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2017-08-07

La Mémoire D'Émilie

VISER JUSTE    Monsieur André Leblanc 



La place Émilie-Gamelin à Montréal, vous connaissez? 
Si vous répondez non, on pourra vous excuser car l’appellation ne date que de l'au­tomne dernier. Avant, on parlait du square Berri pour désigner le parc aménagé en 1992 à l'occasion d'un anniversaire de la ville. On avait alors changé la vocation d'un stationnement de la rue Sainte-Catherine. Or, l'Asile de la Providence et sa très populaire oeuvre de la soupe en avait occupé le site de 1843 à la construction du métro. Mais les passants qui se le rappelaient ou le savaient devaient être rares. Fort heureusement, on a réparé cet oubli et le nom évocateur de Mère Gamelin reprendra la place qui lui revient dans notre mémoire collective.

Mais pourquoi donc parler de cette décision administra­tive dans une chronique de Parabole? À cause de l'impor­tance accordée à la mémoire dans les deux cas.
L'histoire de la rédaction des Saintes Écritures montre, en effet/que c'est en référence au passé qu'on a fixé les tra­ditions d'Israël. Ainsi les voix prophétiques qui nous ont légué le livre du Deutéronome et les autres qui s'en ins­pirent revenaient sans cesse sur les événements fondateurs du peuple et de sa foi : «... garde-toi bien d'oublier les choses que tu as vues»
(Dt 4,9). Des siècles plus tard, lors d'une crise extrêmement grave, un combattant dira à ses fils avant de mourir : «Souvenez-vous des actions accomplies par vos pères en leur temps»
( 1 Maccabées 2,51 ). À peu près à la même époque, mais dans un tout autre contexte, un sage brossera un portrait édifiant des lointains témoins de la foi (Siracide 44-50).

Le Nouveau Testament con­tinuera dans la même ligne. Le chapitre 11 de la Lettre aux Hébreux en est un bel exemple. De son côté, Luc signale deux fois que Marie conservait dans son cœur le souvenir de choses vues et entendues (Le 2,19.51 ). Marc et Matthieu, pour leur part, rapportent le commentaire non équivoque de Jésus sur le geste de la femme lui ayant versé du parfum sur les pieds : «Partout où sera annoncé l'Évangile dans le monde entier, on racontera aussi, en souvenir d'elle, ce qu'elle a fait» (Mc 14,9 ; Mt 26,13).

Émilie a nourri, logé et con­solé le Christ à travers une multitude de pauvres. En perpétuant son souvenir, les autorités'municipales de Montréal nous ramènent, à leur insu sans doute, à un devoir que la Bible a pri­vilégié et qui justifie, une fois de plus, la devise du Québec: Je me souviens.
* Agent de pastorale, Montréal

2017-04-14

L'humilité d'Émilie..

Le jeudi saint. Mère Gamelin lavait les pieds à douze vieilles, en sou­venir du grand acte d’humilité du Sauveur. Elle les essuyait de ses mains et les baisait avec respect. Cet usage s’est maintenu dans notre communauté, renouvelant, pour l’édification de nos sœurs, la grande leçon que Notre-Seigneur a donnée à ses apôtres sur le véritable ca­ractère et les devoirs de l’autorité chrétienne, (pp. 142-143)
Durant les retraites, elle baisait les pieds de ses sœurs et les suppliait de prier Dieu pour elle. Elle savait réparer humblement, même au­près de ses inférieures, les fautes qui échappaient à sa vivacité. Ayant un jour fait de la peine à une jeune soeur, elle se jeta à ses genoux pour lui en demander pardon, (p. 175)
Elle nourrissait à son propre endroit les plus humbles sentiments. « Je ne puis rien par moi-même », répétait-elle souvent à ses soeurs, « ni par mes talents, ni par mes moyens, mais je compte sur la divine Providence.» (p. 175)
« Je n’ai pas la prétention de croire, mes chères filles... que nous fe­rons de grandes choses, comme les autres communautés, mais nous ferons le   peu que les autres communautés ne peuvent faire, et le bon Dieu aura ce peu pour agréable, puisque nous ne pouvons faire plus. » (p. 175)

2016-07-20

O DOUCE PROVIDENCE


Il y a les cantiques qui meurent et ceux qui demeurent. On trouve ici un des cantiques préférés de Mère Gamelin, qui est resté à l'honneur dans les "Providences" de la Communauté.

A la Maison mère notamment, ce chant soulève encore de puissantes vagues douces et nostalgiques comme celles de l'océan. Peut-être suffit-il de l'entendre pour l'aimer.
Il prolonge, en tout cas, les voix chevrotantes des vieilles que Mère Gamelin excellait à faire vibrer, aux heures lointaines de la fondation, quand il s'agissait de pacifier ses protégées, ou bien de loger un appel d'urgence au Père des pauvres.

Monseigneur Bourget appréciait cette joie chantante dans l'exercice de la charité ! Nul doute qu'il y fait allusion dans ces lignes qu'il consacre à la disparue en 1851: "Il faisait bon de la voir dans les salles, entourée de ses bonnes vieilles dont l'air serein et riant annonçait assez qu'en présence de leur mère, elles oubliaient leurs souffrances. Ayant eu le bonheur d'assister moi-même assez souvent â ce spectacle attendrissant, je ne puis refuser ici à la bienheureuse mémoire de la Mère Gamelin le témoignage de mes profondes émotions. Elles sont toutes restées gravées au fond de mon âme; et aujourd'hui qu'elle n'est plus, elles se réveillent plus vives que jamais..." 
(Mélanges Religieux, 10 octobre 1851).

Le Cantique "0 Douce Providence" (dont l'air primitif était celui de la chanson Partant pour la Syrie) a été publié dans un recueil de cantiques, qu'on trouve à Québec en 1819, sous la signature de l'abbé Jean-Denis Daulë).


Pour écouter le ''O Douce Providence'' cliquer ci-dessous:

http://heritagedemilie.blogspot.ca/2006/06/hymne-la-providence.html


A Montréal, Mère Gamelin l'immortalisa...
Extrait de: "La femme au coeur attentif par le R.P. Eugène Nadeau, o.m.i., p. 307

2016-06-11

La Miséricorde divine et Émilie Gamelin

« Dieu, riche en miséricorde » (Ép. 2, 4) «Le bon Dieu avait des vues de miséricorde sur moi. » Sr Gamelin

Émilie Gamelin entourée de
ses pauvres.
Nous vivons présentement dans l'Église une Année Sainte, celle du Jubilé de la Miséricorde, commencée le 8 décembre 2015 et qui se terminera le 20 novembre 2016. N'est-ce pas « l'année de bienfaits » annoncée déjà par le prophète Isaïe? (Is 61, 1-2)

Notre Pape François introduit la « Bulle  d'indiction du Jubilé extraordinaire de la Miséricorde » par ces mots : « Jésus-Christ est le visage de la miséricorde du Père. Le mystère de la foi chrétienne est là tout entier. Devenue vivante et visible, elle atteint son sommet en Jésus de Nazareth. Le Père, « riche en miséricorde » (Ép 2,4,) après avoir révélé son nom à Moïse comme « Dieu tendre et miséricordieux,... » (Ex34,6) n'a pas cessé de faire connaître sa nature divine. Lorsqu'est venue la « plénitude des temps » (Ga 4,4), Il envoya son Fils né de la Vierge Marie, pour nous révéler de façon définitive son amour... À travers sa parole, ses gestes et toute sa personne Jésus de Nazareth révèle la miséricorde de Dieu ».
De plus, le 12 janvier dernier, le premier livre du pape François, intitulé Le nom de Dieu est miséricorde, était présenté à Rome et, dans cet ouvrage, le pape François propose un chemin, et affirme que « la miséricorde est la carte d'identité de notre Dieu ». Il invite à « faire l'expérience du don de Dieu. Un don qui encourage et rend capable de «recommencer à nouveau », qui laisse  «entrevoir la miséricorde de Dieu ».

Voilà l'itinéraire suivi par notre bienheureuse Émilie Gamelin qui, au cours de sa vie, se remettait en toute confiance entre les mains de Dieu; à preuve ses « Notes de retraites», où on retrouve presque à chaque page : le mot miséricorde. En voici quelques extraits :

« Je me suis mise en présence du Seigneur et j'ai mis ma confiance en sa grande miséricorde. » (1847)
« Plusieurs femmes sont venues me chercher pour mettre la paix dans leur maison 
et dans sa miséricorde, Dieu a voulu se servir de moi pour réconcilier des ménages brouillés » (1847)
« Quelle a été grande votre miséricorde à mon égard! » (1848)
« Oubliez, Seigneur, les péchés de ma vie, ne vous souvenez à mon
égard que de votre grande miséricorde. » (1848)
« Je m'abandonne à votre grande miséricorde. » (1850)
« Je suis pénétrée de misère... Pardon, Seigneur, et miséricorde (1851)

Émilie rejoignait déjà ce que souligne le pape dans son récent volume : « se reconnaître pécheur est une grâce », et se sentir regardé et aimé de Jésus, cela « change la vie ». Dans la bulle d'indiction, n° 15, le pape poursuit : « J'ai un grand désir que le peuple chrétien réfléchisse durant le Jubilé sur les œuvres de miséricorde corporelles et spirituelles. Ce sera une façon de réveiller notre conscience souvent endormie face au drame de la pauvreté et de pénétrer au cœur de l'Évangile, où les pauvres sont les destinataires privilégiés de la miséricorde divine. »

Notre fondatrice Émilie Tavernier-Gamelin, femme de compassion, femme de miséricorde, a vraiment penché son cœur sur toute misère humaine.

Il me semble la voir circuler dans les rues du Montréal de 1830-50, donner à manger à ceux qui ont faim Œuvre de la soupe), visiter les malades, les démunis, abriter les vieillards (Asile de la Providence), accueillir les étrangers (Irlandais), visiter  les prisonniers (prison de Montréal), soigner les malades (typhus, choléra), accompagner les mourants, etc..  Femme de compassion et de miséricorde!

Et cette compassion a été contagieuse, à preuve, le dévouement des Dames de charité qui l'ont assistée pour secourir les pauvres à domicile, le soin des dames âgées et infirmes, des orphelins, des enfants pauvres des écoles, la visite des prisonniers, la formation de bonnes filles de service, la préparation des remèdes, l'organisation de bazars, la distribution de repas, la collaboration de médecins qui acceptent de soigner gratuitement les pauvres, etc.... (Et plus tard, ses filles, les Soeurs de la Providence)

Tiré du Bulletin des Associées & Associés Providence par
Yvette Demers, s.p.
Vice-postulatrice
Cause Émilie Tavernier-Gamelin




2016-03-01

Derniers mois d'Émilie sur terre...

Au moment où une terrible maladie a envahie les bateaux des immigrants  irlandais, le gouvernement laisse totalement aux religieuses le soin de ces malades ; il refuse d’intervenir malgré l’ampleur du désastre et les supplications de l’évêque de Montréal. Mgr Bourget écrit à ses fidèles : « Faites aux autres ce que vous voudriez qu’on vous fît..! » Les Montréalais répondent à l’appel : « Nous allons adopter les orphelins dont les parents sont décédés durant l’épidémie. Et nous les traiterons comme nos propres enfants. »

Mais que faire avec tous les autres ces enfants devenus orphelins par la mort de leurs parents ? Mgr Bourget demande aux Sœurs de la Providence : Transformez une de vos maisons en orphelinat pour recevoir ces pauvres petits. » Il va lui-même aider à y transporter 150 enfants âgés de quelques mois à 15 ans. Plusieurs d’entre eux sont couverts de vermine et font terriblement pitié à voir : les sœurs vont s’en occuper, les soigner et sauver leur vie.

Pour instruire ces enfants et tous ceux qui courent dans les rues de Montréal, les Sœurs de la Providence décident de prendre en charge l’école Saint-Jacques. « Le Seigneur nous veut au service de tous les enfants, il faut, nous en occuper », dit Mère Gamelin. « Accueillons les petites filles qui doivent s’instruire, si elles veulent devenir  les femmes heureuses et utiles à notre société ;  et les petits garçons, pour qu’ils fassent de bons papas et de braves citoyens. »

2016-02-24

PRIÈRE D’UNE PERSONNE AGÉE

Bénis soient ceux qui comprennent que mes pieds sont devenus lents
et que mes mains tremblent.
Bénies soient celles qui acceptent que mes yeux ne voient plus bien
et que mes oreilles entendent difficilement.
Bénies soient celles qui me sourient
et s’arrêtent pour bavarder avec moi.
Bénies soient toutes les personnes qui sont bonnes pour moi,
je ne les oublierai pas quand je serai auprès de Dieu.

‘’Soleils de vie’’
Phil Bosmans

Émilie Gamelin avait au coeur ce sentiment qu'on appelle COMPASSION, 
envers les personnes âgées qu'elle accueillait dans sa maison,
jusqu'à 32, nous disent les Chroniques du temps.
Thérèse Dr.

2015-12-05

Émilie et les aînés

Les  aînés n'ont-ils pas  été  à  l'aurore de nos  existences, ceux qui ont guidé  nos pas, orienté nos actions, écarté de notre route les obstacles, et soutenu  de leurs  conseils  et de leur  prière, nos vies  d'adolescents  puis  d'adultes.

Émilie savait découvrir ceux et celles pour qui le grand âge fait bond arrière et qui se retrouvent parfois au matin de leur existence dans leur comportement physique et psychique; ceux-là qui ont besoin à leur tour d'une main tendue, d'un cœur accueillant, d'une âme faite de compassion et de compréhension, même si entre le point de départ et le point d'arrivée, il y eut parfois des ombres au tableau des générations.

Retrouvons-la, Émilie, la toute donnée, auprès de Dodais, l'être privé de raison, qui réclame d'elle les soins les plus empressés; pendant de longues années, elle oubliera sa jeunesse et sa liberté pour lui être disponible et dévouée. La vieille maman de ce pauvre idiot, la suivra de son regard reconnaissant et Émilie leur sera présente jusque dans la mort.

Suivons-la, Émilie, sur la rue Ste-Catherine d'alors( 1830…). Son grand cœur trouvait trop étroite la maison qui avait abrité Jean-Baptiste et leurs trois poupons. Partis, elle sollicitera espace plus grand pour les « aînées » qu'elle a vus de ses yeux, dans de pauvres mansardes. Et le bon curé du temps lui donnera le bas d'une école, à l'angle de la rue St-Laurent, pour seconder son désir de leur venir en aide.

Trop petit bientôt, ce local se déplacera vers l'ouest, et cette fois à l'angle des rues Ste-Catherine et St-Philippe, pour être à la mesure d'un cœur qui s'élargit, face à la souffrance du grand âge. Cette résidence  était située à l'actuel Complexe Desjardins.

Mais, à Dieu ne plaise, d'autres attendent et requièrent des services aussi nombreux que nécessaires. On emménagera ailleurs pour  donner libre cours aux dévouements multiples pour ceux que l'âge a  perclus ou obnubilés. Ces « aînés » ont droit à plus d'attention et plus  d'amour que quiconque, et Émilie ne compte plus les heures et les jours, ni les années mêmes, elle ne compte pas davantage sur sa propre sécurité, ni sur une vie rebâtie sur ses deuils ou ses possibilités; seul compte pour elle l'amour de Dieu -qui se fait Providence- dans un amour  du prochain, chaque jour renouvelé.


Et là, tout près, sur le versant nord de cette même rue Ste-Catherine, l'Asile de la Providence naîtra pour perpétuer, par Émilie et ses filles, ce don héroïque et persévérant dont Montréal bénéficiera jusqu'à l'aurore de l'an 2000. C'est ce qu'on appelle des « aînées" devenues aînées à leur tour, pour préparer la voie aux aînées de demain, car ainsi va la vie sous le regard de la Providence.  

Extrait d’une lettre de sœur Thérèse Frigon, s.p.

2015-09-25

ÉMILIE EST PASSÉE...

Comme Jésus, dont on dit qu’il est passé en faisant le bien car il ne peut s’empêcher d’aller vers toute souffrance, Émilie, elle aussi, par sa vie et son œuvre a laissé passer Jésus pour faire le bien aux pauvres, aux malades, aux personnes qui sont seules, abandonnées. Toutes les œuvres d’amour qui sont sorties de son cœur témoignent qu’elle portait Dieu.

  L’histoire de la vie d’Émilie témoigne qu’elle était mue par un grand humanisme, mais surtout qu’il y avait en elle un amour de compassion qui lui faisait contempler la dignité qui habite tous les souffrants de la terre.

Cet humanisme et cet amour de compassion : deux pôles qui ont permis au Christ de dire son amour et d’être proche des enfants orphelins, des personnes âgées, des victimes du typhus, etc… en passant par Émilie.

Cette force en elle est encore vivante aujourd’hui.  Des merveilles de guérison, de compassion, de dévouement, d’amour se réalisent de nos jours, par la présence et l’intercession d’Émilie, celle qui a voulu se faire ‘la servante et l’amie des pauvres’.  Bien plus, nombreuses sont les personnes qui veulent la prendre pour modèle, alors son cheminement de vie devient leur cheminement, ses pieds sont leurs pieds;  Émilie marche où nous marchons, elle s’arrête où nous nous arrêtons, elle parle quand nous parlons. 

Émilie, continue de vivre dans nos vies,
 dans tous nos gestes de compassion.

Publié par Thérèse Dr.
Conférence du postulateur Fitzpatrick



2015-09-03

Les pauvres avaient toujours de quoi manger, se vêtir et se loger...

Vie  de Mère Gamelin (chapitre 1V, pp. 33-34)

Son refuge, qui compta bientôt trente internes, constituait déjà, pour ses ressources, une œuvre considérable. Elle (Mme Gamelin) avait à pourvoir à toutes les dépenses du loyer, du chauffage, de la nourriture et du vêtement. Que de fois, ne sachant où aller tendre la main, le cœur gros d’inquiétude, voyant ses pauvres sur le point de manquer de nourriture, elle s’était demandé si elle n’avait pas trop présumé de ses forces et tenté la divine Providence, en s’aventurant dans une œuvre dont le lendemain demeurait incertain. Mais Dieu, qui nourrit les oiseaux du ciel et pare le lys des champs, ne l’avait jamais laissée sans secours.

 Dieu, qui nourrit les oiseaux du ciel et pare le lys des champs, ne l’avait jamais laissée sans secours.

Un jour d’hiver, entre autres, où elle venait d’acheter quelques cordons de bois, il ne lui restait pas un sou pour se procurer le dîner de sa maisonnée, qui avait mangé le matin même son dernier morceau de pain. En proie à la plus vive inquiétude, elle entra dans l’église Notre –Dame et,  se prosternant au pied du tabernacle, elle versa des larmes abondantes,  «Seigneur, disait-elle, ne savez-vous pas que vos pauvres n’ont plus rien  à manger?» Puis elle se releva pleine de courage, sûre que le Dieu de l’Eucharistie avait entendu sa plainte. Essuyant ses larmes, elle allait se rendre au marché pour y tendre la main, quand un vieillard vénérable s’approcha d’elle et lui dit: «N’êtes-vous pas cette dame Gamelin qui s’occupe des pauvres?» Et sur sa réponse affirmative, il lui remit un billet de vingt-cinq louis. Elle n’eut pas le temps de le remercier, il s’était déjà éloigné.
Qui se refuserait à voir dans ce fait une intervention extraordinaire de Dieu?
 Madame Gamelin conçut alors le projet de former une société de dames qui l’aideraient dans la visite des pauvres à domicile et dans les quêtes journalières que nécessitait le soutien de son asile. Elle jouissait de la  confiance générale. À ce moment, les critiques qui avait accueilli le commencement de son œuvre étaient tombées devant sa persévérance et son succès . On sentait qu’elle avait une mission providentielle à remplir.

Pain Providence p.38

2015-08-20

Mère Gamelin, femme d'espérance...


" Appuyée sur les mérites de mon Sauveur, je suis pleine d'espérance ". (retraite de 1848)

Émilie Tavernier, cadette d'une famille de quinze enfants, naît sur un terrain qui a nom " Terre Providence ", et dès son éveil, elle apprend de sa mère que le mot " Providence " veut dire : Dieu qui prend soin de ses créatures.

Orpheline de mère, dès l'âge de quatre ans, elle connaît la séparation de ses frères et de son unique sœur, puisqu'elle se voit transplantée dans un autre foyer, celui d'une tante paternelle. De nature sensible elle souffre, mais elle trouve réconfort dans le don d'elle-même aux autres... vertu héritée de sa mère.

Une espérance l'habite... Émilie rêve de fonder un foyer bien à elle, ce dont elle a été privée. A 23 ans, elle contracte mariage avec Jean-Baptiste Gamelin; ils forment un couple chrétien et heureux et trois enfants naissent de cette union.

Pourtant, la Providence a autre chose à lui proposer... Le projet de Dieu va bouleverser la vie d'Émilie. Voilà que son rêve s'évanouit avec le décès de ses deux premiers enfants, de son mari et de son troisième enfant. Désolée, mais non abattue, elle se tourne vers la Vierge de la Compassion et découvre que le Seigneur la prépare à une autre mission.

Sa vie prend une nouvelle orientation... Elle accepte dans la foi de vivre une espérance transformée. A cette époque les besoins sont grands à Montréal... elle découvre bientôt que " souffrir aide à compatir "; à l'avenir, son mari, ses enfants... ce seront toutes les misères humaines qu'elle rencontrera, elle s'y dévouera, assurée qu'elle collabore au plan de Dieu sur elle, Lui qui " semble la conduire par la main "... En tout abandon, elle s'en remet à Lui, assurée qu'elle est là où II la veut!

Un jour Émilie apprend que son évêque désire confier à une communauté religieuse française, l'œuvre de charité compatissante que sa " fidèle diocésaine " dirige depuis 15 ans. Elle l'assiste dans les préparatifs de leur venue, et lorsque Mgr Bourget lui annonce que " les Sœurs de France " ne viennent plus, elle le secondera dans sa décision de fonder une communauté canadienne. Son espérance lui fait découvrir que Dieu réaliserait, à sa façon, son plan sur elle et sur son œuvre...

Lorsque l'appel à prendre rang parmi les nouvelles Sœurs se fit sentir, Émilie y voit encore le projet de Dieu, elle devient Sœur Gamelin, sous l'habit des Sœurs de la Providence. " Pleine d'espérance et appuyée sur les mérites de son Sauveur ", elle restera debout comme la Vierge du Stabat, même lorsque les contradictions, les difficultés surgiront... assurée que " tout tourne au bien de ceux qui aiment Dieu ". Elle s'appuie sur la force de Dieu, sur sa Providence, sur sa miséricorde, pour poursuivre sa route sans regarder en arrière. C'est pourquoi, lorsque le 23 septembre 1851, le Seigneur l'appelle à Lui, elle se remet comme un simple instrument entre les mains du Père, de qui elle attend toute miséricorde.

Emilie née sur la " Terre Providence ", devenue Sœur de la Providence, pleine d'espérance, rend son âme à Dieu, dans la Maison de la Providence.

Soeur Thérèse Frigon, s.p. / Responsable du bureau de la Cause Émilie Gamelin

2015-08-05

Un pas de plus dans la connaissance d'Émilie Gamelin

Madame Gamelin est devenue Sœur Gamelin. Il lui a fallu couper court à des exigences sociales, à des liens étroits qu la retenaient à de bonnes amies, à des parentes chères. A preuve, sa lettre qu,elle écrit à la cousine Fabre, au soir même de sa prise d’habit. L’évêque ne leur dit-il pas : »Vous ne serez plus dans le monde pour assister à ses fêtes et à ses spectacles, mais pour entendre les gémissements des malheureux, essuyer les pleurs… donner à manger à ceux qui ont faim, soigner les malades, etc.» 

Elle a dû couper court même à d’autres associations pieuses : la Confrérie de la Ste Famille dont elle fait partie depuis 1828 enregistre cette note : «  à l’assemblée du 7 nov. 1843, Mme Veuve Gamelin, née Émilie Tavernier, entrant dans la communauté des Sœurs de la Providence, prévient la Confrérie qu’elle ne peut plus assister aux assemblées et se recommande aux prières de ses consœurs auxquelles elle demeure unie de cœur et d’esprit. »


Émilie a déjà depuis longtemps semé la contagion autour d’elle! Les Dames de la plus haute société la secondent de leur présence et de leurs deniers, quand il s’agit des pauvres. Elles ouvrent leur garde-robes et affirment : « on ne craint pas de donner à Madame Gamelin, elle sait si bien mettre tout à profit pour ses pauvres. » Elles continueront de l’assister et de l’aider. Et Sœur Gamelin le leur rendra bien : elle organisera chaque année pour elles, une retraite à l’intérieur de l’Asile, et leur fournira avec le secours spirituel, gîte et couvert, ce que ces dames ne manquent pas d’apprécier pour leurs journées de prières et de réflexion.

Cette contagion, ses vieilles aussi en sont prises.. A l’intérieur de la maison de la Providence et même à l’extérieur, l’on entonne et l’on chante le cantique qui traduit si bien ce qu’en son âme Émilie vit à plein : sa confiance en la Providence. Chez elle «  la bouche parle vraiment de l’abondance du cœur! » et la confiance la pousse à toutes les audaces.


Appuyée sur ce « roc » inébranlable, Émilie avance toujours plus dans les voies de la Providence, elle ressent toutes les exigences de ce nouveau don d’elle-même, et seule une âme de sa trempe pouvait rester sereine devant tant d’obligations à assumer…
(Tiré d'une conférence de sœur Thérèse Frigon)

2015-06-02

Une mystérieuse histoire de la vie d'Émilie Gamelin

Vie de Mère Gamelin (chapitre V11, PP. 123-124)


Notre vénérée mère puisait dans son inaltérable foi en la Providence la confiance dont elle avait besoin au sein des embarras et des exigences d’une administration qui allait se compliquant. Elle avait mille moyens ingénieux pour calmer les inquiétudes et ranimer la confiance.

Elle avait mille moyens ingénieux pour calmer les inquiétudes et ranimer la confiance.

Un jour, la sœur cuisinière vint l’avertir qu’il n’y avait rien pour le dîner: «Ne craignez pas, ma fille, lui dit- elle paisiblement, la Providence ne saurait manquer de nous envoyer notre dîner. Venez avec moi, nous irons chanter, pour prouver que nous sommes nullement inquiètes,» et elles se rendirent à la salle des vieilles; celles-ci, en voyant arriver la mère, vinrent se grouper autour d’elle, à leur habitude: «J’ai une faveur à obtenir tout de suite de la divine Providence, leur dit-elle, voulez-vous m’aider à chanter notre beau cantique?» Et aussitôt les bonnes vieilles, se recueillant, mêlèrent leur voix chevrotante à celles de la mère et de sa compagne, qui chantaient à pleine voix le cantique suivant:       

          S’il verse ses richesses
          Sur la fleur du printemps, 
          S’il étend ses largesses
          Jusqu'à l’herbe des champs,
          Que fera sa tendresse
           Pour l’homme qu’il chérit,
           Pour l’être où sa sagesse
           Imprima son esprit?

En quittant la salle, mère Gamelin se rendit à la cuisine. Elle y trouva quelques restes du dîner de la veille, à peine suffisants pour le repas de cinq ou six personnes: «Faites-les réchauffer, dit-elle en riant à la sœur cuisinière, et vous verrez que vous pourrez servir votre dîner.» En effet, le repas de toute la maison fut servi; les plats de chaque table furent remplis; et il en resta après le dîner.


La dépositaire de l’époque et celles qui l’ont suivie assurent que ce miracle de la Providence s’est renouvelé plusieurs fois, et que des provisions, qui auraient dû s’épuiser en une semaine, durèrent des mois entiers, sans paraître diminuer.

Ref: Le Pain Providence

2014-03-01

ÉMILIE GAMELIN, une femme au cœur attentif

ÉMILIE GAMELIN, une femme au cœur attentif !  Mère des pauvres et des orphelins, une femme qui a su répondre aux besoins de son temps, en prenant souci d’abord et avant tout de la misère la plus misérable, en en faisant même une priorité dans son activité charitable; une femme qui a crié au monde que le Seigneur est Providence et qui a incarné cette Providence par toute sa vie, en compatissant vraiment aux misères humaines, compassion qu’elle a puisée au cœur même de la Vierge des Douleurs, de la Mère de la Compassion.

 Nous en avons la preuve dans ces quelques extraits des 226 lettres adressées au Saint-Père en faveur de la béatification de cette fondatrice qui a eu lieu le 7 octobre 2001, bientôt 10 ans :

 « Mère Gamelin est pour  nous un exemple de charité, d’humilité et de confiance en la Providence. Nos concitoyens, surtout les jeunes, ont besoin qu’on mette sous leurs yeux cet exemple et ce signe de l’amour de Dieu pour les pauvres. »


 « La cause de béatification me semble d’une grande actualité en raison de la mission et du charisme bien distinctifs de cette fondatrice et de sa Communauté : une mission qui veut révéler cette Providence de Dieu aux hommes, et un charisme de charité compatissante à l’endroit de toutes les misères humaines, spécialement les plus pauvres et les plus démunis. »

«  La vie de Mère Gamelin est un enseignement dont notre société a grand besoin, où il  y a un grand vide qu’il faut combler, et c’est l’exemple de ces femmes, comme Mère Gamelin, qui nous fait découvrir ce qu’il y a d’irremplaçable : la Providence et la charité. »

 « Mère Gamelin serait un modèle tout indiqué à ceux qui se portent au soulagement de la misère humaine : elle encouragerait au don de soi dans un désintéressement total, elle susciterait sûrement d’autres personnes généreuses à marcher dans les sillons tracés. »

 « Les réalisations de Mère Gamelin attestent une foi débordante et le sens du réel face aux nécessités du quotidien. Ses vertus, que d’aucuns qualifient d’héroïques, lui ont mérité la vénération de ses contemporains et de tous les malades et déshérités qui depuis 150 ans l’ont comme une dispensatrice de secours providentiels. »

2013-12-31

FRUITS DE VIGNE: Émilie Gamelin et sa Mission Prophétique

 Bien avant nous, une femme Mme Émilie Gamelin) a jeté un long regard sur les souffrances de ses        compatriotes et, telle une vigne qui étend ses sarments, elle a multiplié sa présence, son appui, son action, pour leur permettre de croître et de devenir pleinement, par leur vie, une hymne au Dieu qui fit l'univers,

"Elle a considéré un champ et l'a acheté; du fruit de ses mains elle a planté une vigne" (Prov., 31, 16).

 Le Montréal de 1800, comme la vigne, étend lui aussi ses ramifications. Mais, du haut de l'imposant Mont-Royal, on ne peut soupçonner ce que la ville cache de souffrances multiples, de cœurs brisés et broyés.

         Une population indigente gémit en certains quartiers; des hommes, des femmes, des enfants même n'ont d'autres chances de survie que ce qu'on veut bien leur donner.
     
Cette femme s'est engagée d'un pas alerte sur la route des sans-pain, des sans-logis, des sans-voix. Émilie Tavernier-Gamelin a entendu leur appel, elle a voulu vivre pour eux et avec eux le reste de ses jours. Elle est née tout près d'eux, et elle les a vus bien des fois frapper à la porte de sa demeure. Elle a grandi en apprenant à accueillir ceux et celles qui ont faim, qui connaissent la solitude et le manque d'amour. Épouse et mère, elle a connu des heures de joie, mais aussi des heures bien sombres puisque son époux et ses trois enfants sont morts en moins de cinq ans. Marie, Mère de compassion, s'est alors révélée à elle et, en femme courageuse, elle s'est engagée à sa suite, et comme laïque et comme religieuse, sur les voies d'une compassion agissante.

 Près de la Vierge du Bon Secours, Madame Gamelin venait raviver ses forces. Puis, vaillante, elle se rendait au marché quêter pour ses protégés. Quelle joie pour elle de leur donner du pain, avec un bon sourire et une parole de réconfort.

2013-08-03

Quel exemple de compassion...

Déjà en 1843, Émilie (Tavernier Gamelin) a depuis longtemps semé la contagion autour d’elle! Les Dames de la plus haute société la secondent de leur présence et de leurs deniers, quand il s’agit des pauvres. Elles ouvrent leurs garde-robes et affirment : « on ne craint pas de donner à Madame Gamelin, elle sait si bien mettre tout à profit pour ses pauvres. » Elles continueront de l’assister et de l’aider. Et Sœur Gamelin le leur rendra bien. 

 Cette contagion, ses vieilles aussi en sont prises.. A l’intérieur de la maison de la Providence et même à l’extérieur, l’on entonne et l’on chante le cantique qui traduit si bien ce qu’en son âme Émilie vit à plein : sa confiance en la Providence. Chez elle «  la bouche parle vraiment de l’abondance du cœur! » et la confiance la pousse à toutes les audaces... Seule une âme de sa trempe pouvait rester sereine devant tant d’obligations à assumer…

 Émilie a vraiment franchi une autre étape de sa montée spirituelle, et cette générosité l’achemine vers une maternité nouvelle. Toujours animée de cette confiance en la Providence qui la caractérise, l’horizon de son dévouement s’élargit…A preuve ce chant qu'elle aimait tout particulièrement:     Hymne à la Providence

A l’œuvre des personnes âgées, elle ajoute celle des orphelines, des prêtres infirmes, des vieillards, des malades mentaux, des cholériques, des malades du typhus, des orphelins et des veuves après les épidémies. Elle continue sa visite aux prisonniers; elle assure aux écoles des institutrices; aux sourdes-muettes, des bienfaitrices; elle visite les malades à domicile, et pourvoit à la subsistance des pauvres, et à leur réconfort. L’œuvre des missions lointaines même attire son attention et sa sympathie : elle veut que sa Communauté seconde par sa prière et son travail, les évêques et les communautés qui œuvrent dans les contrées éloignées.
 
Elle est littéralement mangée par sa charité; sa force de résistance ne peut plus lutter contre l’épidémie qui sévit encore, et elle voit venir la mort comme elle l’a vue si souvent faucher ses protégés et ses pauvres autour d’elle. Entre les mains de son Évêque, entourée de ses sœurs, elle s’en remet au bon vouloir du Seigneur en laissant à ses filles du moment
et à celles de l'avenir, le sublime message : « humilité, simplicité, charité ».
 

À ce moment même éclatent les sanglots des pauvres qui perdent une vraie Mère; mais éclatent aussi les éloges de l’héroïne de la charité : Six articles publiés dans les journaux du temps sont intitulés : « La charité de la Mère Gamelin ». et l’on fait le récit de ses œuvres pour terminer avec cette une exclamation qui en dit long : « Louanges soient éternellement rendues à Dieu, l’auteur de tout don parfait, qui a donné une semblable héroïne à notre ville, un tel exemple à notre siècle! »

 Et cette femme que le peuple loue, que le peuple pleure, c’est Émilie Tavernier Gamelin, celle-là même qui veille sur son peuple au métro Berri-Uquam, à Montréal, sur les lieux même de son Asile de la Providence.