Au moment où une terrible maladie a envahie les bateaux des
immigrants irlandais, le gouvernement laisse totalement aux religieuses le soin de ces
malades ; il refuse d’intervenir malgré l’ampleur du désastre et les
supplications de l’évêque de Montréal. Mgr Bourget écrit à ses fidèles : «
Faites aux autres ce que vous voudriez qu’on vous fît..! » Les Montréalais
répondent à l’appel : « Nous allons adopter les orphelins dont les parents sont
décédés durant l’épidémie. Et nous les traiterons comme nos propres enfants. »
Mais que faire avec tous les autres ces enfants devenus orphelins
par la mort de leurs parents ? Mgr Bourget demande aux Sœurs de la Providence :
Transformez une de vos maisons en orphelinat pour recevoir ces pauvres petits.
» Il va lui-même aider à y transporter 150 enfants âgés de quelques mois à 15
ans. Plusieurs d’entre eux sont couverts de vermine et font terriblement pitié
à voir : les sœurs vont s’en occuper, les soigner et sauver leur vie.
Pour instruire ces enfants et
tous ceux qui courent dans les rues de Montréal, les Sœurs de la Providence
décident de prendre en charge l’école Saint-Jacques. « Le Seigneur nous veut au
service de tous les enfants, il faut, nous en occuper », dit Mère Gamelin. «
Accueillons les petites filles qui doivent s’instruire, si elles veulent
devenir les femmes heureuses et utiles à
notre société ; et les petits
garçons, pour qu’ils fassent de bons papas et de braves citoyens. »