Lorsque Madame Gamelin devint Sœur Gamelin, les traits de sa physionomie spirituelle étaient tout formés. Sa vie antérieure, toute de charité, avait jailli d’une nature broyée tôt par la souffrance; son âme s’était nourrie de la contemplation de Marie au pied de la croix. De le Mère de Compassion, elle avait appris à communier toujours plus au mystère du Christ souffrant dans ses membres. Le cœur de Madame Gamelin uni au cœur de la Vierge compatissante s’ouvre à toutes les souffrances et à toutes les nécessités : destitués de la fortune, déficients mentaux, vieillards, orphelins, prisonniers et bien d’autres… Femme de volonté et de caractère, elle avait mis et développé au service de ses frères, les pauvres, toutes les richesses d’une nature forte, guidée par un zèle ardent allié à la confiance en la Providence et à une force d’action sûre et constante. Par sa consécration à la vie religieuse, Mère Gamelin entre dans la dernière étape de sa vie : elle n’a plus que huit ans à vivre..
Partout on admire cette femme généreuse qui sait embrigader la bonne volonté de tous en faveur de ses privilégiés et la collaboration à ses activités de bienfaisance. De plus, pour satisfaire aux exigences de son amour compatissant à l’égard de ses protégés, Madame Gamelin a vécu un détachement complet de ses biens, de sa personne et même de l’œuvre pour laquelle elle a tout sacrifié. Elle sacrifie même le bien-être de sa vie privée et sociale pour aller vivre avec ses pauvres.
Inspiré des "Notes de retraite de MÈre Émilie Gamelin" Collection Providence
Émilie Gamelin est une Montréalaise qui a vécu dans les années 1800 et suivantes. Elle se maria et eut trois enfants. Devenue veuve et ayant perdu tous ses enfants, elle voua sa vie aux pauvres et fonda une communauté, les Soeurs de la Providence, pour l'aider dans sa tâche. Elle nous a laissé des valeurs toujours actuelles que nous connaîtrons dans les pages suivantes.
2012-10-03
ÉMILIE...HIER, CELLE QUI EST CHARITABLE POUR LES ORPHELINES
"La femme au coeur attentif " qu'était Mère Émilie Gamelin ne pouvait rester insensible à la détresse des enfants soudainement privés de la présence, de l'affection et des soins de leurs parents. Le premier orphelinat est fondé en 1844. Des centaines d'autres sont créés par la suite, à mesure que le congrégation se développe. Considérées commes les enfants de la communauté, les Soeurs témoignent tendresse et compassion aux orphelines. La Fondatrice est soucieuse de leur procurer un milieu de vie plus normal que celui du pensionnat. Elle propose d'organiser leur placement dans des foyers d'accueil. Elle continuera de veiller à leur bien-être, se réservant la possibilité de les reprendre au pensionnat.
Suite à deux violents incendies qui ont détruit trois faubourgs de Québec, un autre groupe d'orphelines dirigé par les Dames de Charité de cette ville sont amenées à Montréal. Les Soeurs de la Providence versent une aumône de huit livres pour les sinistrés de ces faubourgs. Le 24 juillet 1846, seize fillettes débarquent au port de Montréal avec des couvertures, couvre-pieds et paillasses, jacquettes et bonnets à coucher, draps, jupes, robes, tabliers, bas, collerettes, chemises, bottines et souliers. On installe les jeunes filles tant bien que mal à l'Asile, en attendant la fin des travaux de la nouvelle aile. Mère Gamelin qui trouve toujours de la place pour une nouvelle venue, surtout si elle est infirme, reçoit Caroline Baulne, une orpheline de 16 ans souffrant d'épilepsie depuis sa naissance. Elle sera guérie en 1852, après avoir prié Mère Gamelin et vivra jusqu'à l'âge de 70 ans.
Des retards dans la construction à Québec obligent la secrétaire des Dames de Charité de Québec à demander encore une fois à Mère Gamelin de bien vouloir garder les orphelines jusqu'au mois de mai 1847.
Parmi les orphelines de Québec se trouve une jeune noire souffrant de maladie mentale dont Mère Gamelin va s'occuper avec une particulière affection jusqu'à ce qu'elle soit hospitalisée. Une autre a été profondément touchée par le dévouement de Mère Gamelin durant son séjour à Montréal, qu'elle voudra comme elle, consacrer sa vie aux pauvres en se faisant Soeur de la Providence. Quand Mère Gamelin reçoit la lettre de remerciement des Dames de Charité de Québec, pour avoir hébergé les orphelines de cette ville pendant deux ans, l'épidémie du typhus fait ses premières victimes à Montréal et mobilisera bientôt les forces vives de la commuanuté.
ÉMILIE....AUJOURD'HUI. - LES ORPHELINES D'AUJOURD'HUI
On peut se demander s'il y a encore des orphelines aujourd'hui.
La réponse est évidemment "oui " et les Soeurs de la Providence
s'en occupent encore.
Au Chili, par exemple, les Soeurs de la Providence ont encore deux orphelinats où elles en accueillent dans un cadre institutionnel.
En Afrique, au Cameroun, les Soeurs de la Providence en côtoient régulièrement et accordent de l'aide à la famille élargie qui les recueille selon la coutume du pays.
En Amérique du Nord (Canada et États-Unis) l'assistance apportée à ces enfants revêt des formes plus nouvelles et diversifiées. Ainsi de l'aide psycho-sociale est plutôt apportée à un parent ou l'autre pour qu'il continue à s'occuper de ses enfants.
L'adoption d'enfants complètement isolés se réalise aussi par l'intermédiaire des agences de service social publiques ou privées au sein desquelles oeuvrent des Soeurs de la Providence.
Mais une nouvelle catégorie d'orphelins est apparue dans nos sociétés occidentales surtout. Il s'agit des enfants des nombreuses familles éclatées qui ont de la difficulté à garder un contact significatif ave l'un ou l'autre de ses parents après un divorce ou une séparation. Alors, là où des Soeurs de la Providence travaillent auprès de ces familles ou de ces enfants dans des centres de crise, dans des maisons où l'on accueille des mères avec leurs enfants victimes de violence conjugale, de harcèlement, d'abus de toutes sortes, nous pouvons considérer qu'à la suite de Mère Gamelin, elles d'occupent de nos orphelins modernes.
Puissent ces considérations amener chaque lecteur et lectrice à développer de la compassion pour les enfants de familles désorganisées et éclatées que Mère Gamelin n'aurait pas laissés sans aide.
(Extraits du volume: Émilie Tavernier-Gamelin, par Denise Robillard)
2012-10-02
Émilie... dans l'Ouest américain
Providence Plaza
Le 29 avril 2011, l'Université
de Great Falls, Montana, a procédé à l'inauguration de Providence Plaza, au milieu du quadrilatère
de l'Université. Cette Plaza, qui se
veut un lieu de rencontre et une "déclaration de mission en
évolution", rend hommage à la charité et au courage des cinq Sœurs de la
Providence qui ont voyagé par mer, de Montréal à Vancouver, Washington, en
1856, et à toutes celles qui ont suivi leurs pas.
·
Une sculpture montrant une Sœur de la Providence
entourée d'enfants et intitulée "Apprendre
avec amour," symbole de l'implication des Sœurs dans l'éducation.
Elle est l'œuvre du regretté Joe Halko, diplômé de l'Université de Great Falls,
étudiant et ami de Sœur Mary Trinitas Morin, s.p., professeure d'art.

La Plaza
comprend les éléments suivants :
·
Une représentation des cinq chutes d'eau symbolisant les cinq premières Sœurs
de la Providence venues dans
l'Ouest (dont Mère Joseph du Sacré-Cœur).
·
Une pièce maîtresse en terrazzo encadrée de la
devise, "La charité du Christ nous presse," et représentant les
quatre sœurs qui, huit ans plus tard, ont quitté Vancouver, Washington pour
prendre la route de l'est vers St. Ignatius, Montana.
·
La prière "Providence de Dieu, je crois en
toi," qui célèbre la Providence en tant que présence aimante de Dieu,
vigilante envers sa création, attentive aux besoins de tous et agissante en
nous et par nous."
·
Un vitrail provenant de la chapelle de l'ancien
Providence Hospital d'Oakland, Californie, cadeau de la province Mother Joseph,
et représentant Saint Vincent de Paul, un important patron de la Congrégation.
Mary Kaye Nealen, s.p. (Missive Providence décembre 2011)
N.B. Fidèle à son héritage,
l'Université de Great Falls a nommé ses résidences étudiantes Vancouver, Montréal, Santiago et St. Ignatius.
Avec ses 1074 étudiants, enseignants et personnel auxiliaire, l'Université
construit une culture Providence axée sur la justice sociale et le service.
2012-09-25
MESSAGE LUMIÈRE
C'est la fête de la Bienheureuse Émilie Gamelin, une Canadienne qui fonda la communauté des Sœurs de la Providence.
En passant près de son monument, regardez-la avec son panier, prête à tout donner ce qui lui fut donné de la part de notre Dieu-Père-Providence.
L'Évangile, en ce jour de sa fête, est celui du jugement dernier :
« J'avais faim, et tu M'as donné à manger... j'étais en prison et tu es venu Me visiter... »
Famille Myriam
En passant près de son monument, regardez-la avec son panier, prête à tout donner ce qui lui fut donné de la part de notre Dieu-Père-Providence.
L'Évangile, en ce jour de sa fête, est celui du jugement dernier :
« J'avais faim, et tu M'as donné à manger... j'étais en prison et tu es venu Me visiter... »
Famille Myriam
2012-09-23
EN CE JOUR DE FÊTE
Pour souligner la fête d'Émilie Gamelin, voici un texte reçu d'un ami. Belle réflexion! Un hommage à cette grande dame qu'était Émilie et qui l'est encore de nos jours car son message et son héritage sont toujours d'actualité....!
Année B : lundi 25e semaine ordinaire (litbo25l.12)
Mt 25, 31-40; Mère Gamelin : une sortie de table remarquée
L'incarnation, c'est Dieu qui se courbe très bas pour nous étreindre de son amour. Cet abaissement décrit l'humilité de Dieu. Notre foi clame qu'un Dieu s'est identifié aux affamés, aux assoiffés, aux étrangers, aux prisonniers, aux mal-aimés. Qu'il se laisse voir en eux. Le Dieu Jésus se réjouissait d'être avec les gens simples et ceux qui sont rejetés par leur entourage et la société. Il montrait ainsi sa nature profonde, sa divinité dans un visage de miséricorde, de douceur, de tendresse, de bonté débordante.
Ce qu'a compris Mère Gamelin dans sa contemplation de Jésus, c'est que le Dieu de sa foi lui demandait non pas tant de parler de Lui mais de sortir à la manière d'Abraham, de tout quitter afin que les autres puissent Le trouver en sentant combien il vivait en elle et qu'elle vivait en lui. Sa foi «sorteuse» s'exprimait dans l'imitation de la manière de vivre de Jésus qui n'avait aucun lieu où reposer sa tête. Certains sont baptisés mais ne sont pas chrétiens. D'autres sont baptisés mais demeure en eux le vieil homme étranger à une manière de vivre en relation avec les autres. En Mère Gamelin, l'action se mariait avec la jouissance de Dieu, chacune ne gênant pas l'autre (Tauler).
Le style, c'est l'homme lui-même, écrivait Buffon le jour de son intronisation à l'académie française au XVIIe. La manière de vivre de Mère Gamelin disait ce qu'elle était. Son style de vie était une joyeuse nouvelle rendant visible ce qui débordait de son être même. Elle a donné aux démunis sans pasteur de véritables raisons pour continuer à espérer. Son style de vie a fait que les démunis, les indignés, ont rencontré ce Dieu qu'ils cherchaient et qui les cherchaient. Elle a ennobli leur vie. Elle était un «petit verbe», un paradis recherché, une «église» nourrissante. Elle a été multiplicatrice de pains et aujourd'hui nous récoltons des paniers de ce qui en reste (Mc 8, 1-11). Ce qu'elle a été ne passera jamais.
Si nous ne nous laissons pas surprendre par sa manière de vivre, nous n'écouterons que d'une oreille distraite son combat pour les droits humains qui visait les détresses les plus élémentaires et les plus profondes : la faim, la marginalisation, la vulnérabilité de qui est sans vêtements, les itinérants, les déficients intellectuels. Les pauvres ne lui ont pas pris sa vie, elle leur a donné. Aujourd'hui, et je paraphrase la première lecture, si la connaissance même partielle de Dieu nous intéresse, cela nous oblige à prendre son chemin - sors de ton pays - et oser nous faire proche de tous ces «indignés» qui sont les «représentants» désignés et privilégiés de Jésus pour se faire reconnaître. Pour elle la chair des hommes [était] la chair de Dieu (Jean Sulivan, Les hommes du souterrain, Ddb, p. 217).
Allons plus loin. Ce chapitre 25 de Matthieu indique que la rue, peut-être plus que nos églises, est le lieu de la rencontre de Jésus. Voulons-nous être avec le Christ ? Il y a la prière certes, mais avant tout, il y a l'implication sociale que le père Joseph Moingt appelle l'humanisme évangélique. Le père Guy Paiement, très engagé socialement, répétait souvent que le chrétien a l'obligation de sortir de table. Mère Gamelin a fait goûter et voir comme est bon le Seigneur (Ps 22) en adoptant le comportement de l'homme nouveau (Ep 4,24). En sortant de table.
Pour Mère Gamelin, s'il était nécessaire de mettre tout en commun (Ac 2, 44), il était plus urgent de se dépenser elle-même tout entière, dirait Paul (2 Co 12, 15) parce que ce qui demeure, c'est la charité (1 Co 13, 13) en acte. Elle nous enseigne qu'il n'est pas question d'attendre la mort ou même la fin du monde pour rencontrer Dieu. Elle nous fait goûter que la vie éternelle est déjà commencée en nous. J'étais malade, j'avais faim, j'étais un indigné. Elle fut une «briseuse» de solitude et désirait empêcher que le monde se défasse, pour citer Guy Aurenche, qui a lutté plus de quarante ans pour une terre solidaire.
Elle fut dans notre histoire une petite miette de pain qui a nourri avec presque rien, une petite graine de sénevé devenue ce grand arbre indéracinable malgré les tempêtes de notre histoire récente, que sont les «saintetés» de la Providence. Le Royaume de Dieu ne se manifestera jamais par des éclats de puissance. Il se trouve là où des gestes de justice, de paix et de joie dans l'Esprit saint (Rm 14, 17) sont quotidiennement enfouies dans les cœurs.
Il y a pour nous aujourd'hui, un devoir de mémoire (Jean-Paul II) à nous remémorer tout ce que cette femme d'ici a fait en sortant dehors et que les événements du parc portant non nom nous rappelle. Sors de ton pays et va vers le pays que je t'ai montré. À l'heure où s'ouvre un synode sur l'évangélisation, il s'agit moins de parler haut et fort de Jésus mais de sortir dehors pour semer à tout vent un grand projet, celui d'un humanisme évangélique. AMEN.
Gérald Chaput, un ami d'Émilie
Année B : lundi 25e semaine ordinaire (litbo25l.12)
Mt 25, 31-40; Mère Gamelin : une sortie de table remarquée
L'incarnation, c'est Dieu qui se courbe très bas pour nous étreindre de son amour. Cet abaissement décrit l'humilité de Dieu. Notre foi clame qu'un Dieu s'est identifié aux affamés, aux assoiffés, aux étrangers, aux prisonniers, aux mal-aimés. Qu'il se laisse voir en eux. Le Dieu Jésus se réjouissait d'être avec les gens simples et ceux qui sont rejetés par leur entourage et la société. Il montrait ainsi sa nature profonde, sa divinité dans un visage de miséricorde, de douceur, de tendresse, de bonté débordante.
Ce qu'a compris Mère Gamelin dans sa contemplation de Jésus, c'est que le Dieu de sa foi lui demandait non pas tant de parler de Lui mais de sortir à la manière d'Abraham, de tout quitter afin que les autres puissent Le trouver en sentant combien il vivait en elle et qu'elle vivait en lui. Sa foi «sorteuse» s'exprimait dans l'imitation de la manière de vivre de Jésus qui n'avait aucun lieu où reposer sa tête. Certains sont baptisés mais ne sont pas chrétiens. D'autres sont baptisés mais demeure en eux le vieil homme étranger à une manière de vivre en relation avec les autres. En Mère Gamelin, l'action se mariait avec la jouissance de Dieu, chacune ne gênant pas l'autre (Tauler).
Le style, c'est l'homme lui-même, écrivait Buffon le jour de son intronisation à l'académie française au XVIIe. La manière de vivre de Mère Gamelin disait ce qu'elle était. Son style de vie était une joyeuse nouvelle rendant visible ce qui débordait de son être même. Elle a donné aux démunis sans pasteur de véritables raisons pour continuer à espérer. Son style de vie a fait que les démunis, les indignés, ont rencontré ce Dieu qu'ils cherchaient et qui les cherchaient. Elle a ennobli leur vie. Elle était un «petit verbe», un paradis recherché, une «église» nourrissante. Elle a été multiplicatrice de pains et aujourd'hui nous récoltons des paniers de ce qui en reste (Mc 8, 1-11). Ce qu'elle a été ne passera jamais.
Si nous ne nous laissons pas surprendre par sa manière de vivre, nous n'écouterons que d'une oreille distraite son combat pour les droits humains qui visait les détresses les plus élémentaires et les plus profondes : la faim, la marginalisation, la vulnérabilité de qui est sans vêtements, les itinérants, les déficients intellectuels. Les pauvres ne lui ont pas pris sa vie, elle leur a donné. Aujourd'hui, et je paraphrase la première lecture, si la connaissance même partielle de Dieu nous intéresse, cela nous oblige à prendre son chemin - sors de ton pays - et oser nous faire proche de tous ces «indignés» qui sont les «représentants» désignés et privilégiés de Jésus pour se faire reconnaître. Pour elle la chair des hommes [était] la chair de Dieu (Jean Sulivan, Les hommes du souterrain, Ddb, p. 217).
Allons plus loin. Ce chapitre 25 de Matthieu indique que la rue, peut-être plus que nos églises, est le lieu de la rencontre de Jésus. Voulons-nous être avec le Christ ? Il y a la prière certes, mais avant tout, il y a l'implication sociale que le père Joseph Moingt appelle l'humanisme évangélique. Le père Guy Paiement, très engagé socialement, répétait souvent que le chrétien a l'obligation de sortir de table. Mère Gamelin a fait goûter et voir comme est bon le Seigneur (Ps 22) en adoptant le comportement de l'homme nouveau (Ep 4,24). En sortant de table.
Pour Mère Gamelin, s'il était nécessaire de mettre tout en commun (Ac 2, 44), il était plus urgent de se dépenser elle-même tout entière, dirait Paul (2 Co 12, 15) parce que ce qui demeure, c'est la charité (1 Co 13, 13) en acte. Elle nous enseigne qu'il n'est pas question d'attendre la mort ou même la fin du monde pour rencontrer Dieu. Elle nous fait goûter que la vie éternelle est déjà commencée en nous. J'étais malade, j'avais faim, j'étais un indigné. Elle fut une «briseuse» de solitude et désirait empêcher que le monde se défasse, pour citer Guy Aurenche, qui a lutté plus de quarante ans pour une terre solidaire.
Elle fut dans notre histoire une petite miette de pain qui a nourri avec presque rien, une petite graine de sénevé devenue ce grand arbre indéracinable malgré les tempêtes de notre histoire récente, que sont les «saintetés» de la Providence. Le Royaume de Dieu ne se manifestera jamais par des éclats de puissance. Il se trouve là où des gestes de justice, de paix et de joie dans l'Esprit saint (Rm 14, 17) sont quotidiennement enfouies dans les cœurs.
Il y a pour nous aujourd'hui, un devoir de mémoire (Jean-Paul II) à nous remémorer tout ce que cette femme d'ici a fait en sortant dehors et que les événements du parc portant non nom nous rappelle. Sors de ton pays et va vers le pays que je t'ai montré. À l'heure où s'ouvre un synode sur l'évangélisation, il s'agit moins de parler haut et fort de Jésus mais de sortir dehors pour semer à tout vent un grand projet, celui d'un humanisme évangélique. AMEN.
Gérald Chaput, un ami d'Émilie
2012-09-12
MÈRE GAMELIN CHEZ LES ARABES
En 1961, un prêtre catholique de rite melkite demande aux Soeurs de la Providence une aide technique pour l'éducation des sourds-muets à Alep, ville située au nord de la Syrie. Après un long temps d'échanges et d'informations de part et d'autre, en 1963 le projet est enfin accepté. Deux Soeurs: Louis-Gérard et Stanislas-Joseph quittent Montréal le 9 décembre vers Beyrouth. Ces Soeurs se familiarisent avec les habitudes du pays et l'étude de la langue, difficile à apprendre.
Elles se rendent à Alep où elles sont accueillies par le vicaire général et différentes communautés religieuses féminines. Après une longue préparation, elles commencent l'enseignement à l'archevêché pendant que le Père Giamal est à la recherche d'une école. Le prêtre catholique avait déjà fait traduire en arabe la prière à Mère Gamelin et agrandir son image. Quelle joie pour les deux enseignantes!
À cause de difficultés allarmantes de guerre entre Israël et la Syrie, les Soeurs doivent quitter avec tristesse en 1965. Heureusement Mère Gamelin a permis que leur méthode d'enseignement continue après leur départ. LA PROVIDENCE ÉTAIT LÀ.
(tiré du volume: Les aventurières de l'ombre)
2012-08-06
PATIENCE, LA SOUPE S'EN VIENT...
Souvenir d’un heureux jour: 7 octobre 2001
Nous étions à quelques heures de la Béatification d’une grande dame de chez nous : Émilie Gamelin; ce midi-là, j’empruntai la sortie du métro Berri-Ste-Catherine et je trouvai ma ville endimanchée par la joie du jour. J'eus le bonheur de contempler une initiative d'une rare élégance.
Chacun sait qu'à cet endroit, dans ce cubicule de verre, inondé de lumière, trône une femme admirable, toute en bontés diverses et en vertus consommées, celle que l'on appelle tout bonnement Mère Gamelin, de son nom original : Emilie Tavernier, veuve Gamelin, fondatrice de la congrégation des Sœurs de la Providence.
Elle fut, chacun le sait aussi, «La providence des pauvres», qu'elle sut servir avec tant de générosité et d'amour. Car cette Montréalaise portait en elle la bonté comme un talisman. Donc en sortant de la station de métro, j'aperçus la «bienheureuse» béatifiée à Rome quelques heures plus tôt. Quelqu'un avait déposé une rose jaune dans sa main droite. C'était d'une rare poésie! Comme si le bronze, signé Raoul Hunter, était devenu vivant. Il suffisait d'un peu d'imaginaire pour deviner qu'il y avait du pain chaud, dans son panier. En femme devancière et avisée, elle s'était présentée là et elle prenait plaisir à consoler les pauvres et les quêteux du quartier en leur disant : «Patience, la soupe s'en vient...»
Par la magie du moment, j'ai senti une odeur savoureuse dans l'air ambiant. Il y avait là, près d'elle, un groupe de jeunes gens, subjugués, eux aussi, par la rose qu'une main diligente avait déposée, et qui, comme dans la chanson, reprenait silencieusement le refrain : «L'important, c'est la rose, je crois.»
Je m'empressai de serrer la main ouverte de Mère Gamelin et de lui dire tout haut «Chère Mère, les épreuves de toutes sortes firent votre grandeur. Continuez donc de nous enseigner la formule indéclassable de conjuguer le verbe «aimer» au présent de nos jours et de nos petites misères. Et ne cessez jamais d'être ce que vous serez toujours, dans la mémoire des montréalais reconnaissants».
Gilbert Lévesque
(Échos d’Émilie, Archives)
Nous étions à quelques heures de la Béatification d’une grande dame de chez nous : Émilie Gamelin; ce midi-là, j’empruntai la sortie du métro Berri-Ste-Catherine et je trouvai ma ville endimanchée par la joie du jour. J'eus le bonheur de contempler une initiative d'une rare élégance.
Chacun sait qu'à cet endroit, dans ce cubicule de verre, inondé de lumière, trône une femme admirable, toute en bontés diverses et en vertus consommées, celle que l'on appelle tout bonnement Mère Gamelin, de son nom original : Emilie Tavernier, veuve Gamelin, fondatrice de la congrégation des Sœurs de la Providence.
Elle fut, chacun le sait aussi, «La providence des pauvres», qu'elle sut servir avec tant de générosité et d'amour. Car cette Montréalaise portait en elle la bonté comme un talisman. Donc en sortant de la station de métro, j'aperçus la «bienheureuse» béatifiée à Rome quelques heures plus tôt. Quelqu'un avait déposé une rose jaune dans sa main droite. C'était d'une rare poésie! Comme si le bronze, signé Raoul Hunter, était devenu vivant. Il suffisait d'un peu d'imaginaire pour deviner qu'il y avait du pain chaud, dans son panier. En femme devancière et avisée, elle s'était présentée là et elle prenait plaisir à consoler les pauvres et les quêteux du quartier en leur disant : «Patience, la soupe s'en vient...»
Par la magie du moment, j'ai senti une odeur savoureuse dans l'air ambiant. Il y avait là, près d'elle, un groupe de jeunes gens, subjugués, eux aussi, par la rose qu'une main diligente avait déposée, et qui, comme dans la chanson, reprenait silencieusement le refrain : «L'important, c'est la rose, je crois.»
Je m'empressai de serrer la main ouverte de Mère Gamelin et de lui dire tout haut «Chère Mère, les épreuves de toutes sortes firent votre grandeur. Continuez donc de nous enseigner la formule indéclassable de conjuguer le verbe «aimer» au présent de nos jours et de nos petites misères. Et ne cessez jamais d'être ce que vous serez toujours, dans la mémoire des montréalais reconnaissants».
Gilbert Lévesque
(Échos d’Émilie, Archives)
2012-07-30
Émilie Gamelin, femme de compassion
Une femme a jeté un long regard sur les souffrances de ses compatriotes et a multiplié sa présence, son appui, son action, pour leur permettre de croître ou de simplement vivre.
Dans les années 1830-1850, on ne peut soupçonner ce que la ville cache de souffrances multiples, de coeurs brisés. Une population indigente gémit en certains quartiers; des hommes, des femmes, des enfants même n'ont d'autres chances de survie que ce qu'on veut bien leur donner.
Cette femme, Émilie Tavernier-Gamelin s'est engagée d'un pas alerte sur la route des sans-pain, des sans-logis, des sans-voix. Elle a entendu leur appel, elle a voulu vivre pour eux et avec eux le reste de ses jours. Elle est née tout près d'eux et les a vus bien des fois frapper à la porte de sa demeure. Elle a grandi en apprenant à accueillir ceux et celles qui ont faim, qui connaissent la solitude et le manque d'amour.
Marie, Mère de compassion, s'est révélée à elle et, en femme courageuse, elle s'est engagée à sa suite, et comme laïque et comme religieuse, sur les voies d'une compassion agissante.
Maintes fois aussi alors qu'elle est devenue Soeur Émilie Gamelin, elle est entrée à l'église Notre-Dame et est venue frapper à la balustrade pour rappeler au Seigneur que ses pauvres n'avaient plus de pain. Ils sont là, dix, vingt, trente, qui attendent d'elle leur subsistance; elle a tout donné ce qu'elle possède et croit que Dieu-Providence prendra soin d'eux. Et Il le fit....
Il y a encore aujourd'hui de ces souffrants de la faim et de la solitude et il y des femmes fortes et compatissantes qui leur apportent un peu de soulagement... Savons-nous les reconnaître?
2012-07-29
Louanges à la Vierge des Douleurs
Notre-Dame- des- Sept-Douleurs,
toi qui fus intimement liée à la mission de Jésus-Christ, ton Fils,
ce qui nous est source d'inspiration,
Sois à jamais louée, aimée et remerciée!
Notre-Dame-des-Sept-Douleurs,
toi qui as participé de façon spéciale à la mort et à la résurrection
de Jésus pour le salut de nous tous et de l'humanité entière,
Sois à jamais louée, aimée et remerciée!
Notre-Dame des- Sept-Douleurs,
toi qui fus la première à accueillir dans la foi, l'amour personnel
de Jésus et à partager ta compassion pour tous les humains,
Sois à jamais louée, aimée et remerciée!
Notre-Dame-des- Sept-Douleurs,
toi qui nous es un modèle de prière et d'abandon à la Providence,
Sois à jamais louée, aimée et remerciée!
Notre-Dame-des-Sept-Douleurs,
toi dont la confiance en l'amour de Dieu et ton espérance inébranlable
jusqu'au pied de la croix, nous enseignent à demeurer fermes dans
l'espérance et disponibles à l'esprit,
Sois à jamais louée, aimée et remerciée!
Notre-Dame-des-Sept-Douleurs,
toi qui as été un modèle de courage et de compassion pour la bienheureuse
Émilie Gamelin durant son oeuvre de charité,
Sois à jamais louée, aimée et remerciée!
Notre-Dame-des-Sept-Douleurs,
nous avons comme mission de proclamer le mystère de ta compassion
Sois à jamais louée, aimée et remerciée!
Réflexion sur le Vierge des Douleurs:
http://www.sdssm.org/homelies_20072008/Jn19_25-27_20070915.pdf
Film de la Vierge des douleurs
toi qui fus intimement liée à la mission de Jésus-Christ, ton Fils,
ce qui nous est source d'inspiration,
Sois à jamais louée, aimée et remerciée!
Notre-Dame-des-Sept-Douleurs,
toi qui as participé de façon spéciale à la mort et à la résurrection
de Jésus pour le salut de nous tous et de l'humanité entière,
Sois à jamais louée, aimée et remerciée!
Notre-Dame des- Sept-Douleurs,
toi qui fus la première à accueillir dans la foi, l'amour personnel
de Jésus et à partager ta compassion pour tous les humains,
Sois à jamais louée, aimée et remerciée!
Notre-Dame-des- Sept-Douleurs,
toi qui nous es un modèle de prière et d'abandon à la Providence,
Sois à jamais louée, aimée et remerciée!
Notre-Dame-des-Sept-Douleurs,
toi dont la confiance en l'amour de Dieu et ton espérance inébranlable
jusqu'au pied de la croix, nous enseignent à demeurer fermes dans
l'espérance et disponibles à l'esprit,
Sois à jamais louée, aimée et remerciée!
Notre-Dame-des-Sept-Douleurs,
toi qui as été un modèle de courage et de compassion pour la bienheureuse
Émilie Gamelin durant son oeuvre de charité,
Sois à jamais louée, aimée et remerciée!
Notre-Dame-des-Sept-Douleurs,
nous avons comme mission de proclamer le mystère de ta compassion
Sois à jamais louée, aimée et remerciée!
Réflexion sur le Vierge des Douleurs:
http://www.sdssm.org/homelies_20072008/Jn19_25-27_20070915.pdf
Film de la Vierge des douleurs
2012-07-28
UNE FIGURE QUI ÉMERGE... Émilie Gamelin
Au début du 19e siècle, dans les années 1836-37, des années de trouble au Canada français, pendant que les hommes sont aux armes, que certains d’entre eux sont faits prisonniers, d’autres pendus en public ou bannis ou déportés, les femmes mènent un combat social, humanitaire et de généreuse bienfaisance. Parmi elles, une figure émerge, celle d’Émilie Tavernier Gamelin.
Mariée en 1823, mère de trois garçons qu’elle perd en peu d’années, veuve après 4 ans de mariage seulement! Ça fait beaucoup de morts en peu de temps !
Émilie se tourne alors vers la Vierge des Douleurs qui a connu la mort de son Fils au pied de la Croix. Désormais et de plus en plus clairement, c’est à soulager la souffrance des autres que Émilie va se consacrer. Elle s’occupe de l’idiot Dodais que son mari lui a légué en gage de leur amour, elle visite les pauvres et donne assistance aux besoins qu’elle rencontre.
La pauvreté sévit partout; les problèmes de mères abandonnées, de vieilles esseulées, amènent Émilie à ouvrir un refuge sur la rue St-Laurent, à Montréal, pour les femmes malades, âgées et pour d’autres, mendiantes, vagabondes. Elle s’implique personnellement mais aussi sollicite des dons auprès de ses amies de la société bourgeoise. La solidarité des femmes dépasse les appartenances, les opinions politiques, la langue ou la confession religieuse. Émilie prend aussi l’habitude d’aller visiter les prisonniers politiques à la prison Au Pied-du-Courant. Connue des gardiens de prison, elle peut apporter de la nourriture, des vêtements, des nouvelles des familles, des lettres.
Avec Émilie, nous avons besoin d’apprendre à aimer et à servir cette humanité souffrante en commençant par les plus pauvres, qu’ils soient prisonniers, enfants abandonnés, mères laissées seules ou vieillards oubliés. Émilie a fait de sa vie une vie offerte à l’amour et au service d’autrui. Elle a construit sa vie dans une époque tourmentée. Elle a drainé dans son sillage d’autres familles et c’est beaucoup grâce à elles que nos ancêtres ont repris le goût de vivre et ont levé la tête. Que leur mémoire renouvelle en nous l’espérance!
(André Beauchamp, extraits)
2012-07-17
LIBÉRER LE TRÉSOR
Quels parents n’ont pas dit un jour à leur enfant nouveau-né : ‘’Mon beau trésor’’!
Créatures de Dieu, tous les humains, de tout âge ou de toute condition SONT des trésors et PORTENT en eux des trésors d’amour à faire grandir en eux, de talents et d’aptitudes à développer, pour que le Monde soit plus beau et la Terre plus agréable à habiter.
Pourtant, dans nos communautés, nous rencontrons des personnes dont les trésors n’ont pas eu le privilège d’être reconnus. Pour ma part, je veux parler ici de personnes nées sourdes ou devenues sourdes dans le bas âge, de sorte que leurs trésors intérieurs ont été développés plus lentement : le langage plus difficile à acquérir, la communication plus limitée, les relations avec les autres presque impossibles à établir. Jusqu’à……..
Un jour, des personnes -comme L’Abbé Michel de l’Épée-, éducatrices de cœur et de profession, se sont donné la mission de ‘’libérer le trésor’’ que les enfants sourds devaient certainement porter en eux; mais par quelle clé ouvrir ce coffre précieux ? Au milieu du 18e siècle, ce prêtre français, l'Abbé de l'Épée, prit l’initiative d’ouvrir une école afin de développer les enfants sourds à partir de leur propre langage, celui des signes. Ce fut le début d’une longue aventure : de recherches, d’expériences, de méthodes diverses, de découvertes techniques, de possibilités d’apprentissage, autant en Europe que chez nous, en Amérique, et jusqu'à maintenant, au 21e siècle.
Émilie Gamelin, attentive à tous les besoins, fut sensible à la présence d’enfants sourds dans son entourage et permit à l’une de ses compagnes de Communauté, Albine Gadbois, d’aller passer un an à New-York pour se familiariser avec le langage des signes et avec des méthodes appropriées d’enseignement.
C’est peu à peu, au fil des ans et des siècles, grâce à une foi inébranlable en l’être humain, que se sont brisées les entraves et développées les richesses de toute une population spéciale de personnes apparemment dénudées de richesses et de talents.
LIBÉRER LE TRÉSOR, c’est aussi le nom d’une exposition que l’on peut visiter au Centre International des Sœurs de la Providence, en téléphonant au 514-334-9090.
Texte inspiré de la brochure LIBÉRER LE TRÉSOR, Les Sœurs de la Providence et l’éducation des filles sourdes.
2012-07-03
Émilie hier... Héritage, aujourd'hui
Celle qui est charitable...
pour les aliénés
Quand, en 1852, les Sœurs de la Providence ouvriront un hospice d'aliénés à la ferme Saint-Isidore, de la Longue -Pointe. On y accueillera dix-sept patients et patientes dont huit venaient de l'Asile de la Providence. Depuis 1845, Mère Gamelin avait recueilli des malades mentaux dans la petite maison située dans l'enceinte du jardin de l'asile... La résidence avait été réaménagée pour héberger trois aliénés, un homme et deux femmes, confiés aux soins de sœur de l'Assomption (Catherine Brady)...
Cette initiative de Mère Gamelin marque le début modeste de l'œuvre la plus considérable des Sœurs de la Providence. Après la mort de l'idiot Dodais, que lui avait confié son mari, Émilie avait toujours recueilli avec la plus profonde affection les malades mentaux qui lui étaient confiés. La médecine de l'époque, encore plus impuissante que celle d'aujourd'hui, ne réussissait guère à les soulager ou à les guérir. On devait le plus souvent se contenter de les interner et de les lier quand ils étaient violents et représentaient une menace pour eux-mêmes ou pour leur entourage. Mère Gamelin et ses filles vont tenter de suppléer à ces carences par la bonté, la douceur et l'affection.
Lors de ses visites régulières à la prison, madame Gamelin avait l'habitude de s'arrêter auprès des "insensés" et leur apportait soins et affection. En endossant l'habit de religieuse, elle n'avait pas renoncé à ces visites. En 1846, le DR J.B.C. Tresler, médecin à la prison de Montréal, déplore alors la situation pitoyable des malades qui se trouvent à la prison et souhaite qu'une institution religieuse les prenne en charge. Il signale à Mgr Bourget qui s'apprête à partir pour 1'Europe, que les frères de Saint-Jean de Dieu se spécialise dans le soin de ces malades. Il lui transmet aussi les données du dernier recensement: le Bas-Canada compte 950 idiots, 308 aliénés. L'évêque, qui avait déjà projeté d'établir, dans son diocèse, deux maisons pour ces malades, une pour les hommes et une pour les femmes, visitera l'établissement des Frères à Lyon, le 11 décembre 1846...
Dans le Mandement qu'il adresse aux Sœurs de la Providence le 15 mai 1846, après sa deuxième visite pastorale, Mgr Bourget écrit: "Continuez avec zèle l'œuvre des insensés et n'oubliez rien pour améliorer le sort de ces infortunés." Il leur recommande de visiter la prison de l'Hôpital Général .... aussi souvent "qu'elles le pourront" en attendant de pouvoir réaliser l'œuvre plus importante qu'il entrevoit...
Les autorités religieuses ne sont pas les seules à s'alarmer de l'abandon des malades mentaux. "Depuis 1835, de nombreuses pressions sont faites par de hauts dignitaires, sans succès, pour ouvrir une maison à Montréal."
En 1849 le moment semblait venu de se consacrer "pour de bon", aux œuvres si nécessaires des aliénés et des prisonniers. Mme Gamelin communique les grandes lignes de ce projet à Louis.-H. Lafontaine. Elle a besoin de l'aide financière du gouvernement pour le mettre à exécution. Les sœurs accepteraient de s'occuper des insensés, écrit-elle, si le gouvernement consentait à les aider à bâtir une maison sur leur terre de la Longue-Pointe.... Deux sœurs et un prêtre iront à "l'Hospice des Insensés" de Boston et à celui de Baltimore... en mai 1850. L'œuvre des aliénés s'épanouira à la Longue-Pointe, (futur St-Jean-de-Dieu et futur L-H Lafontaine) après la mort de la fondatrice.
Texte : Émilie Tavernier-Gamelin, par Denise Robillard, pp 217-219- 277-278
Pour des informations sur l'Hôpital Louis-H Lafontaine:
http://www.hlhl.qc.ca/hopital/cle56.html
http://www.ledevoir.com/culture/livres/135313/aux-premieres-loges-de-la-folie
http://www.ledevoir.com/culture/livres/135313/aux-premieres-loges-de-la-folie
2012-06-12
FONDATION RONCALLI
L’année 2012 (octobre 1962), marque le 50e anniversaire de l’ouverture du Concile Vatican II par Jean XXIII. Sa bonté, sa simplicité et son ouverture le font encore apprécier par tous les humains de bonne volonté et depuis, plusieurs paroisses, écoles, rues, parcs ont été placés sous le vocable du bon Pape Roncalli.
Plus tard, en 1974, suite à la vente de plusieurs de leurs écoles et hôpitaux, les Sœurs de la Providence ont établi la Fondation Internationale Roncalli pour prolonger leur action en faveur des pauvres, selon le charisme de leur fondatrice Émilie Gamelin, notamment pour appuyer des projets dans les pays sous développés.
Une autre Fondation du nom de leur Fondatrice a été mise sur pied par la Communauté, pour soutenir l’œuvre du Mont-Providence de Montréal, dont elle était propriétaire, en faveur des enfants déficients; le Mont-Providence est devenu, en 1969, l’Hôpital Rivière-des-Prairies, maintenant sous la gérance de personnes laïques.
Ainsi l'Héritage d'Émilie Gamelin se prolonge jusqu'à nos jours, de différentes façons: une dame distribue images et prières, au pied de son monument; un ami passe tous les jours devant sa statue et lui donne la main en lui demandant sa compassion envers des plus démunis.
Le Pape Roncalli et Émilie Gamelin, béatifiés tous les deux par Jean-Paul II, sont réunis dans la Lumière et nous convient dans le coeur de notre Père Providence.
Claude A. (texte adapté)
2012-06-10
QUI ÉTAIT ÉMILIE GAMELIN? (article traduit, paru dans THE GAZETTE le 22 mai 2012)
Enfants de la rue, itinérants, manifestants de toutes sortes, voilà la place Émilie Gamelin, un carré sombre avec un échiquier géant entre la rue Berri, le boulevard de Maisonneuve, la rue St-Hubert et la rue Ste-Catherine est. L'espace extérieur est le point de ralliement d'où les marches nocturnes des étudiants en grève ont commencé il y a 14 semaines.
Qui était Emilie Gamelin et pourquoi cet endroit du centre-ville abritant manifestants et mendiants porte-t-il son nom? Émilie Tavernier Gamelin (1800-1851) a perdu son mari et ses trois enfants à l'âge de 27 ans emportés par la maladie. Riche et seule, elle s'est consacrée à des oeuvres de charité et en 1830 elle ouvre un refuge pour femmes âgées au coin des rues St-Laurent et Ste-Catherine. En 1841, Émilie Gamelin achète une grande propriété là où se trouve actuellement la Place Emilie-Gamelin.
En 1843, l'évêque de Montréal, Mgr Ignace Bourget, fonde un Institut religieux, les Soeurs de la Providence; Émilie Gamelin était en charge de cet Institut. Pendant plus de 120 ans les Soeurs de la Providence ont servi des millions de bols de soupe à l'Asile de la Providence, maison située sur le même quadrilatère jusqu'en 1964, date de la démolition pour la construction de la station de Métro Berr-Uquam.
Émilie Gamelin est morte du choléra en 1851, mais son oeuvre se poursuivit: l'Asile des aliénés, Hôpital St-Jean-de-Dieu, devenu Hôpital Louis-Hippolyte-Lafontaine. Les Soeurs de la Providence ont également géré une institution pour enfants, Mont Providence rebaptisé Hôpital Rivières-des-Prairies.
Émilie Gamelin fut béatifiée par le Vatican grâce à la guérison miraculeuse d'un jeune garçon de Joliette qui souffrait de leucémie dans les années 1980.
Après la démolition de l'Asile de la Providence, le site a servi de terrain de stationnement pendant environ trois décennies. En 1993, la ville transforma ce même quadrilatère en une place publique qui sera rebaptisée en l'honneur d'Émilie Gamelin en 1996. Durant cette même année, la ville prend des mesures sévères contre les jeunes de la rue et les sans-abris qui occupent l'endroit en imposant un couvre-feu après l'heure réglementaire et l'interdiction des chiens.
En 2000, les Soeurs de la Providence font don à la ville de la statue d'Émilie- Gamelin qui se trouve à l'entrée de la station de Métro Berri-Uquam, rue Ste-Catherine.
2012-06-06
L’ITINÉRAIRE FÊTE SES 18 ANS
Tout un ‘’itinéraire’’ qu’a parcouru ce journal de rue, même s’il reste beaucoup à faire pour promouvoir la justice sociale. Ce n’est encore qu’un début !
Nous allons continuer à développer notre magazine pour en faire un outil de réinsertion et de promotion de valeurs positives, pour améliorer notre monde. Nous voulons changer le monde, un lecteur à la fois.
Ce sont les individus, plus que les Gouvernements et les Sociétés, qui feront la différence. Une personne à la fois, une personne qui en influence une autre et qui réalise toute la force qu’il peut y avoir en un seul homme ou une seule femme, quand la justice est l’objectif final.
Serge L.
A sa façon et en son temps, Émilie Gamelin a travaillé à la promotion de la justice, dans son milieu, en faveur des femmes, des enfants, des démunis, des immigrants. Elle a changé le monde et son influence dure encore, nous n'avons pas fini d'approfondir son héritage.
BONNE FÊTE À L’ITINÉRAIRE
(Publié avec l’autorisation de l’Itinéraire)
2012-06-05
2012-05-31
Chapelet ou Couronne des Sept Douleurs de Marie
Regardez et voyez s'il est une Douleurs semblable à la mienne (Lm 1,12)
Ce chapelet
se dit en récitant sept sextaines, composées chacune d'un Pater et de sept Ave
et en méditant les Sept Douleurs principales de la Très Sainte Vierge.
Au début, dire: Mon Dieu, je t'offre ce chapelet en l'honneur des Sept Douleurs principales de Marie, pour ta plus grande gloire, pour ma conversion et la conversion ou l'adhésion parfaite de tous les hommes de la terre à ton Fils bien-aimé, Jésus-Christ, notre Salut, et notre unique Voie pour aller en Toi avec le Saint-Esprit, pour les siècles des siècles. 1 Pater, 3 Ave
Au début, dire: Mon Dieu, je t'offre ce chapelet en l'honneur des Sept Douleurs principales de Marie, pour ta plus grande gloire, pour ma conversion et la conversion ou l'adhésion parfaite de tous les hommes de la terre à ton Fils bien-aimé, Jésus-Christ, notre Salut, et notre unique Voie pour aller en Toi avec le Saint-Esprit, pour les siècles des siècles. 1 Pater, 3 Ave
Entre chaque septaine, dire: Mère pleine de Miséricorde, gardez
présentes à mon cœur les souffrances de Jésus dans sa Passion.
1re DOULEUR. — La Prophétie de Siméon. La Très Sainte Vierge ayant présenté son Fils unique au Temple, le saint vieillard Siméon lui dit: Cet Enfant sera en butte à la contradiction; et vous-même, un glaive transpercera votre âme. Par ces paroles, il lui annonce la Passion et la Mort de Jésus-Christ Notre-Seigneur. 1 Pater, 7 Ave.
2e DOULEUR — La Fuite en Égypte. La Très Sainte Vierge est obligée
de fuir en Égypte, pour soustraire l'Enfant Jésus à la persécution du cruel
Hérode, qui le cherche pour le mettre à mort. 1 Pater, 7 Ave.
3e
DOULEUR — La Perte de l'Enfant Jésus. La Très Sainte Vierge, au
retour des fêtes de Pâque, ne trouve plus l'Enfant Jésus, et pendant trois
jours entiers le cherche avec saint Joseph dans la plus grande affliction. 1 Pater, 7 Ave.
4e DOULEUR — La Rencontre de Jésus. La Très Sainte Vierge
rencontre Jésus sur le chemin du Calvaire, et le voit portant sur ses épaules
déchirées la lourde croix à laquelle il va être attaché pour notre salut. 1 Pater, 7 Ave.
7e DOULEUR —
La Sépulture de Jésus. La Très
Sainte Vierge accompagne au tombeau le corps très saint de son Fils, et voit la
lourde pierre roulée à l'entrée du sépulcre. 1 Pater, 7 Ave.
''Les Compagnons de Jésus et de Marie''
Film sur la Vierge des Douleurs
2012-05-27
Bienhereuse Émilie Tavernier Gamelin
Voici un bref résumé de la vie d'Émilie Gamelin
http://www.sprovidencegamelin.com/emilie.html
A voir aussi...
Sur les Pas d'Émilie Gamelin
http://www.sprovidencegamelin.com/emilie.html
A voir aussi...
Sur les Pas d'Émilie Gamelin
2012-05-24
LES 10 MESSAGES LES PLUS LUS, sur le blog d’Émilie :
1. Bienheureuse Émilie 1836 fois
2. Pour obtenir une faveur 960
3. Prière à la Providence 663
4. Une faveur à obtenir : Neuvaine 616
5. Sœur Émilie Tavernier-Gamelin 154
6. Le chapelet des 7 Douleurs 136
7. Émilie Gamelin et N.D. des Douleurs 115
8. Les amies d’Émilie 112
9. Mère Gamelin-Métro Berri-UQAM 98
10. Anniversaire du décès d’Émilie Gamelin 76
Invitation à lire ces messages plus bas et.... beaucoup d'autres
Bienvenue !
De Dodais à Louis-H. Lafontaine
M. Jean-Baptiste Gamelin, époux d’Émilie, avait légué à son décès, après 4 ans seulement d’union conjugale, tous ses biens à sa femme. Dans ce legs universel, il avait compris un don singulier, Dodais, un pauvre idiot dont il avait pris soin.
Ceux qui ont vu ce pauvre idiot attestent combien il était rebutant aux yeux de la nature. Impuissant à se rendre le moindre soin, ne pouvant que marmotter des sons confus et inintelligibles, il n'avait pas même conscience de son existence.
Mme Gamelin accepta ce legs comme un présent de Dieu et un gage de son amour pour son époux. Elle logea convenablement le pauvre idiot dans une petite maison attenante à son jardin et pour s'assurer que rien ne manquerait à ses besoins, elle appela auprès de lui sa mère dont elle abritait du même coup l'indigence. Mme Gamelin visitait souvent son pensionnaire et lui prodiguait les soins de la charité la plus délicate. N'était-ce pas là comme l'humble et lointain commencement d'une œuvre qui devait prendre plus tard un si grand développement dans la communauté qu'elle allait fondée en 1843. (Hôpital St-Jean de Dieu-Louis-H Lafontaine).
Le ciel voulut récompenser un si touchant dévouement. Avant de mourir , l'idiot recouvra un instant assez de lucidité pour acquitter sa dette de reconnaissance envers sa bienfaitrice. Il lui dit d'une voix parfaitement intelligible: "Madame, je vous remercie de toutes vos bontés pour moi. Je vais mourir, je m'en vais au ciel; je prierai pour vous." Puis, montrant de sa main débile sa mère qui était à ses côtés , il ajouta, comme pour la lui recommander : "C'est ma mère!" Ce fait ne fut révélé qu'après le décès de Mère Gamelin. ("Vie de Mère Gamelin")
Très tôt, à l’Asile de la Providence, on doit aménager une salle baptisée Saint-Jean-de-Dieu, pour recevoir « les idiotes et les infirmes les plus pitoyables. » Les chroniques d’époque notent la « crainte qu’inspirait la vue de ces malheureuses ». Aussi, quand Mère Gamelin, devenue religieuse entre temps, décide en 1850 de faire un voyage à Baltimore, c’est pour y voir comment fonctionnent les établissements pour aliénés. Sa mort en 1851, n’arrêtera pas chez ses sœurs l’idée de poursuivre ici l’établissement d’une maison de ce genre.
Réf : « Un héritage de courage et d’amour 1873-1973 » publication officielle du Centenaire de l’Hôpital St-Jean-de-Dieu, » 
L’Hôpital Saint-Jean de Dieu
Fondé en 1873, l’Hôpital Saint-Jean de Dieu est issu d’une entente la Congrégation des Sœurs de la Providence et le gouvernement du Québec qui confie à la Congrégation le soin de vêtir, d’entretenir et de soigner les malades mentaux. Sœur Thérèse de Jésus (née Cléophée Têtu) est l’âme et la directrice de cette importante institution dans l’histoire de la santé au Québec.Les Sœurs de la Providence ont déjà une longue expérience du travail auprès des malades mentaux. Mère Émilie Gamelin en a accueilli à l’Asile de la Providence dès 1845. En 1852, la ferme Saint-Isidore avait été aménagée pour recevoir 17 aliénés. En 1863, une annexe qu’on nomme Saint-Jean de Dieu est construite et ajoutée à un couvent des Sœurs situé dans l’Est de Montréal. La construction de l’Hôpital Saint-Jean de Dieu se fera sur le site de ce couvent à partir des années 1870.
En 1897, l’Hôpital Saint-Jean de Dieu devient une municipalité civile autonome ainsi qu’une paroisse canonique du diocèse de Montréal. On y retrouve 183 religieuses, 141 laïques, trois médecins, deux aumôniers et 1579 patients. La direction de l’Hôpital se tient à jour en visitant d’autres établissements analogues en Europe. À cette époque, le pourcentage de guérison tourne autour de 40 % par an.

En 1975, soit après un peu plus 100 ans d’existence, l’Hôpital Saint-Jean de Dieu voit partir peu à peu les Sœurs de la Providence à la suite de la réorganisation de ses services. L’institution prend le nom de Hôpital Louis-H.-Lafontaine en 1976.
Pour en savoir plus :www.hlhl.qc.ca
http://www.sprovidencegamelin.com/faisons.html
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