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2017-04-14

L'humilité d'Émilie..

Le jeudi saint. Mère Gamelin lavait les pieds à douze vieilles, en sou­venir du grand acte d’humilité du Sauveur. Elle les essuyait de ses mains et les baisait avec respect. Cet usage s’est maintenu dans notre communauté, renouvelant, pour l’édification de nos sœurs, la grande leçon que Notre-Seigneur a donnée à ses apôtres sur le véritable ca­ractère et les devoirs de l’autorité chrétienne, (pp. 142-143)
Durant les retraites, elle baisait les pieds de ses sœurs et les suppliait de prier Dieu pour elle. Elle savait réparer humblement, même au­près de ses inférieures, les fautes qui échappaient à sa vivacité. Ayant un jour fait de la peine à une jeune soeur, elle se jeta à ses genoux pour lui en demander pardon, (p. 175)
Elle nourrissait à son propre endroit les plus humbles sentiments. « Je ne puis rien par moi-même », répétait-elle souvent à ses soeurs, « ni par mes talents, ni par mes moyens, mais je compte sur la divine Providence.» (p. 175)
« Je n’ai pas la prétention de croire, mes chères filles... que nous fe­rons de grandes choses, comme les autres communautés, mais nous ferons le   peu que les autres communautés ne peuvent faire, et le bon Dieu aura ce peu pour agréable, puisque nous ne pouvons faire plus. » (p. 175)

2016-06-11

La Miséricorde divine et Émilie Gamelin

« Dieu, riche en miséricorde » (Ép. 2, 4) «Le bon Dieu avait des vues de miséricorde sur moi. » Sr Gamelin

Émilie Gamelin entourée de
ses pauvres.
Nous vivons présentement dans l'Église une Année Sainte, celle du Jubilé de la Miséricorde, commencée le 8 décembre 2015 et qui se terminera le 20 novembre 2016. N'est-ce pas « l'année de bienfaits » annoncée déjà par le prophète Isaïe? (Is 61, 1-2)

Notre Pape François introduit la « Bulle  d'indiction du Jubilé extraordinaire de la Miséricorde » par ces mots : « Jésus-Christ est le visage de la miséricorde du Père. Le mystère de la foi chrétienne est là tout entier. Devenue vivante et visible, elle atteint son sommet en Jésus de Nazareth. Le Père, « riche en miséricorde » (Ép 2,4,) après avoir révélé son nom à Moïse comme « Dieu tendre et miséricordieux,... » (Ex34,6) n'a pas cessé de faire connaître sa nature divine. Lorsqu'est venue la « plénitude des temps » (Ga 4,4), Il envoya son Fils né de la Vierge Marie, pour nous révéler de façon définitive son amour... À travers sa parole, ses gestes et toute sa personne Jésus de Nazareth révèle la miséricorde de Dieu ».
De plus, le 12 janvier dernier, le premier livre du pape François, intitulé Le nom de Dieu est miséricorde, était présenté à Rome et, dans cet ouvrage, le pape François propose un chemin, et affirme que « la miséricorde est la carte d'identité de notre Dieu ». Il invite à « faire l'expérience du don de Dieu. Un don qui encourage et rend capable de «recommencer à nouveau », qui laisse  «entrevoir la miséricorde de Dieu ».

Voilà l'itinéraire suivi par notre bienheureuse Émilie Gamelin qui, au cours de sa vie, se remettait en toute confiance entre les mains de Dieu; à preuve ses « Notes de retraites», où on retrouve presque à chaque page : le mot miséricorde. En voici quelques extraits :

« Je me suis mise en présence du Seigneur et j'ai mis ma confiance en sa grande miséricorde. » (1847)
« Plusieurs femmes sont venues me chercher pour mettre la paix dans leur maison 
et dans sa miséricorde, Dieu a voulu se servir de moi pour réconcilier des ménages brouillés » (1847)
« Quelle a été grande votre miséricorde à mon égard! » (1848)
« Oubliez, Seigneur, les péchés de ma vie, ne vous souvenez à mon
égard que de votre grande miséricorde. » (1848)
« Je m'abandonne à votre grande miséricorde. » (1850)
« Je suis pénétrée de misère... Pardon, Seigneur, et miséricorde (1851)

Émilie rejoignait déjà ce que souligne le pape dans son récent volume : « se reconnaître pécheur est une grâce », et se sentir regardé et aimé de Jésus, cela « change la vie ». Dans la bulle d'indiction, n° 15, le pape poursuit : « J'ai un grand désir que le peuple chrétien réfléchisse durant le Jubilé sur les œuvres de miséricorde corporelles et spirituelles. Ce sera une façon de réveiller notre conscience souvent endormie face au drame de la pauvreté et de pénétrer au cœur de l'Évangile, où les pauvres sont les destinataires privilégiés de la miséricorde divine. »

Notre fondatrice Émilie Tavernier-Gamelin, femme de compassion, femme de miséricorde, a vraiment penché son cœur sur toute misère humaine.

Il me semble la voir circuler dans les rues du Montréal de 1830-50, donner à manger à ceux qui ont faim Œuvre de la soupe), visiter les malades, les démunis, abriter les vieillards (Asile de la Providence), accueillir les étrangers (Irlandais), visiter  les prisonniers (prison de Montréal), soigner les malades (typhus, choléra), accompagner les mourants, etc..  Femme de compassion et de miséricorde!

Et cette compassion a été contagieuse, à preuve, le dévouement des Dames de charité qui l'ont assistée pour secourir les pauvres à domicile, le soin des dames âgées et infirmes, des orphelins, des enfants pauvres des écoles, la visite des prisonniers, la formation de bonnes filles de service, la préparation des remèdes, l'organisation de bazars, la distribution de repas, la collaboration de médecins qui acceptent de soigner gratuitement les pauvres, etc.... (Et plus tard, ses filles, les Soeurs de la Providence)

Tiré du Bulletin des Associées & Associés Providence par
Yvette Demers, s.p.
Vice-postulatrice
Cause Émilie Tavernier-Gamelin




2016-03-01

Emilie et la société de son temps

Eveillée aux réalités sociales, Emilie aidait des personnes à trouver un toit et une formation pour d'autres qui donnaient un service à domicile. Elle a répondu aux besoins des immigrants, des orphelines, des personnes sans éducation. Comme les personnes sourdes n'avaient aucun recours, Emilie a cherché des façons de répondre à leurs besoins. Le manque d'assistance aux personnes mentalement perturbées a touché son cœur et lui a inspiré une nouvelle grande œuvre secourable. Adulte, mature, le cœur plein de compassion! Invitée, elle a répondu! Et nous, aujourd'hui ?

2015-09-23

Bienheureuse Émilie Tavernier-Gamelin


165ième anniversaire du décès d'Émilie:

Née à Montréal en 1800, Émilie Tavernier apprend de sa mère la confiance en Dieu-Providence. Au fil des épreuves que sont la mort de ses parents, de sa soeur, de deux de ses frères, puis celle de ses enfants et de son mari, Jean-Baptiste Gamelin, germe en son cœur une compassion profonde. Les itinérants, les orphelins, les sans-travail, les prisonniers, les sourds, les isolés, les malades, voilà sa famille. Émilie gagne des parentes et des amies à ses gestes de dévouement.  À la demande de Mgr Bourget, la Congrégation des Sœurs de la Providence est fondée en 1843. Engagée comme laïc, puis comme religieuse, Émilie Tavernier-Gamelin demeure un modèle pour notre temps parce que "des pauvres, il y en aura toujours parmi nous".


Extrait du Prions en Église : Messe de la Bienheureuse Émilie Tavernier-Gamelin (24 sept)

2015-09-17

Qu’est-ce qu’une personne de compassion?

La première personne qui me vient à l'esprit est une fille née ici, à Montréal, il y 215 ans. Toute sa vie, elle a répondu fidèlement aux besoins des personnes. Elle a laissé un héritage qui demeure bien vivant : celui de la compassion pour les pauvres, de la générosité et d’une confiance profonde en la Providence. Nous femmes et hommes de la Providence la connaissons sous le nom d’Émilie Tavernier Gamelin. L'Église a confirmé cet héritage en faisant d’elle la Bienheureuse Émilie Tavernier-Gamelin. Les récits illustrant sa foi, son audace et son dynamisme pour répondre aux besoins des pauvres continuent à influencer notre foi, notre vie, nos relations et notre service.
La bienheureuse Émilie, femme de compassion, savait faire preuve d'empathie et agir pour les autres dans leurs moments  de souffrance et de joie. Sa compassion incarnait ce que Meister Eckhart, moine dominicain allemand, enseignait : « Ce qui arrive à l’autre que ce soit une joie ou une peine, m’arrive à moi ... ; la compassion c’est là où la paix embrasse la justice. » 

Qui est une femme/un homme de compassion aujourd'hui?  Une personne de compassion ...

reconnaît le caractère sacré de sa personne, de l’autre et de la terre et respecte ce caractère. L’amour, l’humilité et l’unité émanent de sa présence;

s’émeut aussi bien du chagrin que de la joie de l’autre. Souvent, la personne en larmes est poussée à agir pour être une avec l’autre. Parfois cette action consiste simplement à être présente à l’autre, et les mots sont alors superflus;

est constamment présente pour écouter, encourager, provoquer et partager, avec les personnes nécessiteuses, le rôle mutuel de donner et recevoir la compassion;


est aussi attentive que Marie aux noces de Cana. Une telle personne est en mesure de ressentir et de connaître en profondeur qui est l’autre et où il est. Dans l’action, et parfois même sans paroles, cette personne transmet le message: « Tu n’es pas laissé(e) à toi-même... »;

elle possède la créativité et la vision des possibilités. ;

est sensible à la situation de l’autre. En allant vers celui-ci, elle peut reconnaître et procurer les ressources internes et externes qui créeront quelque chose de neuf.

2014-03-20

Bienheureuse Émilie Tavernier Gamelin
(1800 -1851)
une femme éprouvée qui se fait compassion et providence


Notice biographique


                   Émilie Tavernier naît le 19 février 1800 à Montréal, la dernière  de quinze enfants. Elle admire sa mère qui, malgré leurs modestes moyens, ne laisse jamais aucun mendiant qui frappe à leur porte repartir les mains vides. À vingt-trois ans, Émilie fait un heureux mariage avec Jean-Baptiste Gamelin, un pomiculteur de vingt- sept ans son aîné.   Les époux partagent un intérêt et un amour communs pour les pauvres. Ce bonheur ne durera que peu de temps. Les deux premiers de leurs trois enfants meurent, trois mois après leur naissance. Après seulement quatre années de mariage, Émilie perd ensuite son mari. Ce décès est suivi quelques mois plus tard, à l'été 1 828, de celui de son troisième enfant, alors âgé de vingt-et-un mois. En moins de cinq ans, Émilie avait tout perdu.

 Elle se sent appelée à manifester sa confiance en la Providence et à incarner la compassion de la Mère des douleurs en allant au-devant des plus nécessiteux. Les œuvres de charité deviennent une consolation à ses souffrances personnelles, qui prennent désormais un tout autre sens. Dès lors, elle consacre sa vie et met tous ses moyens au service des personnes âgées, des malades et des orphelines de l'épidémie de choléra (1832), 
des prisonniers de l'insurrection (1837-1838) et des  «aliénés », comme on appelle alors les personnes atteintes de maladie mentale.

Mgr Ignace Bourget, évêque de Montréal, désirait fonder une communauté de sœurs canadiennes dans son diocèse. En 1843, avec l'évêque, Émilie Tavernier-Gamelin fonde la communauté des Sœurs de la Providence, alors désignée sous le nom de Filles de la Charité Servantes des Pauvres. L'année suivante, elle devient la première supérieure de la congrégation, à l'âge de quarante-quatre ans. Elle poursuit sa mission dans la vie religieuse jusqu'à sa mort, qui survient sept ans plus tard, le 23 septembre 1851.

Les derniers mots qu'elle adresse à ses sœurs sont : 
« Humilité, simplicité, chari... » (té). Les pauvres, les vulnérables et les laissés-pour-compte, à qui elle a consacré sa vie, sont le cœur même de la mission apostolique qu'elle a léguée aux Sœurs de la Providence. Elle a été proclamée bienheureuse le 7 octobre 2001 par Jean-Paul II.

Prière

Bienheureuse Émilie, tu avais un époux et des enfants qui faisaient ta joie. Comme Job, tu as tout perdu sans te perdre. Tu as guéri ton cœur blessé en donnant ta vie pour soulager les plus nécessiteux. Remplie de l'amour du Christ, tu es devenue modèle d'humilité, de simplicité et de charité. Maintenant que tu vis auprès du Père, prie pour nous afin qu'il nous soit donné d'ouvrir nos cœurs à la compassion et au dévouement au nom de jésus notre Sauveur.Tiré "Habités par sa Parole (Diocèse Saint-Jean-Longueuil (Novalis)

2013-11-19

Une dévotion chère à Émilie Gamelin : la Vierge des Douleurs

Voici comment réciter le chapelet des sept douleurs :
- Sur la médaille, on énonce le mystère, la douleur infligée à Marie.
On récite ensuite un Notre-Père.
- Sur les 7 grains qui suivent, on récite 7 Je vous salue Marie.
- Après chaque "Je vous salue Marie", on récite l’invocation suivante :
«Priez pour nous Vierge de douleurs
que nous soyons dignes des promesses de Jésus-Christ. »

- On termine le chapelet sur les trois grains isolés avec 3 "Je vous Salue Marie " et 1 "Notre Père" sur la médaille principale.

V. Ô Dieu, venez à mon aide!
R. Seigneur, hâtez-vous de me secourir!

Voici les 7 douleurs, dans l’ordre :
1. Le vieillard Siméon annonce à Marie que son fils sera en butte à la contradiction. (Lc 2, 34-35)
2. Le massacre à Bethléem et la fuite en Égypte. (Mt 2,13-18)
3. La disparition de Jésus à douze ans. (Lc 2,41-52)
4. Marie voit son fils chargé de la croix. (Mt 27, 31-32)
5. Marie debout au pied de la Croix. (Jn 19,25-27)
6. Marie reçoit le corps inanimé de son Fils. (Jn 19,38-40)
7. Marie au tombeau de Jésus. (Jn 19,41-42)
Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit, comme il était au commencement, maintenant et toujours, et pour les siècles des siècles. Ainsi soit-il!

1. Ô Mère des douleurs, je compatis à la souffrance qui accabla votre coeur très aimant lors de la prophétie du saint vieillard Siméon en laquelle vous fut révélée toute l’ampleur de vos peines à venir : par votre coeur si éprouvé, obtenez-moi, Vierge très aimable, la grâce d’adhérer toujours plus parfaitement à la sainte volonté de Dieu.
Je vous salue Marie etc...

2. Ô Mère des douleurs, je compatis à l’angoisse qui étreignit votre coeur si sensible lors de la fuite en Egypte et du séjour en ce pays étranger où vous viviez, pauvre et méprisée : par votre coeur anxieux, obtenez-moi, Vierge très aimable, la grâce d’un abandon filial et confiant à la divine Providence.
Je vous salue Marie ...

3. Ô Mère des douleurs, je compatis à la peine profonde dont votre coeur soucieux fut saisi lors des trois jours de la perte de votre Enfant à Jérusalem : par votre coeur si inquiet, obtenez-moi, Vierge très aimable, la grâce de craindre par dessus tout d’être séparé de l’amour de mon Dieu.
Je vous salue Marie ...

4. Ô Mère des douleurs, je compatis à l’abattement qui s’empara de votre coeur lors de la rencontre avec Jésus portant sa Croix vers le Calvaire : par votre coeur si éprouvé, obtenez-moi, Vierge très aimable, la patience dans les épreuves et la persévérance dans le bien malgré toutes les contradictions.
Je vous salue Marie ...

5. Ô Mère des douleurs, je compatis à la très amère passion que souffrit votre coeur généreux lorsque, debout au pied de la Croix, vous assistiez à l’agonie de Jésus et que vous entendîtes le cri déchirant dans lequel il rendit l’esprit : par votre coeur martyrisé, obtenez-moi, Vierge très aimable, la grâce d’une douce compassion aux peines et souffrances de mes frères.
Je vous salue Marie ...

6. Ô Mère des douleurs, je compatis à l’extrême souffrance qui déchira votre coeur maternel lorsque la lance ouvrit le Coeur de Jésus et que son corps pantelant fut déposé sur vos genoux : par votre coeur supplicié , obtenez-moi, Vierge très aimable, de savoir rendre amour pour amour au divin Coeur de votre Fils.
Je vous salue Marie ...

7. Ô Mère des douleurs, je compatis à la poignante tristesse qui submergea votre coeur de flots amers lorsque le corps de Jésus fut déposé dans le sépulcre : par votre coeur transpercé de sept glaives, obtenez-moi, Vierge très aimable, la grâce de ne jamais me décourager, quelque importantes que soient les ténèbres et l’adversité.
Je vous salue Marie...

V. Priez pour nous, Vierge très affligée.
R. Afin que nous soyons dignes des promesses de Jésus-Christ.
Oraison :
Nous vous en prions, Seigneur Jésus-Christ, qu’intercède pour nous auprès de votre clémence, maintenant et à l’heure de notre mort, la Bienheureuse Vierge Marie votre Mère, dont l’âme très sainte fut transpercée d’un glaive de douleur à l’heure de votre Passion. Ô Vous qui vivez et régnez avec le Père, dans l’unité du Saint-Esprit, Dieu pour les siècles des siècles.

Prière composée par Frère Maximilien-Marie – reproduction autorisée à condition d’en indiquer la source)

2012-09-23

EN CE JOUR DE FÊTE

Pour souligner la fête d'Émilie Gamelin, voici un texte reçu d'un ami. Belle réflexion! Un hommage à cette grande dame qu'était Émilie et qui l'est encore de nos jours car son message et son héritage sont toujours d'actualité....!

Année B : lundi 25e semaine ordinaire (litbo25l.12)
Mt 25, 31-40; Mère Gamelin : une sortie de table remarquée

L'incarnation, c'est Dieu qui se courbe très bas pour nous étreindre de son amour. Cet abaissement décrit l'humilité de Dieu. Notre foi clame qu'un Dieu s'est identifié aux affamés, aux assoiffés, aux étrangers, aux prisonniers, aux mal-aimés. Qu'il se laisse voir en eux. Le Dieu Jésus se réjouissait d'être avec les gens simples et ceux qui sont rejetés par leur entourage et la société. Il montrait ainsi sa nature profonde, sa divinité dans un visage de miséricorde, de douceur, de tendresse, de bonté débordante.

Ce qu'a compris Mère Gamelin dans sa contemplation de Jésus, c'est que le Dieu de sa foi lui demandait non pas tant de parler de Lui mais de sortir à la manière d'Abraham, de tout quitter afin que les autres puissent Le trouver en sentant combien il vivait en elle et qu'elle vivait en lui. Sa foi «sorteuse» s'exprimait dans l'imitation de la manière de vivre de Jésus qui n'avait aucun lieu où reposer sa tête. Certains sont baptisés mais ne sont pas chrétiens. D'autres sont baptisés mais demeure en eux le vieil homme étranger à une manière de vivre en relation avec les autres. En Mère Gamelin, l'action se mariait avec la jouissance de Dieu, chacune ne gênant pas l'autre (Tauler).

Le style, c'est l'homme lui-même, écrivait Buffon le jour de son intronisation à l'académie française au XVIIe. La manière de vivre de Mère Gamelin disait ce qu'elle était. Son style de vie était une joyeuse nouvelle rendant visible ce qui débordait de son être même. Elle a donné aux démunis sans pasteur de véritables raisons pour continuer à espérer. Son style de vie a fait que les démunis, les indignés, ont rencontré ce Dieu qu'ils cherchaient et qui les cherchaient. Elle a ennobli leur vie. Elle était un «petit verbe», un paradis recherché, une «église» nourrissante. Elle a été multiplicatrice de pains et aujourd'hui nous récoltons des paniers de ce qui en reste (Mc 8, 1-11). Ce qu'elle a été ne passera jamais.

Si nous ne nous laissons pas surprendre par sa manière de vivre, nous n'écouterons que d'une oreille distraite son combat pour les droits humains qui visait les détresses les plus élémentaires et les plus profondes : la faim, la marginalisation, la vulnérabilité de qui est sans vêtements, les itinérants, les déficients intellectuels. Les pauvres ne lui ont pas pris sa vie, elle leur a donné. Aujourd'hui, et je paraphrase la première lecture, si la connaissance même partielle de Dieu nous intéresse, cela nous oblige à prendre son chemin - sors de ton pays - et oser nous faire proche de tous ces «indignés» qui sont les «représentants» désignés et privilégiés de Jésus pour se faire reconnaître. Pour elle la chair des hommes [était] la chair de Dieu (Jean Sulivan, Les hommes du souterrain, Ddb, p. 217).

Allons plus loin. Ce chapitre 25 de Matthieu indique que la rue, peut-être plus que nos églises, est le lieu de la rencontre de Jésus. Voulons-nous être avec le Christ ? Il y a la prière certes, mais avant tout, il y a l'implication sociale que le père Joseph Moingt appelle l'humanisme évangélique. Le père Guy Paiement, très engagé socialement, répétait souvent que le chrétien a l'obligation de sortir de table. Mère Gamelin a fait goûter et voir comme est bon le Seigneur (Ps 22) en adoptant le comportement de l'homme nouveau (Ep 4,24). En sortant de table.

Pour Mère Gamelin, s'il était nécessaire de mettre tout en commun (Ac 2, 44), il était plus urgent de se dépenser elle-même tout entière, dirait Paul (2 Co 12, 15) parce que ce qui demeure, c'est la charité (1 Co 13, 13) en acte. Elle nous enseigne qu'il n'est pas question d'attendre la mort ou même la fin du monde pour rencontrer Dieu. Elle nous fait goûter que la vie éternelle est déjà commencée en nous. J'étais malade, j'avais faim, j'étais un indigné. Elle fut une «briseuse» de solitude et désirait empêcher que le monde se défasse, pour citer Guy Aurenche, qui a lutté plus de quarante ans pour une terre solidaire.

Elle fut dans notre histoire une petite miette de pain qui a nourri avec presque rien, une petite graine de sénevé devenue ce grand arbre indéracinable malgré les tempêtes de notre histoire récente, que sont les «saintetés» de la Providence. Le Royaume de Dieu ne se manifestera jamais par des éclats de puissance. Il se trouve là où des gestes de justice, de paix et de joie dans l'Esprit saint (Rm 14, 17) sont quotidiennement enfouies dans les cœurs.

Il y a pour nous aujourd'hui, un devoir de mémoire (Jean-Paul II) à nous remémorer tout ce que cette femme d'ici a fait en sortant dehors et que les événements du parc portant non nom nous rappelle. Sors de ton pays et va vers le pays que je t'ai montré. À l'heure où s'ouvre un synode sur l'évangélisation, il s'agit moins de parler haut et fort de Jésus mais de sortir dehors pour semer à tout vent un grand projet, celui d'un humanisme évangélique. AMEN.

Gérald Chaput, un ami d'Émilie



2012-05-24

De Dodais à Louis-H. Lafontaine


M. Jean-Baptiste Gamelin, époux d’Émilie, avait légué à son décès, après 4 ans seulement d’union conjugale, tous ses biens à sa femme. Dans ce legs universel, il avait compris un don singulier,  Dodais,  un pauvre idiot dont il avait pris soin.


Ceux qui ont vu ce pauvre idiot attestent combien il était rebutant aux yeux de la nature. Impuissant à se rendre le moindre soin, ne pouvant que marmotter des sons confus et inintelligibles, il n'avait pas même conscience de son existence. 

Mme Gamelin accepta ce legs comme un présent de Dieu et un gage de son amour pour son époux. Elle logea convenablement le pauvre idiot dans une petite maison attenante à son jardin et pour s'assurer que rien ne manquerait à ses besoins, elle appela auprès de lui sa mère dont elle abritait du même coup l'indigence. Mme Gamelin visitait souvent son pensionnaire et lui prodiguait les soins de la charité la plus délicate. N'était-ce pas là comme l'humble et lointain commencement d'une œuvre qui devait prendre plus tard un si grand développement dans la communauté qu'elle allait fondée en 1843. (Hôpital St-Jean de Dieu-Louis-H Lafontaine).


Le ciel voulut récompenser un si touchant dévouement. Avant de mourir , l'idiot recouvra un instant assez de lucidité pour acquitter sa dette de reconnaissance envers sa bienfaitrice. Il lui dit d'une voix parfaitement intelligible: "Madame, je vous remercie de toutes vos bontés pour moi. Je vais mourir, je m'en vais au ciel; je prierai pour vous." Puis, montrant de sa main débile sa mère qui était à ses côtés , il ajouta, comme pour la lui recommander : "C'est ma mère!" Ce fait ne fut révélé qu'après le décès de Mère Gamelin. ("Vie de Mère Gamelin")


Très tôt, à l’Asile de la Providence, on doit aménager une salle baptisée Saint-Jean-de-Dieu, pour recevoir « les idiotes et les infirmes les plus pitoyables. » Les chroniques d’époque notent la « crainte qu’inspirait la vue de ces malheureuses ». Aussi, quand Mère Gamelin, devenue religieuse entre temps, décide en 1850 de faire un voyage à Baltimore, c’est pour y voir comment fonctionnent les établissements pour aliénés. Sa mort en 1851, n’arrêtera pas chez ses sœurs l’idée de poursuivre ici l’établissement d’une maison de ce genre.
Réf : « Un héritage de courage et d’amour 1873-1973 » publication officielle du Centenaire de l’Hôpital St-Jean-de-Dieu, » 


L’Hôpital Saint-Jean de Dieu
Fondé en 1873, l’Hôpital Saint-Jean de Dieu est issu d’une entente la Congrégation des Sœurs de la Providence et le gouvernement du Québec qui confie à la Congrégation le soin de vêtir, d’entretenir et de soigner les malades mentaux. Sœur Thérèse de Jésus (née Cléophée Têtu) est l’âme et la directrice de cette importante institution dans l’histoire de la santé au Québec.

Les Sœurs de la Providence ont déjà une longue expérience du travail auprès des malades mentaux. Mère Émilie Gamelin en a accueilli à l’Asile de la Providence dès 1845. En 1852, la ferme Saint-Isidore avait été aménagée pour recevoir 17 aliénés. En 1863, une annexe qu’on nomme Saint-Jean de Dieu est construite et ajoutée à un couvent des Sœurs situé dans l’Est de Montréal. La construction de l’Hôpital Saint-Jean de Dieu se fera sur le site de ce couvent à partir des années 1870.

En 1897, l’Hôpital Saint-Jean de Dieu devient une municipalité civile autonome ainsi qu’une paroisse canonique du diocèse de Montréal. On y retrouve 183 religieuses, 141 laïques, trois médecins, deux aumôniers et 1579 patients. La direction de l’Hôpital se tient à jour en visitant d’autres établissements analogues en Europe. À cette époque, le pourcentage de guérison tourne autour de 40 % par an.
Plusieurs écoles vont voir le jour à Saint-Jean de Dieu : école d’infirmières spécialisées en psychiatrie, d’infirmières-auxiliaires, école normale médico-pédagogique, école Émilie-Tavernier (destinée aux patients), école de technologie médicale, cours pour les préposées aux malades.
En 1975, soit après un peu plus 100 ans d’existence, l’Hôpital Saint-Jean de Dieu voit partir peu à peu les Sœurs de la Providence à la suite de la réorganisation de ses services. L’institution prend le nom de Hôpital Louis-H.-Lafontaine en 1976.

Pour en savoir plus :www.hlhl.qc.ca

http://www.sprovidencegamelin.com/faisons.html

2012-02-29

Visite à la Place Émilie-Gamelin - Présence Compassion

« Le 19 mai 2011, nous, la communauté internationale de formation initiale des Sœurs de la Providence, avons effectué une visite au centre-ville de Montréal, précisément à la place Émilie-Gamelin, où nous avons rencontré les membres d'un organisme appelé « Présence Compassion ». Nous avons été émerveillées par la présentation de Daniel Paradis, responsable dudit organisme, secondé par son adjoint Gilles Langlois. Nous avons été touchées par Daniel Paradis qui, dès l'âge de 4 ans, s'est montré très compatissant envers les pauvres. Il nous a expliqué par le menu les objectifs fondamentaux de cet organisme : « En réalité, les gens de la rue à Montréal n'ont pas tant faim de nourriture mais plutôt d'écoute, d'attention, d'affection, bref de compassion ». Grande fut notre satisfaction de savoir qu'une dizaine de personnes veillent bénévolement au bon fonctionnement de cette œuvre charitable sans but lucratif et ont pour préoccupation première de redonner à la personne sa dignité humaine.

Par la suite nous sommes descendues dans la rue accompagnées de deux bénévoles (Sœur Annette Coutu, s.p. et Louise Mercier) qui ont servi de lien entre les personnes de la rue et nous. Sincèrement, il n'a pas été facile de toucher du doigt cette triste réalité. Nous nous sommes senties poussées à réagir d'une façon concrète. Être témoin d'une telle situation nous a amenées à nous questionner sur ce défi de charité dont l'invitation se fait pressante. Heureusement le témoignage de Louise nous a apporté une grande consolation du fait qu'elle a été, elle-même, dans la rue, et qu'un jour elle a accepté de prendre une main généreuse qui lui a été tendue; aujourd'hui elle est capable, à son tour, de servir passionnément ces personnes pour qui elle a beaucoup d'affection.


Toute notre reconnaissance aux âmes généreuses qui se dévouent activement à la pratique de la charité compatissante envers les personnes dans le besoin. Merci beaucoup. »

Pris sur le Site: http://www.providenceintl.org/

Le 19 juin 2018, les Sœurs de la Providence se joignaient aux visiteurs de la Place Émilie Gamelin pour célébrer le 175e anniversaire de leur Fondation. Pour la circonstance, de nombreux ami(e)s: pauvres, novices, grand public, une invitée de marque: l'artiste Nathalie Choquette  se sont regroupé(e)s pour le "Temps d'une Soupe".
Voici quelques photos souvenirs: