2014-05-27

Emilie et sa foi en la Providence

Émilie puisait, dans son inaltérable foi en la Providence, la confiance dont elle avait besoin au sein des embarras et des exigences d’une administration qui allait se compliquant. Elle avait mille moyens ingénieux pour calmer les inquiétudes et ranimer la confiance.

Un jour, la cuisinière vint l’avertir qu’il n’y avait rien pour le dîner : « Ne craignez pas, ma fille, lui dit-elle paisiblement, la Providence ne saurait manquer de nous envoyer notre dîner. Venez avec moi, nous irons chanter, pour prouver que nous sommes nullement inquiètes. »

Elles se rendirent à la salle des « vieilles »; celles-ci, en voyant arriver la mère, vinrent se grouper autour d’elle, comme à leur habitude : «J’ai une faveur à obtenir tout de suite de la divine Providence, leur dit-elle, voulez-vous m’aider à chanter notre beau cantique?

Aussitôt, les bonnes « vieilles » se recueillant, mêlèrent leur voix chevrotante à celles de la mère et de sa compagne, qui chantaient à pleine voix :

O douce Providence
Dont les divines mains
Sur nous en abondance
Répandent tous les biens!
Qui pourrait méconnaître
L’auteur de ces présents
Et ne pas se remettre
Entre ses bras puissants?

Ce midi-là toute la maisonnée eut à manger.


Hymne à la Providence    Hymne préféré d'Émilie


J'imagine que sa confiance ressemblait à celle-ci:


Croire en la Providence
c'est croire en un Dieu bon, c'est croire en un Dieu Père,
en un Dieu qui pourvoit à nos moindres besoins,
et dirige nos pas par le meilleur chemin.

Croire en la Providence,
c'est croire en ton amour, Père de Jésus-Christ,
qui aimes tes enfants en ton unique Fils
et leur ouvres ton cœur avec surabondance.

Croire en la Providence,
c'est croire en ta sagesse, infiniment plus haute
que toutes mes pensées, plus apte à me conduire
que mes propres désirs et mes petits projets.

Croire en la Providence,
c'est recourir à toi en toutes circonstances,
t'exposer mes ennuis et mes difficultés,
te confier mes souhaits, réclamer ton secours.
Croire en la Providence,
c'est vivre de confiance, inébranlablement,
laisser toute inquiétude et aller de l'avant,

dans la sérénité de l'abandon filial.

2014-05-12

DODAIS un héritage !

Plusieurs années avant son mariage, M. Jean-Baptiste Gamelin (futur époux d’Émilie) avait failli périr en de singulières circonstances.

Un jour qu’il travaillait paisiblement, un personnage, que l’alcool rendait furieux, l’attaqua si brutalement que M. Gamelin perdit connaissance. Après l’avoir roué de coups, le lâche assaillant, croyant sans doute qu’il était mort, l’abandonna. C’en était fait de M. Gamelin sans l’arrivée soudaine d’un pauvre idiot surnommé Dodais, qui parvint, par ses cris, à attirer l’attention de personnes secourables.

La reconnaissance est l’apanage des cœurs nobles : celle de M. Gamelin pour son sauveur fut particulièrement touchante : durant plusieurs années, il pourvut à l’entretien du pauvre Dodais puis, plus tard après son mariage, sentant sa fin approcher, il le légua à son épouse en lui disant : « Prenez soin de lui en souvenir de moi et de mon amour. »

Émilie prit soin de Dodais, fidèle à son amour pour son époux. Bel exemple de compassion que nous donne Émilie ! C'est un précurseur de l'Hôpital St-Jean de Dieu fondé un peu plus tard...