la tendre sollicitude et la douce piété
qui caractérisent ce vertueux prélat. Pour le présent, Madme Gamelin
se trouve resserrée dans un bien petit local.Cependant, entrez-y & vous
serez étonnée de l'ordre et de la propreté qui y régnent.
Une trentaine de vieilles femmes, qui seraient
peut-être mortes de misère ou faute de soins, ont trouvé là un refuge contre la
pauvreté, un asile de paix et de consolation, où elles reçoivent
continuellement tous les secours qu'exigent la caducité jointe à la cécité, à
la surdité, à la paralysie et à toutes les autres infirmités de la vieillesse.
Ce sont presque toutes des sexagénaires ou octogénaires; on y trouve même des
centenaires. Leurs âges réunis forment un total de 1841 ans.
Quel âge
aviez-vous, ma bonne mère, quand les Anglais ont pris le pays? J'avais quinze
ans, monsieur — Vous rappelez-vous bien tout ce qui s'est passé dans ce temps?
Ô monsieur! tout comme si c'était aujourd'hui. — Et vous, en m'adressant à sa
voisine, étiez-vous mariée au siège de Québec? Non, pas encore, monsieur, mais j'étais grandette, et je me
souviens bien que... Bonjour, bonnes mères, (en m'adressant à toute la salle),
je reviendrai vous voir, je veux converser avec vous & m'instruire de
l'histoire traditionnelle de mon pays. Aimez bien votre excellente
bienfaitrice, respectez-la, et payez-la des soins qu'elle vous donne par votre
obéissance et votre affection. — Et toutes celles qui pouvaient m'entendre, de
faire, chacune à sa manière, son cri de reconnaissance.
Celles de ces pauvres femmes qui ne sont pas
entièrement impotentes s'occupent à divers ouvrages. Les unes filent, les
autres échiffent des morceaux d'étoffe avec les seuls doigts qui leur restent,
les autres coupent et lient des lanières pour fabriquer des catalognes;
celles-ci tricottent, celles-là font des poches et autres ouvrages appropriés à
leur capacité. Celles qui ne peuvent travailler, prient, et j'en vis trois en
adoration dans la petite chapelle où un prêtre vient tous les jours dire la
messe. Au reste, elles sont toutes mises proprement & presque entièrement
avec des étoffes fabriquées dans la maison.
Mme Gamelin est seule à la tête de cette
maison, sans autre aide qu'une bonne fille qui s'est vouée comme elle aux soins
de la vieillesse infirme et pauvre. Elles n'ont guères d'assistance parmi leurs
commensales, si ce n'est une jeune fille aveugle qui peut laver la vaisselle et
ballayer.
J'avais oublié de te dire, ma chère amie, que la dame
que j'accompagnais dans cette visite qui m'a inspiré tout ce que je viens de t'écrire,
passant près du lit d'une pauvre vieille pour lui donner quelques bonbons
qu'elle lui avait apportés, me donna une scène bien attendrissante. Cette
vieille, octogénaire, que la dame avait recueillie et placée elle-même dans
cette maison, ne l'eut pas plutôt aperçue qu'elle lui tendit les bras et la
tint em(brassée] en fondant en larmes. C'étaient les larmes de la
reconnaissance: je ne pus retenir les miennes.
J'avoue que je n'ai pu
laisser cet asile sans un sentiment d'admiration pour le zèle de l'excellente
Mme Gamelin, et pour la source où elle a pu puiser la pensée et la force d'âme
nécessaires pour accomplir une si bonne œuvre. Quelle est donc cette religion
qui inspire d'aussi beaux, d'aussi touchans dévoûments?... Laisser les
jouissances du monde, toutes les douceurs et les aisances de la vie, pour se
consacrer exclusivement au soulagement de la misère! Et quelle misère, bon
Dieu! Celle de la décrépitude la plus dégoûtante... À peine trouve-t-on chez
un parent, chez un ami assez d'attachement et de courage pour surmonter toutes
ces répugnances. J'abandonne tous les traités de morale: ils n'en ont jamais
donné à ceux qui n'en avaient pas. Je brûle tous les livres de controverses:
ils ont fait de la religion une affaire d'esprit, de raisonnement, d'érudition,
de calcul, & ils n'ont opéré que je sache aucune conversion à cette
religion qui parle bien plus au cœur qu'à l'esprit. Oui, c'est dans ces institutions
de la plus pure charité qu'il faut l'étudier, pou la connaître, la comprendre,
la chérir et l'admirer. La foi c'est
l'amour. Je ne veux plus entrer dans de vaines disputes avec certains beaux
esprits que je rencontre assez souvent: je les enverrai où j'ai retrouvé tout
ce qu'il fallait pour renouveler chez moi de consolantes convictions, et ces
sentimens qui font le bonheur de l'homme dans l'adversité, et qui ont tant
allégé les souffrances de ton ami.
J.J. Girouard (Jean-Joseph)
P.S. «Je crois
que la dame qui vous accompagnait était Madame [Louis-Hippolyte] Lafontaine»,
une grande bienfaitrice de l'œuvre de la Servante de Dieu et l'épouse du
Procureur général .
2012-11-15
Un témoin de la compassion d'Émilie pour les patriotes...
Voici un document à l'appui du fait de la compassion de la Servante de Dieu envers les prisonniers et leurs familles.
Un premier témoin est Sophie Longtin (1825-1914). Fille du prisonnier Jacques Longtin, elle deviendra plus tard Sœur Jean-Baptiste, s.p., et elle racontera comment elle a visité son père en prison, grâce à Madame Gamelin, le 8 novembre 1838. Nous donnons ci-après ce récit puisqu'il tient lieu d'original. Maintes fois cet épisode fut raconté par des contemporaines de Sœur Jean-Baptiste dont quelques-unes vivent encore aujourd'hui (1888).124 la témoin: Extr.: Vie de Mère Gamelin... (1900) op. cit., pp. 44-46.
«Le 8 novembre 1838, elle [Sophie Longtin] vint à Montréal avec sa mère pour tenter de pénétrer auprès du captif. La permission leur en fut refusée, et leur douleur fut d'autant plus grande que la loi martiale avait été proclamée la veille même, et que des rumeurs sinistres circulaient sur le sort réservé aux infortunés détenus. Dans son affliction, la pauvre femme se rendit chez madame Gamelin pour lui demander conseil et assistance.
«Celle-ci, raconte sœur Jean-Baptiste (Sophie Longtin), ne pouvant amener ma mère à la prison, à cause du refus qu'elle venait d'essuyer, eut la délicatesse de me prendre avec elle pour sa visite quotidienne. Je partis donc avec madame Gamelin, l'aidant à porter ses provisions, dont une part était destinée à mon pauvre père. J'avais le cœur bien gros, et des larmes brûlantes coulaient le long de mes joues, en songeant que j'allais voir mon père bien aimé, prisonnier dans cet affreux donjon, lui si bon et que nous aimions tant!
«Nous traversâmes la cour de la prison entre deux rangées de soldats armés. Le guichetier ouvrit une immense porte en fer et la referma sur nous. Je tremblais de tous mes membres, mais madame Gamelin me rassura avec une bonté toute maternelle.
«Bientôt nous fûmes dans la salle des détenus. En l'apercevant, les prisonniers allèrent au-devant d'elle comme au-devant d'une mère. Elle les salua en leur disant: "Je viens voir comment se portent mes enfants aujourd'hui!" Pendant qu'elle leur distribuait les messages de leurs familles et ses provisions, parmi lesquelles il y avait du tabac et des friandises, je pus voir mon bon père. Je ne sais ce que je lui dis, mes sanglots m'étouffaient; mais cette entrevue est restée pour toujours gravée dans mon esprit.
«Durant cette longue visite, madame Gamelin fit à ses chers prisonniers une courte lecture de piété, comme elle le faisait toujours; elle récita le chapelet avec eux et, sur le point de partir, leur dit en souriant: «Si vous voulez bien, avant que je me retire, nous allons faire ensemble notre prière du soir.» Et tous ces braves gens, s'agenouillant sur les dalles, mêlèrent une dernière fois dans la prière leur voix à celle de leur ange consolateur.
S'abonner à :
Messages (Atom)


