2017-05-30

La compassion selon Émilie Gamelin

Selon Wikita, "La compassion (du latin: « je souffre avec » et du grec: sympathie) est une vertu par laquelle un individu est porté à percevoir ou ressentir la souffrance d'autrui, et poussé à y remédier"... 

En psychologie," la compassion est une prédisposition à la perception et la reconnaissance de la douleur d'autrui, entraînant une réaction de solidarité active, ou seulement émotionnelle. Il s'agit donc d'une variante d'empathie axée sur la douleur." 
Attention:" si une personne se noie, cela n'arrange pas les choses de se noyer avec elle.. De plus, pleurer sur le sort de quelqu'un ne l'aide généralement pas."

Dans le bouddhisme: La compassion est définie comme l'aspiration d'éteindre toutes les souffrances ainsi que les causes de souffrance que peuvent connaître les êtres sensibles dans le monde entier. La compassion est une valeur fondamentale du bouddhisme. Elle compte ainsi parmi les facultés spirituelles d'amour appelées les quatre incommensurables.

Dans le Christianisme: La compassion évoque un sentiment de fraternité humaine, qui nous incite à effectuer des actes de 
charité et donc à secourir notre prochain. On agit par compassion en accomplissant tout acte de partage. Si un Chrétien ressent un sentiment de compassion, c'est qu'il serait aussi disposé à accomplir un acte de charité par respect de ses valeurs aussi bien que par considération.

Pour l'Islam: La notion de compassion dans l'Islam est essentiellement représentée par le concept de Zakâh qui veut que tout bon musulman se doit de faire preuve de charité et d'attention envers les pauvres.

Dans le Judaïsme: C'est une question importante pour le judaïsme, qui souhaite voir s'établir une société fondée sur la justice.

Pour Émilie Gamelin:  Cette femme que le peuple loue, que le peuple pleure c’est notre MÈRE! Cette femme citée en exemple, appelée l’héroïne de la charité nous l’avons vue à l’œuvre dans ce trop court exposé. Femme au cœur attentif, a-t-on écrit, Mère des pauvres et des orphelins, a-t-on répété. Femme qui a poussé jusqu’à la folie, mais la folie de la croix, le don de toute sa vie au service des pauvres. Femme qui a su être à l’écoute de Dieu et de l’Église, pour répondre aux besoins de son temps, en prenant souci d’abord et avant tout de la misère la plus misérable, en en faisant même une priorité dans son activité charitable; femme qui a crié au monde que le Seigneur est Providence, et qui a incarné cette Providence par toute sa vie, en compatissant vraiment aux misères humaines, compassion qu’elle a puisée au cœur même de la Vierge des Douleurs, de la Mère de la Compassion. Trilogie inséparable en sa vie et en notre vie : Notre-Dame des Sept-Douleurs, les pauvres, la Providence!


2017-05-02

Qui est Emilie?: INTENTIONS DE PRIÈRES

Qui est Emilie?: INTENTIONS DE PRIÈRES

Les bazars... d'hier à aujourd'hui

Le 30 mars 1835, un journal donne le compte rendu d’un bazar pour les pauvres du petit refuge de la rue Saint-Philippe. C’est la première fois, croyons-nous, qu’il est question d’une vente de charité au profit des pauvres de Mme Gamelin. Voici ce que publie La Minerve à ce sujet:
« Beaucoup de nos concitoyens ignorent peut-être qu’il existe dans la rue Saint-Philippe une maison d’asile pour les femmes ou filles âgées, pauvres ou infirmes, sous la direction de Mme veuve J.-B. Gamelin.

« Cette excellente institution commença il y a sept ans, sans argent et sans ressources, et cependant elle s’est maintenue jusqu’à ce jour, au moyen de quelques contributions faites par des personnes charita­bles. Le nombre des infortunées qui habitent actuellement cet asile est de vingt.
Le 27 mars, il se tint un bazar et une loterie en faveur de cette maison. Le tirage eut lieu chez Mme Nowlan. La foule était si grande que la maison de Mme Nowlan ne put la contenir. La recette s'est élevée à 35 louis, ce que Mme Gamelin considère comme une forte somme; et il est probable qu’elle sera encore augmentée par des dons particuliers que nos concitoyens ne manqueront point de faire parvenir pour un objet aussi utile.

Nous ne terminerons point cet article sans ajouter que Mme Gamelin se propose de faire construire un asile large et commode pour des femmes âgées, pauvres ou infirmes, aussitôt qu’elle aura trouvé un terrain convenable. Nous ne devons pas omettre que l’un des Messieurs du Séminaire, M. Saint-Pierre, visite régulièrement ce nouvel hospice.

Comme l'on en peut juger par la note précédente, l’œuvre de la rue Saint-Philippe se développait. Par conséquent, elle avait ses exigences et réclamait le travail domestique.
Institut de la Providence

Une expérience à couper le souffle: avril 2017

Depuis mon pré-noviciat, j’ai toujours entendu parler de bazar. Je ne pensais pas que c’était encore aussi utile que dans le temps de mère Gamelin. En fait, j’ai appris à connaître un bazar dans l’histoire de la Congrégation. Je note que notre Fondatrice, la bienheureuse Émilie Gamelin, faisait des liquidations pour subvenir aux besoins de ses protégées. Dans mon observation et dans nos échanges à table sur les ministères, je remarque que les sœurs sont très motivées quand c’est le temps de faire les préparations pour un bazar.

Le bazar dans la paroisse de Sainte-Jeanne-d’Arc est un événement rassembleur. Des amis se donnent rendez-vous pour passer une belle journée ensemble, faire le ‘’bazardage’’ ensemble. Des parents nous arrivent avec leurs enfants, trouvant l’espace sécuritaire pour leurs galopins. Des femmes venant avec leurs gros sacs marchandent à n’en plus finir, on a l’impression qu’elles vont revendre ce qu’elles achètent.  Cela constitue une belle atmosphère de gaieté et de joie. C’est un moment marquant qui nous fait rencontrer le monde et jaser avec eux .
 Toutes les sœurs de la maison du noviciat de Chambly y participent. Sœur Annette Coutu en est la responsable. C’est un moment pour vivre ensemble et un faire avec. Le bazar favorise la collaboration de certains paroissiens, de quelques associés Providence et aussi la participation d’une autre communauté religieuse, les sœurs de la Sainte-Famille de Bordeaux, qui demeure dans ladite paroisse. 
Organiser une activité telle que le bazar donne lieu à un plongeon dans la culture québécoise et favorise une inculturation riche pour nous les jeunes sœurs en formation. De plus, elle nous permet de répondre à deux besoins. Il y a, d’une part, la survie de la communauté paroissiale de Sainte-Jeanne-d’Arc et d’autre part, cela permet aux gens du quartier, de trouver ce dont ils ont besoin à un prix dérisoire.

Quelque part, c’est une manière privilégiée d’être en contact avec les pauvres et d’exercer notre mission de vie. Et aussi nous apportons notre tendresse et notre compassion qui caractérisent une sœur de la Providence.

 Il ne m’a pas été demandé d’écrire un journal intime. Cependant, les échanges que je vis me permettent de dire que la présence active de nos sœurs témoigne d’un engagement passionné. Leur amour pour la mission nous donne l’impression qu’elles sont dans la trentaine et pourtant…

 Dans mes réflexions, je me dis que le mode d’implication des sœurs me donne le goût de devenir sœur de la Providence qui prend à cœur le ministère ce qui lui a été confié. Ce n’est pas l’affaire d’une personne, toutes y mettent la main. Je suis choyée de vivre mon noviciat auprès de femmes aussi engagées. En ces mots,  je vous souhaite de venir nous rendre une petite visite qui vous permettra de vivre de si beaux moments.
Juedie Élismat

2017-04-14

L'humilité d'Émilie..

Le jeudi saint. Mère Gamelin lavait les pieds à douze vieilles, en sou­venir du grand acte d’humilité du Sauveur. Elle les essuyait de ses mains et les baisait avec respect. Cet usage s’est maintenu dans notre communauté, renouvelant, pour l’édification de nos sœurs, la grande leçon que Notre-Seigneur a donnée à ses apôtres sur le véritable ca­ractère et les devoirs de l’autorité chrétienne, (pp. 142-143)
Durant les retraites, elle baisait les pieds de ses sœurs et les suppliait de prier Dieu pour elle. Elle savait réparer humblement, même au­près de ses inférieures, les fautes qui échappaient à sa vivacité. Ayant un jour fait de la peine à une jeune soeur, elle se jeta à ses genoux pour lui en demander pardon, (p. 175)
Elle nourrissait à son propre endroit les plus humbles sentiments. « Je ne puis rien par moi-même », répétait-elle souvent à ses soeurs, « ni par mes talents, ni par mes moyens, mais je compte sur la divine Providence.» (p. 175)
« Je n’ai pas la prétention de croire, mes chères filles... que nous fe­rons de grandes choses, comme les autres communautés, mais nous ferons le   peu que les autres communautés ne peuvent faire, et le bon Dieu aura ce peu pour agréable, puisque nous ne pouvons faire plus. » (p. 175)

2017-03-14

HYMNE À LA PROVIDENCE

Pour écouter le ''O douce Providence'' cliquer sur le lien ci-dessous:


Hymne à la Providence chantée


Ô douce Providence dont les divines mains
sur nous en abondance, répandent tous les biens.
Qui pourraient méconnaître l'auteur de ces présents
et ne pas se remettre entre ses bras puissants?

Ô sagesse profonde qui veille en même temps
sur les maîtres du monde et sur les fleurs des champs!
Quelle force invincible conduit tout à ses fins,
quelle douceur paisible dispose les moyens!

Dans toute la nature on voit briller ses dons,
jusque sur la verdure et l'émail des gazons!
Il donne leur parure aux lys éblouissants
et fournit leur pâture même aux oiseaux naissants.

S'il verse ses richesses sur la fleur du printemps,
s'il étend ses largesses jusqu'à l'herbe des champs.
Que fera sa tendresse pour l'homme qu'il chérit
pour l'être où sa sagesse imprima son esprit!

Si ce Dieu qui nous aime accorde son secours
au passereau lui-même dont il soutient les jours.
Auteur de la nature, mettra-t-il en oubli
l'homme, sa créature la plus digne de lui!

Oui, sa solicitude veille à tous nos besoins;
sans nulle inquiétude jetons sur lui nos soins:
Notre Dieu, c'est un Père qui nous porte en son coeur;
et la plus tendre mère n'eut jamais sa douceur.

Avant tout ô mon âme cherche sa sainte loi;
que son amour t'enflamme tout le reste est à toi.
Doucement endormie sur son sein maternel,
le chemin de la vie doit te conduire au ciel!

2017-02-24

L'AMOUR

Personnellement, Dieu remplit mon vide intérieur et la nourriture  remplit mon estomac.

J’aime la diversité et je suis compatissante envers les pauvres. C’est important pour moi, l’ouverture d’esprit.

L’amour entre deux humains n’a pas de sexe. J’aime bien ma vie malgré mes hauts et mes bas.

J’aime beaucoup l’organisme L’Itinéraire qui m’aide en me donnant un emploi, de la nourriture et qui m’aidera à éventuellement trouver un logement abordable.

Mon but cette année, c’est de renouer avec ma famille.

Je n’appartiens à aucune institution religieuse, j’ai bâti mon propre autel dans ma chambre avec mes items spirituels et j’y ai inscrit mes valeurs donc j’ai ma propre spiritualité qui englobe toutes mes croyances personnelles.

Je prends ce qui est bon et je délaisse ce qui ne me convient pas.

S’il y a quelque chose que vous n’aimez pas dans votre vie, changez la situation.

Et n’oubliez pas d’aimer votre prochain comme vous aimeriez être aimé.

La vie c’est aussi facile que ça.

Bonne journée  à tous et merci à mes clients que j’aime.

Maxine

(Lu dans l’Itinéraire) Publié avec autorisation)
Thérèse Dr.

Aimons notre planète.
Aimons notre famille.
Aimons nos amis.
Aimons nos animaux.
Aimons la nature.
Aimons notre job.
Aimons notre domicile.
Aimons la vie.
Et aimons Dieu.

2017-02-08

LE CHARISME D’ÉMILIE GAMELIN

Parler du charisme d'Émilie, une femme qui a considérablement marqué Montréal dans la moitié du 19e siècle, c’est parler de l’Évangile en action, c’est parler de «c’est quoi être chrétien et chrétienne » et c’est aussi  croire en la bonté infinie de Dieu, en sa Providence divine, en sa miséricorde pour devenir à notre tour, le visage humain, l’instrument de la Providence, porteur, porteuse d’espérance. C’est ce qu’a été  Émilie dans le temps où elle vivait sur cette terre. Durant toute sa vie,  Émilie a vécu l’expérience de l’amour,  qu’elle-même a tenté de faire vivre à d’autres.

Le charisme d’Émilie Gamelin a pris naissance durant son enfance par différentes expériences : lorsque sa mère la met en contact avec les pauvres, que son frère lui permet d’organiser  la Table du Roi et d’y recevoir des pauvres ; il y eut également ses années avec son mari qui était déjà engagé dans diverses activités caritatives. 

Émilie a connu plusieurs deuils, d’abord sa mère, puis son père et encore et encore… de deuil en deuil… de don de soi en don de soi… de compassion en compassion… de charité en charité... Émilie se fortifie toujours en se tournant vers la Providence, en se disant que celle-ci ne va pas abandonner ses enfants. Son chant préféré, O douce Providence, reste un héritage pour la famille Providence. 

Tout le charisme d’Émilie Gamelin se voit dans sa façon de transformer ses souffrances en joie et ses peines en actes de bienfaisance. Émilie puise sa force au pied de la croix en contemplant la Vierge des Douleurs qui a vécu avec Jésus toutes les misères humaines pour, finalement, porter le beau vocable de femme de compassion. 

Émilie n’a pas seulement jugé bon de visiter les personnes abandonnées de son temps, elle les a reçues  chez elle, vivant avec elles sous le même toit, mettant à leur disposition le peu d’argent que lui avait laissé son mari. Elle a visité les prisonniers jusqu’à hériter du nom : ‘Ange des prisonniers’. Elle se donne et assume tout, en transformant le mal et la douleur en rayons de bonheur et en signes d’espérance.  Émilie a reçu, chez elle aussi, des jeunes filles venues des autres villes du Canada  pour les préparer au travail. Elle est également venue en aide aux malades du typhus venus d’Irlande, qui fuyaient  la misère ou la  guerre. Plusieurs sont morts laissant des orphelins qu'Émilie a adoptés pour les abriter et leur donner une formation, elle, ainsi que sa petite association de femmes pleines de zèle et de charité dont l’amour du Christ a pressé à coup sûr. 

Toute la ville de Montréal a reconnu en Émilie, une femme de charité et d’amour actif; en elle, tous voyaient un signe de la miséricorde et de la Providence de Dieu pour son peuple. De son mari monsieur Gamelin, elle avait aussi hérité de Dodais et de sa mère. Dodais était un jeune déficient mental qui avait sauvé la vie de M. Jean-Baptiste par ses cris de détresse lorsque des bandits l’avaient attaqué.

Toutes les qualités de la Bienheureuse Émilie découlent de cette attitude à se mettre au service des plus petits, des blessés, des abandonnés, des laissés pour compte, des sans-abris; on pourrait dire de nos jours des sidéens, des drogués, des toxicomanes et autres encore. Tous ses multiples dons révèlent sa vocation personnelle.  

Émilie a vu l’œuvre de la Providence prendre de l’ampleur et devenir une Communauté à laquelle la population a donné le nom de Communauté des Sœurs de la Providence. En effet pour assurer la perpétuité de l’œuvre de Dame Gamelin, Monseigneur Bourget a eu l’idée de faire venir une Communauté pour s’en occuper, mais la Providence en a décidé autrement et a permis la naissance,
le 29 mars 1844, d’une toute nouvelle Communauté de femmes avec Émilie comme première supérieure. Durant toute sa vie, Mère Gamelin a fait ce que les autres ne font pas et la jeune Communauté qui suit sa trace se tourne toujours vers les pauvres, surtout ceux-là qui sont considérés comme étant les plus pauvres des pauvres. 

Le pauvre représente le Christ souffrant sur la croix et la Sœur de la Providence est là, répondant du mieux qu’elle peut, pour alléger leurs  peines et leurs misères.  Une manifestation continuelle de la Providence et de Notre-Dame des Douleurs, dans une charité compatissante, avec une ouverture et une créativité sans pareil envers les pauvres de toutes sortes, tel est le résumé de la vie complète  de la Bienheureuse Émilie Tavernier Gamelin.

Elle a su rebondir; ses souffrances ont  été pour elle le tremplin qui l’a propulsée vers les autres. Émilie a fait don de sa vie afin de servir Dieu dans toutes personnes ayant perdu sa dignité tout en s’appuyant sur la confiance en la Providence de Dieu et  sur la dévotion à Marie Notre Dame des Douleurs. Émilie a fait le pas vers ce qu’elle a cru être un appel. Elle a revêtu le saint habit le 8 octobre 1843 avant de prononcer ses vœux le 29 mars 1844 à l’âge de 44 ans. C’est en se dévouant au chantier du travail de la miséricorde que Mère Émilie a fini sa vie en attrapant le choléra. Le 23 septembre 1851, elle meurt après seulement douze heures de maladie. On peut dire qu’elle a mené le bon combat. Présentement, son processus de canonisation est en cours. Elle a été béatifiée le 7 octobre 2001 par le pape Jean Paul II. Tout son amour, sa charité et sa compassion passent dans ses actes de miséricorde. 

ÉMILIE, MÈRE DES PAUVRES,  PRIEZ POUR NOUS.

Juedie Élismat, novice, Sœurs de la Providence

2017-01-24

Une action de compassion au-delà de l'alimentation


Mario, à droite
Un soir d'octobre, nous nous rendues à une exposition d'art à laquelle nous avions été invitées. À la porte, nous avons été accueillies par des hommes et femmes joyeux, en tenue élégante, qui nous ont souhaité « Bienvenue chez nous, c'est aussi chez vous ». Chacun d'eux portait une cocarde disant EXPOSANT(E). Sur les murs et les tables étaient exposées de belles œuvres d'art. On pouvait également y voir des cartables de poèmes. Chacune des œuvres était affichée à prix bon marché. Toutes avaient été créées au cours d'un atelier d'art offert gratuitement en septembre dernier.

Les témoignages des exposants étaient profondément touchants, lors de cet événement. Un des exposants prénommé Mario a déclaré, debout et fier : « De toute mon existence, je n'avais jamais su comment tenir un crayon. Je ne pouvais pas écrire, car je n'étais jamais allé à l'école. Ma maison, c'est la rue. Chaque jour, je viens à cet endroit : Comedor Emilie Gameiin (Salle à manger Émilie Gamelin) pour manger gratuitement. La plupart du temps, c'est le seul repas que j'ai dans la journée. Enfin, le mois dernier, un miracle s'est produit. Par le biais de l'atelier offert ici après les repas, j'ai non-seulement appris comment tenir un crayon et à écrire, mais aussi, j'ai appris que je peux créer de l'art. Grâce à cet endroit, ma maison où je suis nourri physiquement est devenue une maison où une chose que je n'avais jamais connue a vu le jour. J'ai le don de l'art! Je suis un artiste! Je vous remercie, chère professeure. Merci à tous ceux qui servent la nourriture pour nous; je vous remercie, Soeurs et amis. »

L'homme avait les larmes aux yeux quand il a partagé son témoignage; nous aussi avons essuyé une larme alors que nous l'écoutions.
L'expérience de cette exposition artistique a déclenché en moi le souvenir de ce proverbe : « Donnez un poisson à un homme et il mangera un jour. Apprenez-lui à pêcher et il mangera toujours. » 

L'exposition a présenté les talents que ces hommes et femmes ignoraient détenir. C'était une célébration de la découverte de dons, mais aussi de la gratitude pour des gestes de compassion et de dévouement.

Cette occasion a permis à ces hommes et femmes de prendre conscience de leur propre valeur. Ils sont plus que des personnes sans abri, dépendantes. Ce sont des individus doués artistiquement. Ils sont capables de faire et d'offrir quelque chose. La professeure d'art Dolores (Loli) Menéndez, les bénévoles, les Soeurs de la Providence et les Associées Providence étaient tellement fiers et heureux pour les exposants, car ils avaient découvert un trésor caché à l'intérieur d'eux-mêmes.

Sœur Josefina (Josie) Lerios, s.p. Bulletin des Associées &Associés Providence

2016-12-27

Madame Gamelin et les Dames de la Charité



 L’année 1828 s’annonçant très rude surtout pour les pauvres, les citoyens de Montréal s’entendirent dès l’automne afin d’aviser aux moyens de prévenir les misères ou de les soulager en temps opportun.


Le 13 décembre 1827, quelques dames réunies chez Mme Gabriel Cotté, sous la présidence de M. Phelan, prêtre de Saint-Sulpice, avait proposé de former une association ayant pour fin de soulager les pauvres.


Cinq jours plus tard, a lieu chez Mme Cotté une nouvelle assemblée d’une cinquantaine de dames, toutes appartenant à la première société de Montréal. Avec l’approbation de Mgr Lartigue et sous la direction des Messieurs de Saint-Sulpice, elles fondent une société qu’elles intitulent: Association des Dames de la Charité. A cette même séance ont lieu l’élection des dignitaires et l’organisation de le Société qui comprendra: 1.un conseil dirigeant; 2. un comité chargé de distribuer la soupe dans une maison de la rue Saint-Éloi, mise à sa disposition ; 3. un comité dont les membres visiteront les pauvres : Mme Gamelin avait alors 27 ans et avait perdu son mari et ses trois enfants et était donc une des associées toute désignée pour ce service. L’une des obligations de ces dames visiteuses sera de mettre les pauvres en communication avec le comité de distribution. A cette même séance, l’assemblée décide que : a) la ration de soupe sera d’une pinte par pauvre; b) que l’on nommera une maîtresse pour instruire les pauvres qui viendront à la distribution et leur faire une lecture pieuse.


Cette association devint populaire dès son début. La Minerve se faisant l’écho de la sympathie générale publia l’article suivant:

« Une institution bien louable vient de s’élever en cette ville. Les dames canadiennes se sont formées en Société sous le titre de Dames de la Charité de Montréal. Leur but est de secourir les malheureux: indigents et infirmes, pendant la saison rigoureuse...


Pour seconder les vues bienveillantes et philanthropiques de nos dignes concitoyennes, nous ne devons pas hésiter, s’il le faut, à retrancher quelque chose de nos jouissances, puisque celles que nous éprouverons, en soulageant l’humanité souffrante, nous dédommageront amplement des faibles sacrifices que nous pourrions faire. Le même motif doit exciter puissamment l’industrie de toutes les classes. Une économie bien réglée, une attention soutenue et une application constante et raisonnée aux affaires de son état, mettront chacun de nous à même de porter son offrande. Le degré d’aisance qu’ont acquis une foule d’individus en cette ville sans avoir jamais embrassé de grandes affaires, mais uniquement par l’effet d’une stricte économie et d’une conduite sage, démontre qu’avec une industrie plus développée, il serait facile d’atteindre à un degré de prospérité qui, se manifestant par la formation d’institutions publiques et nationales, élèverait notre caractère et augmenterait notre importance, tout en nous attirant le respect et l’admiration des étrangers. » (La Minerve, 24 décembre 1827).


Bientôt, écrit Mlle Daveluy, la Société des dames de charité disposa de nombreux dons en argent et en nature.

Tiré du livre : L’Institut de la Providence, p.34

2016-12-10

La vie d’Émillie…une transformation perpétuelle

Bien que le mot ne se retrouve guère dans le langage de son époque, Emilie Tavernier-Gamelin, cette première bienheureuse montréalaise, s'est laissée transformer par les événements, tout au long des diverses étapes de sa vie.

Orpheline de mère à l'âge de quatre ans, Émilie se voit transplantée chez une tante paternelle; elle doit s'adapter à un autre milieu de vie, à d'autres habitudes. Les deuils successifs déciment sa famille, mais l'amour du pauvre inculqué par sa mère reste bien ancré dans son cœur. Jeune fille, elle rêve de fonder un foyer bien à elle...

Le 4 juin 1823, Émilie Tavernier unira sa destinée à Jean-Baptiste Gamelin, reconnu pour son action charitable : « ils seront deux maintenant pour exercer la charité ».Trois enfants naissent de cette union; les deux premiers décèdent après trois mois d'existence; à son tour, le mari succombe le 1er octobre 1827, et son dernier enfant meurt, le 28 juillet 1828, avant d'atteindre ses deux ans.

Émilie voit son rêve s'anéantir... Elle reste seule, avec un jeune handicapé mental, légué par son mari qui lui devait la vie, alors que des bandits  l'avaient laissé à demi-mort. « Prends soin de lui en souvenir de notre amour». La voilà à un dur tournant de sa vie. Elle souffre, et se demande ce que veut le Seigneur. Elle va chercher réconfort chez songuide spirituel, Monsieur Bréguier dit St-Pierre, sulpicien, qui lui remet une image de la Vierge, seule au pied de  la croix, avant la mise au Tombeau de Jésus, et lui recommande d'aller prier et réfléchir.

Prière et contemplation transforment peu à peu la jeune veuve; elle décide de ne pas se remarier : « son mari, ses enfants, ce seront désormais les pauvres ». Elle va à la misère et son cœur est touché par les souffrances rencontrées : personnes âgées, seules, infirmes, malades. Elle ouvre sa maison, emploie les biens laissés par son mari pour trouver des refuges, s'entoure de bénévoles, de dames de charité, pour mieux servir ses protégées. Une autre forme de vie habite Émilie; les besoins se multiplient : victimes d'épidémies, prisonniers, prêtres âgés ou malades; elle se donne sans compter et travaille même à donner à son œuvre la stabilité en obtenant l'Incorporation civile. Elle poursuit son action charitable, assurée qu'elle est là où Dieu la veut.

Pourtant un autre événement vient bouleverser ses plans et sa vie. Mgr Bourget songe à assurer la perpétuité de l'œuvre de sa diocésaine en la confiant à une congrégation religieuse. Émilie collabore à la décision de son évêque et reste disponible à ce qui se prépare, sachant que « les voies de Dieu ne sont pas nos voies ». Aucunement attirée à la vie religieuse, le 2 février 1842, Émilie s'engage par un vœu privé à «continuer de servir les pauvres, tant que ses forces le lui permettront ».

Lorsque le projet de faire venir des Sœurs, de France, échoue, et que Mgr Bourget décide de fonder sa propre communauté religieuse canadienne, elle reste fidèle à son don; elle accepte de former les novices à l'œuvre qui lui échappe des mains, sans penser une minute à se joindre à cette communauté naissante.

Mais la grâce continue à agir en son âme... La transformation progresse toujours chez elle; Émilie perçoit un appel à se donner davantage; elle s'offre à Mgr Bourget pour prendre rang parmi les novices; il hésite, mais elle revient à la charge et finalement l'évêque « qui reconnaît en elle, la fondatrice dont il a besoin » accepte, et lui confie même un mandat : il l'envoie à Emmitsbur aux États-Unis, chez les Filles de la Charité pour visiter leurs œuvres et obtenir une copie de leurs Constitutions. Au lendemain de son retour, le 8 octobre 1843, elle prend l'habit des Filles de Charité Servante  des Pauvres.

La transformation de ses habitudes, de ses idées, de son genre de  vie se fait, non sans souffrances, sans heurts, sans larmes parfois mais dans son cœur elle sent la PAIX. Professe, le 29 mars 1844, élue supérieure le lendemain, elle se met entre les mains de Celui qui l'appelle au « toujours plus et au toujours mieux ». Sa foi, son humilité, sa patience, sa tolérance se renforcent au rythme des événements, des besoins qui se présentent, ou que son évêque Iui demande d'ajouter à ceux qui occupent ses journées.

Oui, son âme se transforme... et quand un jour, son évêque se fait incompréhensif et exigeant, malgré la blessure du cœur, elle voit encore la main de Dieu qui la transforme. FIAT! Une réponse des plus détachées, des plus humbles, à la lettre de reproches de son évêque, à qui elle offre même sa démission, rassure Mgr Bourget.

Mère Gamelin continue, au jour le jour, sa mission de providence dans le plus grand dévouement pour ses Sœurs et les œuvres de charité qui s'ajoutent... Alors qu'Émilie assiste les cholériques, e temps d'épidémie, le divin Maître, en ce 23 septembre 1851 l'accueille dans son Royaume : «J'ai eu faim, j'ai eu soif... viens entre dans la joie de ton maître ».
Docile à la transformation, que lui a demandée le Seigneur, el est prête pour recevoir la récompense promise.

Émilie, en ces temps où la Providence nous appelle à une transformation personnelle et communautaire, donne-nous, un peu de cet abandon et de cette foi qui t'ont fait réaliser une mission qui perdure au-delà du temps et des âges.
Providence de Dieu, nous vous remercions de tout! Echos d’Émilie, Volume38 no2 juin 2015
S. Yvette Demers, s.p., Vice-postulatrice


Cause Émilie Tavernier-Gamelin

2016-10-22

Quelques témoignages sur la Bienheureuse Émilie Gamelin (infolettre, oct.16)

Mère Gamelin est toujours avec moi. Je lui parle chaque jour. Lorsque je vis des moments difficiles, je me confie à elle. Lorsque j’ai de grands bonheurs, je les partage avec elle. Elle est omniprésente dans ma vie.  Yannick Fréchette, le miraculé

Ce qui caractérise Mère Gamelin est l’universalité de sa compassion, son dynamisme à aider tous ceux qui en avaient besoin. Elle fait rougir ceux qui croient qu’il n’y a rien à faire pour changer le monde.  Cardinal Jean-Claude Turcotte

Les mots sont faibles pour exprimer les sentiments qui ont envahi mon âme lorsque j’ai entendu notre chère Mère se faire proclamer BIENHEUREUSE, le 7 octobre 2001 à Rome. Mon cœur déborde d’une émotion profonde et d’une immense gratitude et je demande la grâce et la lumière de poursuivre son œuvre. Milka Beros, s.p.


La béatification d’Émilie Gamelin a fait connaître davantage au monde notre besoin de modèle: qui invitent à la pratique des vertus chrétiennes. Ce fut pour moi une grande fierté d’être Sœur de la Providence ayant pour fondatrice Émilie Gamelin, femme de charité et de simplicité, qui a si réaliser sa mission de compassion dans l’Église et dans la société de son temps et encore aujourd’hui, par ses filles et ses Associés. Cet honneur rejaillit sur toute la Congrégation; j’er remercie le Dieu Providence.  Lucille Langlais, s.p.

Quand nous nous sommes dirigés vers le Saint-Père, je me suis mise à pleurer. Hank Walker étai très ému lui aussi. Tour à tour, nous nous sommes approchés. J’avais prévu de lui dire que j’étais une fille d’Émilie. Mais quand mon tour est venu de me trouver tout près de lui, il m’a regardée du coi? de l'œil : j’étais comme muette. J’ai saisi sa main et baisé son anneau. Quel bonheur! Je l’ai regarde dans les yeux, les beaux yeux bleus d’un pasteur, les yeux de la paix. Il n’y a pas de mots pou décrire une telle expérience. Carolyn Koroski, s.p.

Thérèse Frigon, s.p., vice-postutatrice  (Tiré de Infolettre, Oct. 2016)

2016-10-08

15e ANNIVERSAIRE DE LA BÉATIFICATION DE NOTRE CHÈRE ÉMILIE TAVERNIER GAMELIN

Oui, c’est fête chez nous! Nous soulignons dans la joie et la reconnaissance le 15e anniversaire de                               Yannick Fréchette, le miraculé.
Béatification de notre fondatrice et mère : Émilie Tavernier-Gamelin, première montréalaise d’origine à recevoir cet honneur. Quels souvenirs gardent en leur cœur ceux et celles qui ont assisté à cet heureux événement, le 7 octobre 2001, sur la Place St-Pierre, à Rome, en l’année du 150e de décès de cette grande femme de compassion et de miséricorde. Voici quelques témoignages recueillis en ce jour mémorable. « Mère Gamelin est toujours avec moi. Je lui parle chaque jour. Lorsque je vis des moments difficiles, je me confie à elle. Lorsque j’ai de grands bonheurs, je les partage avec elle. Elle est omniprésente dans ma vie. »

« La béatification d’Émilie Gamelin a fait connaître davantage au monde notre besoin de modèles qui invitent à la pratique des vertus chrétiennes. Ce fut pour moi une grande fierté d’être Sœur de la Providence ayant pour fondatrice Émilie Gamelin, femme de charité et de simplicité, qui a su réaliser sa mission de compassion dans l’Église et dans la société de son temps et encore aujourd’hui, par ses filles et ses Associés. Cet honneur rejaillit sur toute la Congrégation; j’en remercie le Dieu Providence. »             Lucille Langlais, s.p.

« La béatification de notre Fondatrice, c’est une grâce et une bénédiction du ciel pour notre Institut, pour les personnes qui nous sont associées et pour tous ceux qui croient au pouvoir d’intercession d’Émilie.  Ce fut une occasion unique de coudoyer des gens de différentes nationalités qui partagent la même foi et la même jubilation pour la béatification d’une des leurs, «tous unis dans un même élan». Le Saint-Père, en de telles occasions, devient un modèle de ténacité et de courage dans la maladie qui l’affecte et une inspiration d’aller de l’avant dans notre foi avec audace jusqu’au bout de nos capacités. En quelques mots, ce séjour a élargi nos horizons et nous a fait comprendre un peu plus la grandeur et l’amour de Dieu qui nous entoure sans cesse de sa bienveillante attention. »                                                                             La Résidence Chambly, Montréal

Publié dans Vie Providence par Sœur Yvette Demers, s.p., Vice-postulatrice de la Cause

2016-08-23

Gratitudes à Émilie Tavernier Gamelin


À la Bienheureuse Emilie Gamelin et à son coeur attentif..




Gratitudes à Émilie pour:

Nous sommes très heureux pour les faveurs que nous avons confiées à la bienheureuse Mère Gamelin et que nous avons obtenues : la vente de notre maison, l'achat d’un condo et le déménagement qui s’est bien effectué. Mon mari et moi-même sommes très satisfaits. Merci à Émilie d'avoir entendu notre appel.     L.S. Boucherville

Un grand merci au Seigneur et à Mère Émilie Gamelin pour la faveur obtenue et qui comptait beaucoup pour moi. C’était une situation qui me causait beaucoup d’angoisse.
C.T., Ste-Élisabeth, QC

Je remercie Émilie pour la faveur obtenue : une amie de ma fille se faisait harceler de multiples manières;après l’avoir confiée à Mère Gamelin, elle est maintenant libérée de tout cela.  L.V. Louiseville

Nous remercions la bienheureuse Mère Gamelin pour la vente de notre maison, pour 
avoir trouvé un logement adapté à l’état de santé de mon mari, et pour avoir réglé un 
embarras financier qui s'est réglé sans frais.                     G. et R. M„ Mascouche, QC



Bureau de la Cause Émilie Gamelin